Jane Halley
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Événement 20 sept. 2020

25/09 : Tio Manuel et Marlow Rider dans le même bateau

Tio Manuel et Marlow Rider vont faire bouillir la Seine à bord de la Dame de Canton le 25 septembre 2020. Autant dire que vos cages à miel engourdies vont se réveiller après cette longue période d’abstinence scénique.

Jane Halley
Passionnée de concert
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Date

Le 25 septembre 2020

Lieu

La Dame de Canton

Réservation

https://www.billetweb.fr/tio-manuel-marlow-rider

Information

10€ sur réservation (très conseillée), 12€ sur place. Possibilité de diner en terrasse couverte (pizzas au feu de bois, salades fraîches, plancha...) et le Bar vous accueille avec une proposition de grignotages.


Tio Manuel signe le retour aux sources du rocker Manu Castillo (Souris Déglinguée, Wunderbach...) qui se révèle un talentueux songwriter. Au creux d’une rythmique élégante et de cordes magistrales, les textes chuchotent à l’âme. Radical blues !

Sorti il y a tout juste un an, The 7th road, son dernier album a enchanté la critique. Plus de 40 articles saluent avec chaleur la qualité et la poésie de cet opus : Rock’n Folk, Rolling Stone, Abus Dangereux, Blues magazine, Muzzart pour ne citer qu’eux. Plus de 150 radios diffusent les derniers titres de Tio Manuel.

Prometteuse, la tournée s’est pourtant allégée de nombreuses dates en raison de la Covid 19. Pendant plusieurs mois, aucun autre concert en France que ceux proposés en version « confinée » par les artistes...

Aujourd’hui, les concerts n’ont toujours pas lieu debout, les artistes et professionnels du spectacles tirent la langue et de nombreuses salles sont en très grande difficulté. Les concerts « assis » et à jauge réduite reprennent cependant.

C’est dans ce contexte que Tio Manuel vous attend le 25 septembre prochain à bord de La Dame de Canton avec à ses côtés Silvio Marie (basse)), Léon (batterie) et Gilles Fégéant (guitare et dobro).

TIO MANUEL . MY BLUE WILD EYED CHILD . THE iAN OTTAWAY PROJECT © IAN OTTAWAY 3

En première partie, son invité est Marlow Rider. Du Tony Marlow sorti de sa zone de confort - le rock'n roll - pour surprendre avec un répertoire qui flirte avec le heavy, le rock et le blues. Avec Amine Leroy (contrebasse), Fred Kolinski (batterie), Alicia F (chant, guest).

Tony Marlow au BlueDevils Orléans (avec la participation de Alicia Fiorucci - Concert du 23.01.2019 © Blue Devils Orléans

Concert programmé selon tous le toutim indispensable : viendez avec vos masques et du gel !

Critique de The 7th road signée Jean-Luc Manet pour Abus Dangereux

Le Président Orange a fini par mettre ses menaces et son mur à exécution. L’Arizona Dream en prend un coup. Kusturica ou Calexico l’ont mauvaise mais ravalent la poussière et fédèrent les guitares. Une belle occasion pour Tio Manuel de reprendre les armes éblouissantes que ses précédents The Ian Ottaway Project ou Dos Tios avaient déjà magistralement fourbies.

Pas de temps à perdre, la route est longue et l’ex-hobo de Wunderbach ou L.S.D a besoin de ces grands espaces, déroulés à perte de vue entre Tucson et Denver. La voie est libre, la voix aussi, sombre, grave et chaude. Le brasero crépite, comme celui d’un dernier bivouac, de l’autre côté de la frontière mexicaine. Demain matin il faudra foncer à l’assaut des moulins, face au mur, pour quémander quelques miettes. Alors le chant monte, pour raconter ces routes, ces doutes, ces libertés perdues ou fantasmées, ces amours à retrouver ou ces rêves à débusquer.

Face au check-point grillagé se dressent d’emblée les premières mesures d’El Centro, introduction limpide d’un septième album solitaire, solidaire aussi de cultures hispanique et yankee que l’on voudrait nous faire croire antinomiques. Non sans rappeler le bitume d’une autre Road to Hell chère à Chris Rea (« El Centro, maybe the next gate to hell » s’interroge d’ailleurs le texte).

The 7th Road s’ouvre ainsi sur un mid-tempo à la fois mélancolique et déterminé. Mais nous ne sommes pas à Jéricho, les murs tiennent. Alors c’est au tour du bluesy et martelé Flamingo Blues de nous parler d’espoirs insulaires et d’ailleurs colorés. On tangue, on cabote, avec The Endless Sea d’Iggy Pop et le Joe Strummer’s spirit en guise d’horizon.

Heureusement, on n’est jamais seul et l’ami Ian Ottaway revient épauler Manuel pour traduire avec toute l’âpre poésie de ses mots les souvenirs d’un Johnny Boy et d’une Skinny Girl toute en rockabilly charnel et œillades mortelles. La collaboration fait mouche une nouvelle fois et ses braises refleurissent en girandoles. Et puis The Golden Curse retient le souffle d’une americana en slow mood pour accompagner les dernières fumerolles vaporeuses d’un Amarillo y Azul porté à bout de bras par le piano de James Leg et la solide section rythmique de Silvio Marie (basse) et Léon Téoquer (batterie).

Le voyage chamanique perdure et mystifie les patrouilles de rangers : une halte au saloon de San Jose Junction s’impose. Les guitares s’emballent et les cœurs dansent même si Andaluz nous ramène illico à l’onirisme d’un retour en terre espagnole avec les accents nostalgiques d’un Howe Gelb sentencieux.

Une évocation de la vieille Europe en invitant une autre, Manuel s’accorde dans la foulée une relecture méridionale du Love In Vain des Ruts britanniques de Malcolm Owen pour chanter l’addiction amoureuse et nous rappeler en filigrane que Babylone va bien finir par cramer. En attendant, la journée s’achève et nous n’avons pas franchi les barbelés, ceux du Mexique ou de nos existences.

Mais c’est sûr, nous trouverons la route cachée, La Ruta Escondida, celle à tenter dès demain, avec le dobro de Gilles Fégeant et le violon de Melissa Cox en guise de viatique et de fiesta finale, hauts en couleurs et assurance. On a le moral en fait. On sait que cette septième route, pavée d’intentions concrétisées et de vertus mélodiques assurées, nous emmènera loin. Elle en a la force romantique et le charme posé.

TIO MANUEL / ANDALUZ © tioguitare

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