La rentrée économique de septembre 2020 : à quoi faut il se préparer ?

Dans les prochaines semaines, les prochains mois, la plupart des états (ceux qui pèsent) vont creuser leur dette, leur déficit pour soutenir leur économie. S’ensuivent 2 scénarios pour la rentrée....

S’ensuivent 2 scénarios pour la rentrée :

  • S1 : Les états cherchent à rassurer les marchés financiers et leurs créanciers en s’appuyant sur des politiques classiques (cure d’austérité, privatisation) leur permettant de s’engager sur un plan de remboursement
  • S2 : ils laissent filer leur dette et renoncent à l’idée d’un retour à l’équilibre budgétaire. On oublie les 3%

Le second scénario paraît le plus probable car peu de gouvernements prendront le risque d’être renversés par une explosion sociale généralisée en cas de politiques d’austérité à la grecque

Mais ce scénario en appelle 2 autres dans les prochaines semaines :

  • Se met en place à l’échelle mondiale, une coordination des états ; coordination qui déciderait d’une seule voix d’une stratégie économique et monétaire commune
  • Les égoïsmes et intérêts nationaux prennent le dessus et chaque pays cherche à tirer son épingle du jeu sans plus de concertation : dévaluation compétitive, création de monnaie, protectionnisme et taxation des importations, …

La seconde éventualité semble la plus probable et de toute façon, -principe de précaution oblige- mieux vaut se préparer au pire : instabilité (voire chaos) des marchés et des relations internationales.

Ce qui peut être tenu pour certain, c’est la nécessité pour les collectivités, les entreprises et les citoyens d’être pro actifs pour dans ce contexte d’incertitude développer leur agilité organisationnelle, leur capacité de résilience ; c’est à dire mettre le paquet sur :

  • Le travail en réseau d’entraide (réseau de vrais amis, réseau d’entreprises) et refuser de céder au repli sur soi
  • La réduction des coûts (cost killing), l’amélioration de la productivité, la chasse aux coûts cachés (réunionite, sur qualité, ..). Etre certain d’être affuté, mobile
  • Monter en gamme, me différencier plus que jamais, proposer des services adaptés à une renationalisation partielle de l’économie mondiale
  • Sécuriser, professionnaliser la gouvernance, le management des entreprises, des collectivités

En France :

  • La politique de relance et de soutien à l’économie bénéficiera en priorité aux grandes entreprises : Air France, Vinci, Société générale, Renault, …
  • Les PME/TPE les plus fragiles disparaîtront avec pour conséquences la hausse du chômage et la désorganisation de certaines chaines de sous-traitance.

Du côté des collectivités locales en particulier :

  • Les élus devraient mobiliser les capacités financières de leur collectivité au bénéfice :
    • Des PMO/TPE locales en difficultés
    • Leurs habitants les plus en détresse
    • Maintenir l’emploi de leurs collaborateurs
  • En contrepartie de quoi, elles feront probablement des économies sur :
    • Leur budget de fonctionnement hors masse salariale : entretien et services associés
    • Les aides/subventions aux associations et évènements non vitaux
    • Leurs investissements (aménagement, construction, notamment)

Du côté des aménageurs et des bailleurs sociaux :

  • Les bailleurs seront soutenus par les collectivités
  • La baisse du nombre de nouveaux projets (aménagement et construction) et l’intensification de la concurrence des privés constitueront un crash test pour le business model des aménageurs

Les comportements à éviter dans les prochains jours :

  • La politique de l’autruche, le déni de réalité : la pandémie n’est qu’un accident passager.
  • L’attentisme ; « attendons l’aide, le soutien financier de l’Etat, de l’Europe, de mon actionnaire public, du père noël ».
  • L’égoïsme : moi, ma famille, mon entreprise et rien d’autre.

Vos commentaires sont toujours les bienvenus

 

Good night and good luck (Edward R. Murrow)

 

 

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