Réfugiés : citoyens, dépliez vos canapés !

Plus de 60 000 demandeurs d’asile arrivent en France chaque année. Seulement 40% d’entre eux sont hébergés en CADA. Les citoyens ont un rôle à jouer pour palier aux carences de l’État.

« Plus de 60 000 demandeurs d’asile arrivent en France chaque année. Seulement 40% d’entre eux sont hébergés en CADA (centre d’accueil des demandeurs d’asile en France) » témoignent sur leur site les étudiants en master de droit à la Sorbonne fondateurs de l'association Réfugiés Bienvenue.

Ajoutons que les places sont nettement insuffisantes sur le territoire français et vous comprendrez pourquoi plusieurs associations font appel à la solidarité citoyenne pour héberger les demandeurs d'asile qui campent sur les places publiques ou dans des squats...

30 000 demandeurs d'asile attendent aujourd’hui une place en CADA, principalement des personnes isolées, qui risquent donc de rester sans toit pendant toute la durée de la procédure. Parmi eux, 13 000 sont en hébergement d’urgence. Ça en fait des personnes à héberger !

Au fil des expulsions de campements qui se sont enchainées depuis l'évacuation du Pont de la Chapelle en juin 2015, tous les soutiens ont constaté l'insuffisance de l’État en matière de prise en charge. Alors plusieurs se sont constitués en association pour encadrer l'hébergement citoyen proposé par ceux qui disposent d'une chambre, d'un appart' ou d'un coin de canapé. D'une à quelques nuits jusqu'à la longue durée...

Si cette aventure solidaire vous tente, voici une brève présentation de ce que proposent ceux qui les premiers l'ont expérimentée. Nous la faisons suivre d'un descriptif du long parcours qui mène à la demande d'asile afin que chacun comprenne que les citoyens ont ici une carte importante à jouer pour pallier aux carences de l’État.

Avec qui proposer un hébergement ?

Refugees at home

Nous sommes un réseau de personnes qui s’est mis en place au cours des six derniers mois, autour des camps de la Chapelle, de Pajol et d’Eole dans le 18eme arrondissement, puis du lycée squatté de la Place des Fêtes (Lycée Jean Quarré).

« Refugees at Home » est actuellement porté par cinq personnes: Hortense, Marguerite, Julie, Marin et Hannah.

« La crise des réfugiés, l’afflux massif de migrants sont des mots que nous entendons constamment. Derrière les images d’une masse déferlante, on oublie qu’il y a des personnes, des familles, des enfants. Contre les murs construits dans toute l’Europe, contre la peur, nous avons choisi au contraire d’ouvrir nos portes et de vivre ensemble avec celles et ceux qui ont fui la guerre, les persécutions, la misère ou les catastrophes climatiques. »

Leur projet ? « Refugees at home », sur le modèle de Refugees Welcome, vise à loger des personnes réfugiées – quelque soit leur statut – chez des particuliers à Paris et en Ile de France (pour l’instant). Depuis novembre 2015, nombre de réfugié.e.s ont ainsi pu être logé.e.s et accueilli.e.s pour quelques jours ou quelques semaines.

Réfugiés Bienvenue

Nous apportons une solution citoyenne à l'insuffisance des dispositifs institutionnels pour garantir un hébergement et des conditions de vie décentes aux demandeurs d’asile.

En complément, nous aidons les demandeurs d'asile à s'adapter à leur nouvel environnement en les mettant en relation avec des personnes établies en France.

CALM (Comme A La Maison) - Singa

Le dispositif CALM permet la mise en relation entre des réfugiés statutaires mal logés ou sans domicile fixe et des particuliers. Pour cela, il s’appuie sur une communauté grandissante de citoyens souhaitant s’engager sur l’accueil des réfugiés et, à terme, sur une plateforme web qui permettra un impact plus important. Ce dispositif doit répondre, au-delà de l’hébergement, au besoin important et grandissant d’inclusion socio-professionnelle des réfugiés en France.

Il s’inscrit dans la dynamique Réfugiés connectés lancée par SINGA en janvier 2015, pour donner jour aux recommandations de l’étude internationale “Refugees & ICT” concernant l’hébergement, l’emploi, ainsi que l’accès aux droits.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.