Réfugiés : la police les renvoit à l'ombre !

Nous sommes le 28 décembre… En guise de cadeau de Noël, la police chasse inlassablement les réfugiés qui tentent de sortir de l’invisibilité Place de la République. Après les roms, ce sont les exilés qu'on condamne à l'exile...

Retour à l'ombre pour les réfugiés de République ? © Pascal Joube Retour à l'ombre pour les réfugiés de République ? © Pascal Joube

Après une manifestation de soutien aux migrants, environ 200 demandeurs d’asile afghans s’étaient installés à République et refusaient de quitter les lieux tant qu’un hébergement ne leur serait pas proposé. Le 23 au matin, une partie des réfugiés étaient évacués. Avec un hébergement qui était programmé, nous avaient-on annoncé le 17 décembre lors de la réunion proposée par la mairie du 10e. Mais il en reste depuis entre 60 et 100 pour lesquels aucune solution n’a encore été proposée…

Jour après jour, la police vient chasser les réfugiés matin, midi et soir. Ils ne peuvent compter que sur les soutiens rassemblés sur un groupe Facebook pour se nourrir, se réchauffer et bénéficier d’informations et d’accompagnement dans leurs démarches tant au niveau de la santé que de leur demande d’asile. Ils « bénéficient » également de la présence de certains activistes qui tentent de les entraîner – parfois au détriment de leur sécurité – dans des formes revendicatives dont les tenants et aboutissements ne leurs sont pas expliqués et dont nous nous sommes toujours désolidarisés.

Les réfugiés ne peuvent rester à proximité de la Gare de l’Est, puisque les riverains n’en peuvent plus, ce que nous pouvons comprendre. Il ne faut pas qu’ils restent à République, sous l’œil des caméras du Monde depuis que les attentats en ont fait un mémorial plutôt qu’un symbole des valeurs républicaines bafouées. Mais on ne leur propose pas non plus d’hébergement. On leur confisque couverture et duvets jetés à la benne…

Ou faut-il qu’ils se terrent ???

Souvenez-vous qu’en juin dernier, les maires des 10e et 18e arrondissements ont voté le vœux d’expulser les réfugiés du Pont de la Chapelle sans s’assurer de leurs conditions de prise en charge et que le préfet s’est servi de l’argument d’un risque d’épidémie pour évacuer ces personnes… N’oubliez jamais que leurs conditions de survie actuelles empêchent toute tentative éradiquer la gale dont beaucoup sont porteurs : comment cela serait-il possible de les traiter tous en même temps et de leur faire changer de vêtements et de couvertures quand tout disparait dans les bennes des services d’hygiène ? Comment peut-on laisser des hommes crever de froid en plein hiver ? Comment peut-on leur interdire l’utilisation d’une tente ou d’une bâche quand il pleut ?

Oui, il va bientôt y avoir une épidémie au sein de ces groupes laissés à l’abandon : grippe et gastro d’abord… Mort bientôt ?

Ce que font nos dirigeants est indigne.

 

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