IN'HUI - revue du Nord de la France

J'ai entre les mains une revue. In'Hui, tel est son nom. Le directeur en est Jacques Darras. Jacques Darras - pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas - est un angliciste, prof d'universite - je suppose - car, bien que l'ayant croisé à maintes reprises dans les allées du marché de la poésie, et pas plus tard que cette année, par timidité, je n'ai pas osé m'approcher, lui parler - bref, c'est aussi un poète, dont des oeuvres chez Gallimard ( pour ceux et celles qui connaissent Gallimard, Gallimard est un éditeur de littérature, enfin était peut-être, est encore mais pour combien de temps ?) Le numéro que j'ai entre les mains s'intitule " La rose au risque du chardon" - d'actualité, on me dira. Je ne l'ai pas fait exprès. Mais le subconscient est tellement plus intelligent que l'être conscient que je m'efforce d'être. Feuilletant les pages, on y relève les noms de Hugh Mac Diarmind, poète écossais, Tony Harrison, poète anglais prolétaire, Edith Sitwell ( de la famille des Sitwell) grande bougeoisie, Stevie Smith, Ford Madox Ford et enfin Lachlan Mackinnonn ( est-il utile de le préciser écossais ?)  Jacques Darras est de ceux qui parlent le mieux de la poésie anglo-saxonne, dans une série d'articles, réunie dans un livre "Les îles gardent l'horizon" ( éditions Hermann - trouvé dans une bouquinerie " Mona Lisa lisait" dans le quartier du Marais - pas cher donc) Ici, il traduit V le grand poème de Tony Harrison, dans la lignée de la célèbre "Elégie dans un cimetière de campagne" de Thomas Gray. Il évoque aussi la figure combattante de Hugh Mac Diarmind très actuelle donc, même si Mac Diarmind était communiste - ce qui n'est plus dans l'air du temps. Je ne sais pas si la revue a survécu, je suis presque sûr que non, mais on peut la trouver en bibliothèque de recherche et universitaire, et sans doute plus largement en Picardie donc. Vous savez, cette région dont il semble que le coeur n'est plus tout à fait à gauche ni à droite non plus. C'est une belle revue pour qui aime la littérature anglo-saxonne, mais pas seulement. Etudiant, je la lisais aux soleils ocres d'automne, plus près de la compote de pomme que du glaive en matière de lumière. C'était à Versailles, dans la Bibliothèque Municipale de Versailles, qui s'avérait être aussi une annexe de la Nationale. On y voyait le bibliothécaire, tout de noir vêtu, évoquant brièvement la silhouette d'un ancien ministre de l'économie sous Giscard, une canne à la main - les derniers temps - arpentant les deux salles d'étude et de lecture. Impressionnant! Surtout pour le pauvre que je serai resté...Mais ça valait le coup, ne serait-ce que pour la lecture d'In'Hui et la découverte du passionné Jacques Darras.

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