Crashbird à l'Armony

C'est du rock parfumé de blues d'une cuvée rare à ne surtout pas manquer ! Delphine Viane, guitare, chant et Pierre Lehoulier, lead guitare, caisse amplifiée au pied sont les Crashbird : un groupe de drôles d'oiseaux à [re]découvrir le 20/04.
  • Date Du 20 avril 2018 Au 20 avril 2018
  • Lieu L'armony 39 Rue Édouard Vaillant 93100 Montreuil
  • Réservation, inscription Pas la peine. Quoi que...

Crashbird à l'armony © Crashbird Crashbird à l'armony © Crashbird

C'était en novembre dernier au Chinois, pour un hommage à Shultz et Sven qui donnait aussi l'occasion de découvrir le superbe ouvrage de Raphaël Rinaldi Snaprock pour Shultz. Une occaz' en or pour retrouver des vieux potes, croiser des gens qu'on ne connait que de vue - mais depuis 30 ans - et surtout pour déguster quelques pintes pendant que sur scène s’enchaînaient les sets vibrants de ces groupes pêchus qui ne font pas la une des journaux mais remplissent les salles !


Et puis soudain, le brouhaha des conversations et des chopes qui s'entrechoquaient a baissé d'un ton ; visages et pintes se sont tournées vers la scène où un duo a attaqué drôlement sec avec juste deux guitares et une stomp box. L'énergie puissante, vibrante qui se dégageait des amplis m'a littéralement scotchée. Un truc extrêmement pur - et dur - entourant une voix aussi harmonieuse que mélodieuse, une voix rock éraillée juste ce qu'il faut, sans une once de mièvrerie où de sur jeu, de celles qui vous collent au sol et vous laissent le bec ouvert pendant que la bière s'évente.

 

Je ne les avais jamais entendus. C'était les Crashbird. Un duo que décrit bien mieux que moi Headsuckers, un autre aficionado. « Imaginez plutôt Angus Young tapant le bœuf avec Janis Joplin, et vous aurez alors une vague idée de ce dont je vous parle. Des riffs sanglants découpant la tôle mieux qu’un chalumeau, une flopée de notes qui s’envolent à foison vers le firmament sans jamais cesser de vous étreindre l’âme, le corps et le cœur, le tout servi copieusement sur un beat hypnotique martelé à coup de pieds sur une caisse amplifiée histoire d’équilibrer un tableau de Maître qui prend peu à peu forme sous nos yeux émerveillés. Côté voix, une riot-girl à la crinière de feu et bottes de moto alterne puissance et fragilité, intensité et majesté, modulant un registre vocal parfaitement maîtrisé par le truchement d’un organe rauque - comme cassé au gravier et au mauvais bourbon frelaté - qui vous plongera dans des abysses de volupté. »

Pour le reste, allez booster vous même ce que vous avez entre les oreilles en allant les écouter ce vendredi 20 avril à l'Harmony de Montreuil. Promis, vous allez prendre une claque d'une rare qualité ! N'hésitez pas à me laisser un com' on s'y retrouvera. Et si je me trompe, je paye ma tournée !

 

 

Crashbird sur scène - Stomp Box © Crashbird Crashbird sur scène - Stomp Box © Crashbird

 

Crashbird - Money © Crashbird

« Au-dessus des marécages. Le rock des Crashbirds est aussi noir que brouet spartiate. Ne contient que l'indispensable. Le son, l'énergie, la boue, le sang, le cri.

Tout le reste n'existe plus. L'essentiel prend figure d'absolu. Un vol de chauve-souris maléfiques virevolte dans la cage thoracique d'un squelette de dinosaure. L'os brisé des idées ne révèle aucune substantifique moelle. L'inéluctable aux semelles de plomb est en marche. Trombe de tronches de zombies aux yeux rouges déferlent sur vous et vous accaparent.

Sont deux à s'affairer dans la forge des illusions perdues. Pierre Lehoulier héphaïstocien héros des alliages inaltérables, Delphine Viane pythonisse sacrée des sentences comminatoires. Énonciations sans appels. Le monde de Crashbird est sans pitié. Nous ressemble trop pour ne pas nous trouer la tête.

Des becs picorent notre matière grise, se goinfrent à même la coupelle de notre boîte crânienne. Chacun d'eux, perchés sur une de nos épaules, ne peuvent se regarder sans échanger un long regard de satisfaction carnassière. Ne se rappellent ni du passé, ni du futur. Notre présent, pas davantage que notre présence, dans les rets qu'ils nous ont tendus. Les oisillons facétieux aiment à rire, ce sont les pires. »

© Damie Chad

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.