Et Taser ?

En pleine saison chaude des inventaires, la police, pan-pan, pan-pan avec toute sa malice pan-pan, pan-pan, a ressorti ses bips, pan-pan, pan-pan, ses bips à délinquants, pan-pan, pan-pan.
En pleine saison chaude des inventaires, la police, pan-pan, pan-pan avec toute sa malice pan-pan, pan-pan, a ressorti ses bips, pan-pan, pan-pan, ses bips à délinquants, pan-pan, pan-pan.Dans la nuit profonde de notre hiver sans fond, il y a des guirlandes qui brillent, aériennes, comme des arcs scintillants au-dessus de nos rues.A terre, d’autres éclairs bleus nous rappellent aussi la magie de Noël.C’est à la mode cette année de faire des animations de quartiers. Ce soir, les Pères Noël sont imberbes, épais comme de fins limiers, vêtus de laine bleu marine. Pas de capuche au joli tombé : une cagoule taille unique masque le visage de ces lutins malicieux : il serait de mauvais goût qu’un enfant les reconnaisse… En tant que parents, vous connaissez les drames que cela occasionne.Comme le gros joufflu au nez rouge, ils dégringolent du ciel sans crier gare, répondant, eux aussi aux missives, anonymes cette fois-ci, avec tout plein de lettres coupées-collées…Après un happy hour rallongé, c’est l’happy taz’hour no limit.Ici, pas de garde chiourme par équipe : on boit quand on veut, on pisse à tous les coins de rue sans être accompagné (ou si, par ses co-équipiers en trop plein eux-aussi). Et pis, de toute façon, ça marque le territoire et évite aux autres de se taper le même rayon.La cadence n’est pas donnée mais, comme chacun le sait, plus on taz’, plus on en met !Bon, c’est sûr, ya du rebut, des mauviettes à ramener en ambulance. On les mettra au frigo pour plus tard…Les autres sont ramenés au bercail, histoire de leur demander s’ils ont été sages cette année.En cette trêve de Noël, on fait quand même des cadeaux aux vilains : les âmes les plus noires auront droit à un aller sans retour en traineau des airs, mais sans rennes ni clochettes, évidemment, les méchants !Dans l’armurerie, sur l’armoire à tazer, il y a un tableau « suivi de production ». Le matin à la débauche, chacun note ses résultats et le meilleur de la semaine aura droit à sa photo au tableau d’honneur de la cantine. Là, c’est interdit aux enfants : on voit leur vraie tête de Tazimodo prenant la pause. Evidemment, ce sont les plus jeunes recrues qui se font souvent tirer le portrait, les nouvelles technologies, c’est leur truc, ya pas à dire... La gloire n’attend pas le nombre des ânées. A décharge qu’ils peuvent en toute légalité enguirlander les délinquants, s’en mettre plein les poches en court circuit (pas de quartier trop éloigné), les primes pleuvront, c’est à la portée de tous, chacun peut faire des étincelles, comme le dit le Grand Patron.Les recensements à l’arrache ont un goût de déjà vu : il y deux mille ans et des pouss’, c’était déjà un moyen sûr de dégommer les gênants. Hier, un Jésus pas plus grand qu’un enfant, aujourd’hui, un Ali, Paco, Piotr ou Mamadou, priant dans les ruelles, les yeux levés vers le ciel «Petit Papa Noël, apporte-moi juste des papiers cadeaux». Mais restons branchés à notre Noël, la féerie des arbres illuminés, les animations nouvelles et les charters coincés dans la neige, la foule pressée, les bûches prises en riant, les pleurs des enfants, l’énervement des mamans, les dindes à la mode, les boudins blancs of course(s), l’empilement des paquets, les sapins qui se dessèchent dans les appartements, l’oubli des indignations de mise, la fatigue des caissières, l’avoir après l’été, que faire à diner ? sur les places, les patinoires grandes comme des mouchoirs, l’illusion des vitrines, la surchauffe des cabines, mince ! j’ai encore pris du poids ! les sempiternels chants de Noël que personne n’écoute, le pâté en croûte, les parfums, les bijoux, les joujoux par milliers, mes petits souliers qui me font mal aux pieds, les bougies qui manquent et la nappe blanche, rouge ou verte ? c’est quoi la tendance ? les invités, la famille, belle-maman, la commande qui n’arrive pas, les étrennes aux pompiers, la gardienne à gâter, les sets de table, la messe avant ou après ? encaisser et sourire, quelques pièces à l’indigent, les enfants, les parents, tatie, tonton, grand-pa, grand-ma, les beaufs, les nièces, les neveux, les filleuls, les parrains, les cousins, les frangins… et Taser ?Hell bat l’beurQuand y s’ront tous dans les avionsOn s’ra bien marron.

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