Mgr Jacques Gaillot rendra visite aux roms de Saint-Ouen

 Mgr Jacques Gaillot rendra ce vendredi 14 août une visite de soutien aux roms de Saint-Ouen qui campent devant la mairie depuis le 24 juillet dernier.

 Mgr Jacques Gaillot rendra ce vendredi 14 août une visite de soutien aux roms de Saint-Ouen qui campent devant la mairie depuis le 24 juillet dernier. Il écrivait il y a peu de temps : «  L'humain d'abord.  Je ne m'habitue jamais à voir des familles à la rue, avec  de jeunes enfants. Les Roms ont moins besoin de soutien que de respect. Respect de leurs droits de citoyen. Ce sont des êtres humains comme nous.  Leurs familles sont comme les nôtres. Ils se démènent pour que leurs enfants puissent aller à l'école,  parler français,  avoir un avenir.  Comment bâtir une société à visage humain, si l'on n'a pas le respect des plus faibles et si les minorités ne jouissent pas de leurs droits ? »

20e nuit devant la mairie de Saint-Ouen pour les familles roms expulsées de leur village d'insertion le 24 juillet dernier. La Séquano, dont l'un des slogans est « Faire évoluer l'aménagement et la construction : réaliser autrement la ville pour tous » a obtenu leur expulsion : visiblement, ces personnes qui vivent à Saint-Ouen depuis 2008, ne font pas partie de ce « tous »... Le Collectif de solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger et nombre d'associations, dont entraides-citoyennes, ont co-signé une lettre ouverte au Conseil Départemental du 93 adressée hier à Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental ; aux conseillers départementaux membres du Conseil d'Administration de la Séquano et aux Conseillers départementaux.

Avez-vous signé la pétition ? Non ? Cliquez !

 

Mesdames, Messieurs,    

 

Le 24 Juillet 2015, le Préfet a procédé à l'expulsion du Village d'insertion des familles Rroms, situé 41 rue de Clichy 93400 Saint-Ouen, à la demande de Séquano Aménagement auprès du TGI de Bobigny. La société Séquano Aménagement, au sein de laquelle vous siégez en tant qu’administrateur, est propriétaire de ce terrain depuis 2008, date de création du Village. Lors de la création du Village d’insertion par les pouvoirs publics, les familles ont été choisies en fonction de critères précis. Quelle que soit l'importance du projet d'aménagement des Docks de Saint-Ouen, il n’est pas acceptable de jeter sur le trottoir, sans aucune solution de relogement, des familles avec enfants, dont certains en bas âge, qui ont quant à elles rempli leur part du contrat : apprentissage du français, emploi ou recherche active et formation, scolarisation des enfants. Depuis le 24 juillet, ces familles sont à la rue et dorment sur le parvis de la mairie de Saint-Ouen dans des tentes prêtées par Médecins du Monde. Certaines ont bénéficié de quelques nuits d’hôtel par le 115 pour des durées très limitées. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le blog : solidariteromsaintouen.blogspot.fr Nous sommes persuadés que vous n'êtes pas indifférents à la situation de ces familles, de ces citoyens audoniens et séquanodionysiens à part entière. Face à cette détresse humaine et à une situation sanitaire chaque jour plus inquiétante, nous vous demandons :

  • de proposer la mise à disposition immédiate d'un terrain ou d'un local. Un courrier adressé au maire de Saint-Ouen le 30 juillet pour demander la mise à disposition d’une salle municipale n’a, à ce jour, reçu d’autre réponse qu’un accusé de réception.
  • de trouver des solutions de relogement pérennes avec les différents acteurs publics concernés.
  • A cette fin, les familles, avec le soutien d'associations et de nombreux citoyens, demandent que leur situation soit discutée autour d'une table ronde réunissant le maire de Saint-Ouen, Séquano Aménagement, le Conseil Départemental, la Préfecture, Plaine-Commune, les familles expulsées, le Collectif de solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen et l’association Droit au logement Saint-Ouen.

Le maire de Saint-Ouen, Monsieur William Delannoy, avait reçu une délégation le 27 juin dernier et s’était engagé à organiser une telle réunion multipartite. Il avait déclaré que « tant qu’il n’y avait pas cette réunion il n’y aurait pas d’expulsion des familles ». Depuis l’expulsion, il refuse de communiquer et d'assumer ses responsabilités, déléguant à la Préfecture le soin de résoudre la situation. Il est notamment impératif que les enfants puissent poursuivre leur scolarité dans des conditions de vie dignes. Il est urgent de trouver des solutions concrètes. Comptant vivement sur votre réponse, nous vous prions d'agréer, Mesdames, Messieurs les Conseillers départementaux, l'expression de nos meilleures salutations.    


Signataires : Collectif de solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger - Droit au logement Saint-Ouen - Entraides citoyennes - Ligue des Droits de l’Homme Plaine Commune - MJCF Saint-Ouen - MRAP 93 - Romeurope 93  

Copie : Maire de Saint-Ouen, Préfet de la Seine-Saint-Denis, Préfet délégué à l’égalité des chances, Ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, Président de Plaine-Commune.  

Contact : Collectif de solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger

On veut rester ici à Saint-Ouen

 

 

Avec Daniel Maunoury, Dal Saint-Ouen

Depuis le 30 juillet dernier, des locataires, des occupants sans titres de Paris et de banlieue, expulsés de leur logement ces dernières semaines, sans relogement et souvent sans même un hébergement se sont installé dans un campement place de la république, fermement décidés à y rester jusqu’à ce que leur situation s’améliore, concrètement. Au fil des jours, ils sont rejoints par d'autres personnes, dont les familles roms expulsées de leur village d'insertion de Saint-Ouen, dont la situation est dramatique.

 

12 759 expulsions ont été effectuées avec le concours de la force publique en 2012 en France. « Et plus de 4 000 ont eu lieu à Paris et en Seine-Saint-Denis en 2014, complète Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole général du Dal. Soit un tiers des expulsions en France, alors que les deux départements réunis ne représentent que 7% de la population française. Cela montre à quel point il y a une pression locative. Pire, la moitié des expulsions ont lieu dans les HLM, signe que le parc social est lui aussi devenu trop cher », ajoute celui qui réclame depuis des années une baisse des loyers.

roms saint-ouen avec le dal

Les roms de Saint-Ouen expulsés de leur village d'insertion le 24 juillet 2015 participaient au pique nique du Dal devant le ministère du logement le 5 août dernier - Photo Ming-Chun, de l'association Échanges.[/caption]

Des familles roms de Saint-Ouen expulsées depuis le 25 juillet 2015 de leur Village d’insertion à la demande de l'aménageur départemental Sequano, ainsi qu’une personne expulsée par Saint-Ouen habitat, bailleur social, et nombre de leurs soutiens, sont allées manifester mercredi devant le ministère du logement pour demander l'arrêt des expulsions et le relogement de ceux qui sont à la rue. Ces familles campent depuis le 24 juillet dernier devant la mairie de la ville où ils vivent depuis 2008.

Une délégation a été reçue et a présenté ses revendications à une directrice adjointe de cabinet :

  • un engagement de relogement pour les expulsés et, en attendant, un hébergement décent, à proximité de leur lieu de vie
  • la suspension des expulsions des ménages menacés
  • l’arrêt immédiat des expulsions sans relogement (dont les DALOs), particulièrement à Paris et en Seine-Saint-Denis
  • un plan d’urgence de mobilisation de 100 000 logements vacants (réquisition ou mise à dispositions), dont 50 000 en Ile-de-France
  • des financements pour construire 200 000 HLM par an à des loyers situés entre 4 et 6€ le m2

fresque des enfants mal logés remise au ministère du logement le 5 août 2015

Une fresque réalisée par des enfants mal logés sur le thème « ma maison » a été remise... Aux dernières nouvelles, la Préfecture de région Ile de France devrait prendre le dossier en main. Des médias étaient présents. Comme d'autres, les familles de Saint-Ouen ont pu s'exprimer au microphone face à la foule réunie à l'angle du boulevard des Invalides et de la rue de Varenne bloquée par la police. Un pique-nique a été partagé, des slogans scandés, des flyers distribués... en musique.  

 

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