Raisons politiques en temps déraisonnables.

Ces quelques lignes pour prendre du recul par rapport à la pandémie et ses conséquences à court, moyen et long terme. Après plusieurs mois de surprise et d’improvisation, depuis mai nous savons et les gouvernements savent que.....

 

Après plusieurs mois de surprise et d’improvisation, depuis mai nous savons et les gouvernements savent que :

  • Seule la projection de postillons permet la transmission du virus d’un individu à l’autre. Autrement, dit à plus d’un mètre, le risque de contamination est quasiment nul à l’extérieur et très faible en univers confiné si les personnes se mettent à distance de postillons (1 à 2 mètres). https://lejournal.cnrs.fr/articles/ce-que-lon-sait-ou-non-de-la-circulation-du-virus-dans-lair. Bien sûr, certains diront toujours que si aucune étude sérieuse n’indique la possibilité d’une contamination aérienne à plus de 2 mètres, le principe de précaution doit s’imposer. A ce titre, ces fanatiques de la prévention devraient renoncer à monter dans une voiture car le risque d’accident de la route est plus élevé.
  • Les décès sont depuis le début extrêmement ciblés (97 % des décès en France concernent des +de 65 ans avec comorbidité ; la moyenne d’âge se situant à 82 ans). A ce jour, l’immense majorité des hospitalisations (82,52%) et des réanimations (79,09%) concerne toujours les + 60 ans.
  • Le virus ne se transmet pas par contact. Autrement dit, le port de gants est non seulement inutile mais surtout contre indiqué (nid à microbes). Pour la même raison, a moins de vouloir faire la fortune des actionnaires de ces entreprises, inutile de s’asperger de gel hydro alcoolique à longueur de journée. A moins que celui ne fasse office d’eau bénite.

  

Fort de ces éléments objectifs, qu’aurait dû faire le gouvernement ?

  • Créer des lits de réanimation et revaloriser drastiquement les soignants afin de juguler et d’inverser la courbe des démissions. Il est inacceptable de mettre à l’arrêt l’économie et la vie sociale de la 5° puissance économique mondiale par manque de lits et de moyens sanitaires (masques, tests,….). Quand on veut gagner une guerre, on commence par motiver et armer ses soldats.
  • Préserver l’économie et les libertés de conscience et de déplacements en s’appuyant sur une communication responsabilisante et apaisante articulée autour de quelques messages clés :
    • Mes chers compatriotes. Sachez que le virus cible en priorité les plus âgés (plus de 65 ans) et les plus fragiles (déjà malades) d’entre nous. Si vous appartenez à cette catégorie, nous vous recommandons de porter le masque en présence immédiate (1 mètre à l’extérieur et environ 2 mètres en espace confiné) d’autres personnes (y compris des membres de votre famille). En cas de doute et si cela peut vous tranquilliser, portez le masque.
    • Pour les autres d’entre nous, protégeons nos ainés en nous tenant à distance raisonnable les uns des autres : 1 mètre en extérieur et 2 mètres dans une pièce ou un bureau.
    • Concernant le port du masque, répétons-le, utilisez-le à bon escient et en conscience ; c’est-à-dire lorsque vous vous trouvez à moins d’un mètre (2 mètres si vous souhaitez prendre de la marge) de votre interlocuteur. Interlocuteur car le risque est extrêmement faible de contracter le virus -même en l’absence de masque- si vous n’ouvrez pas la bouche ou si vous n’éternuez pas.
    • Évitons d’imposer le port du masque aux enfants car ils ne sont pas en danger et ils ont -plus que tous- un besoin vital de lien social et d’ouverture sur le monde. On ne grandit pas dans la peur de l’étranger et dans la psychose de la maladie. Ne créons pas une génération d’hypocondriaques.
    • Ne sombrez pas dans l’intolérance et respectez le choix de ceux qui décident de ne pas porter le masque (dès lors qu’ils ne vous postillonnent pas au visage). Peut-être sont-ils mieux informés que vous sur la réalité des chiffres.
    • N’oubliez pas qu’être citoyen, c’est s’interroger et adapter son comportement en fonction des différentes circonstances de la vie.
    • J’ai confiance en vous.

 

Qu’a fait le gouvernement ces dernières semaines ?

  • Culpabiliser, infantiliser et sanctionner une tranche d’âge (les jeunes), des activités (les bars, les salles de sport, les évènementiels, …), des territoires (Marseille, Paris,,) en confondant sciemment circulation du virus (taux de positivité) et nombre de morts.
  • Se défausser sur un conseil scientifique qui n’en a que le nom (aucune approche systémique et des scientifiques sous influence ou hystériques)
  • Mettre à l’arrêt quasi complet certaines activités économiques et sociales
  • Négocier âprement les concessions faites à l’hôpital public et aux soignants (Grenelle de la santé)
  • Au final, depuis mars aucun (ou presque) lit de réanimation supplémentaire.

 

Conséquence de cette politique :

  • Une partie croissante de la population (et pas que les plus âgés) a déjà sombré dans la psychose collective et les comportements névrotiques (se laver les mains mécaniquement toutes les 30 minutes quelque soient les circonstances, éviter de sortir de chez soi, être agressif vis-à-vis de ceux qui décident de juger par eux même de la nécessité du port du masque, …).
  • L’économie va connaître une crise sans précédent : on s’attend à des milliers de faillites d’entreprises et à au moins 1 million de chômeurs supplémentaires. Au final des millions de français vont connaître une baisse de pouvoir d’achat et pour certains la pauvreté.
  • Le lien social -déjà très mal en point- et la bienveillance ont quasiment disparu de notre quotidien. Le repli sur soi et l’affrontement entre communautés d’intérêts confinent au paroxysme.
  • Dans les prochains mois, les psychologues vont devoir traiter de nombreux cas pathologiques (psychoses, dépressions, angoisses, notamment) qui laisseront des traces durables dans les rues et les entreprises.

  

Comment peut-on expliquer cette politique délibérément mortifère ?

  • Emmanuel Macron a compris que sa politique économique libérale (ruissellement et mondialisation débridée) est devenue inaudible dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique et d’aspiration à une plus grande qualité de vie. Pourtant, plutôt que saisir l’opportunité de cette crise pour changer radicalement de politique, il a décidé de consacrer l’essentiel de son plan de relance à maintenir sous perfusion des secteurs carbonés et d’une manière générale de poursuivre sa politique de l’offre… en attendant bien sûr de revenir à une politique d’austérité budgétaire (réforme des retraites, plan d’économie dans les services publics,,..)
  • Pour avoir une chance d’être réélu, il a donc choisi de privilégier le registre régalien (justice et police) en adoptant une politique autoritaire (le Jupiter du temps des gilets jaunes) en déclarant la guerre au virus, aux islamistes, aux clandestins, … et bientôt en interdisant les manifestations, en retardant les prochaines élections sous prétexte de pandémie et d’état d’urgence.
  • Il est convaincu qu’en jouant sur les angoisses, les oppositions entre français (musulmans et laïques, gilets jaunes et les urbains, .. les jeunes et les vieux, ..), en adoptant une attitude martiale (général en chef des armées), en faisant appel aux cerveaux reptiliens, il peut prendre des voix au rassemblement national et au parti LR, voire à ce qu’il reste du PS. Énième appel donc au pacte républicain, à la concorde nationale. « Camarades morpions, adhérez au parti » disait déjà Coluche.
  • Dans les prochains mois, ce gouvernement va donc chercher à isoler les consciences, à surfer sur la psychose sociale selon 3 axes :
    • Prolongement et renforcement des mesures de confinement (fermeture des cafés/restaurants à 19h, interdiction de sortir de chez soi sans attestation, de se réunir en famille élargie,..)
    • Répression et stigmatisation des mauvais français (musulmans, manifestants, contrevenants au port du masque, à tous les insouciants qui font la fête, ..)
    • Valorisation des comportements de soumission (les bons français qui portent le masque, qui acceptent une dégradation de leurs conditions de travail, qui restent chez eux prostrés devant l’écran dans l’attente de la parole divine, qui avalent le déploiement de la 5G pour pouvoir connecter leur frigidaire et nourrir les datas centers, qui plébiscitent les arrestations préventives et une justice d’exception, qui dénoncent les réunions à domicile de leurs voisins,..)
    • L’histoire ne se répète pas, elle bégaie…

Les chances de réussite sont minces (et heureusement) mais notre apprenti président n’hésitera pas à utiliser jusqu’à sa dernière allumette pour mater ces gaulois impétrants. 

Good night and good luck (Edward R. Murrow)

 

 

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