Chair Punk : un (ex) Voto because punk will never dead

A mi-chemin du souvenir et de l'actu, un opus autour du mouvement punk signé Voto. Le punk, une hypertrophie de l’instant jubilatoire au service de l’éphémère inoubliable.
  • Date Du 10 juin 2018 Au 10 juin 2018
  • Lieu Librairie Le monte en l'air 71 rue de Ménilmontant-2 rue de la Mare 75020 Pari

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« Laisse moi te dire qu’à l’époque du punk on se prenait pour les meilleurs en fréquentant les pires. On a tenté par tous les moyens d’immortaliser notre adolescence au point d’en sacrifier notre enfance comme notre vieillesse. Après la mort de nos pères, mais avant la naissance de nos fils, on a tout donné dans une poignée d’années immortelles et historiques. Le punk n’est rien d’autre qu’une hypertrophie de l’instant jubilatoire au service de l’éphémère inoubliable. Nous avons tellement aimé notre adolescence qu’on en a graffité tous les murs. A force d’échecs, on a fini par obtenir du style. A force de ne pas faire comme les autres, on s’est détaché de la masse. Au lieu de nous marier, on a chahuté les mondanités. Au lieu de faire des gosses, on a entraîné ceux du quartier. Plutôt que de signer un emploi sécurisé, on a décidé de ne pas collaborer en pourrissant la situation. Au lieu de nous cacher pour vivre heureux, on est sorti de chez nous pour tartiner notre malheur. Nous savions que pour devenir nos propres maîtres, il fallait accepter notre esclavage. On a tout fait à l’envers pour tout remettre à l’endroit. Nous avons commencé par crever avant de donner la vie. On est resté tout seul tous ensemble. On s’est suicidé pour s’encourager à vivre. On s’est détesté pour apprendre à s’aimer. On a jeté la gratuité par la fenêtre pour ne pas se faire acheter. »

Voto, in Vivre pas survivre!

Impossible d'imaginer dans les années 1980 que la vague punk allait éclabousser tous les rivages culturels du siècle suivant. Difficile d'admettre qu'une poignée de réfractaires allait finir par bouleverser l'ensemble des comportements artistiques. 

« J'ai seize ans en 1977 » se souvient Voto, auteur-réalisateur-producteur (Vidéotor Films) inspiré par la marge en marche. « Le mouvement punk m'embarque. Si les Sex Pistols et les Ramones ouvrent le chemin, les anonymes sont les véritables piliers du mouvement. Inadaptés, soldats perdus, perturbateurs des faubourgs, chanteurs freluquets, roitelet de la fontaine, prennent la parole à mes côtés pour exprimer nos parcours jamais relatés. En remontant les veines de mes souvenirs parisiens, je me souviens de mes groupes fétiches : Lucrate Milk, Les Endimanchés, Bérurier Noir, Les Négresses Vertes et La Mano Negra. » 

Il continue d'écrire et filmer des histoires. Entre deux traits de plumes et deux montages, il pose dans cet opus ses souvenirs...

« Les premiers punks se sont faits avoir par l'industrie du disque, mais la deuxième génération dresse des réseaux dynamiques, compose des autoproductions révolutionnaires et monte des labels indépendants sous la dynamique du fameux : « Do it yourself ». Alors que les autres jeunesses se rangent derrière une idôle, un King ou un Boss, les punks arrachent l'individu à sa condition prévisible pour lui redonner le contrôle de sa propre création. Le « No Future » des anciens se transforme alors en « Yes Future ». Dire que ce mouvement qui démarre dans une bousculade incarne la relève la plus vigoureuse du rock. »

D'autres plumes se mêlent à celle de Voto : Roger des Endimanchés raconte son groupe et Hervé Haine des Merdes raconte le sien. Jacques Clayeux, qui fut roadies de la Mano Negra y livre lui aussi un texte très vivant... Et puis il y a aussi en préface Rémi Pépin et Didier Kelvin.

 

 

Lancement le dimanche de 17h à 20h
à la Librairie Le monte en l'air, 71 rue de Ménilmontant-2 rue de la Mare 75020 Paris

 

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les endimanchés jardin potager © Eric BxN

TROP TARD par LES MERDES © ElFacteur

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