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Roms, et qui d'autre?

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Billet de blog 29 août 2015

Roms de Saint-Ouen : 35e nuit dehors dans un silence assourdissant

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Entraides-Citoyennes soutient les aidants des exclus et vient en aide aux sans-abris
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A l'instant où nous postons cet article, les familles roms de Saint-Ouen expulsées de leur village d'insertion passent leur 35e nuit dehors, sous la tente, devant la mairie de LEUR ville. Voila plus d'un mois que tous les soirs, à partir de 18h30, un sit-in de soutien se tient sur le parvis de la mairie. Vous pouvez les aider en :
- profitant de ces rendez-vous pour venir leur déposer des fournitures scolaires : place de la mairie, M° Mairie de Saint-Ouen
- signant la pétition adressée à William Delannoy, maire de Saint-Ouen, qui non seulement leur refuse tout soutien mais les chasses
- faisant un don pour contribuer au remplacement de leur matériel de camping endommagé par la pluie

Ni le maire, William Delannoy, ni les Conseillers départementaux, ni les membres de la Séquano ne donnent suite à nos courriers ! Hier soir encore, à 23h, la police est venue les intimider et les faire décamper - au sens propre - alors que toutes leurs affaires sont trempées de la pluie de ces derniers jours... Nos élus seraient-ils des criminels ?

Communiqué du
Collectif de Solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en Dange

Cela fera cinq semaines ce vendredi que des familles Rroms expulsées de l'ancien « village d'insertion » du 41, rue de Clichy dorment sous les tentes, devant la mairie, en attente d'une solution de relogement, d'un terrain...

Cette situation parfaitement insupportable qui voit, en plein cœur de la ville, des enfants dont certains très jeunes contraints de vivre dehors, sera sous peu compliquée encore du fait d'une rentrée scolaire hasardeuse. En effet, à l'heure où s'écrivent ces lignes, il n'est pas du tout certain que la totalité des enfants Rroms scolarisés dans les écoles et collèges de Saint-Ouen y retrouvent leur place, dès mardi. Document à l'appui, nous sommes même en mesure de prouver que la municipalité cherche à barrer la route de l'école à certains, en exigeant des pièces justificatives n'entrant pas dans le cadre d'une procédure classique d'inscription.

De ce fait, l'équipe municipale agit en toute illégalité, et prend le risque de se retrouver devant le tribunal administratif. A elle, dès lors, d'assumer des actes relevant ni plus ni moins de la discrimination la plus insupportable qui soit, puisque s'attaquant aux enfants, à leur parcours scolaire.

Depuis cinq semaines, nos différentes requêtes, nos différents courriers sont restés lettre morte.

Depuis cinq semaines, l'exigence minimale d'ouverture d'une salle temporaire permettant de mettre à l'abri, en urgence, les familles, n'a connu aucune réponse, pas même négative, de la part des autorités.

Depuis cinq semaines, la police municipale est présente chaque matin, histoire de maintenir une forme de pression sur les habitants des tentes qui pourtant, chaque matin, les plient, rangent matelas et couvertures, dégagent la place pour la journée.

Et pourtant, au matin du mercredi 26 août, des membres de la police municipale accompagnés de représentants de la police nationale n'ont pu s'empêcher d'insulter les Rroms présents, les traitant de « merdes », et précisant qu' « ici, ce n'est pas un camping, même si on y mange bien, il faut dégager, maintenant ! ».

Ces propos, confirmés par plusieurs témoins, relèvent à minima du mépris, de la provocation lamentable. Il ne s'agit peut-être que d'un malheureux dérapage. Le Collectif de Solidarité avec les Rroms de Saint-Ouen en danger, tout en le dénonçant avec force, ne peut qu'espérer qu'il ne se renouvelle pas. Si tel était le cas, preuve serait faite que l'insulte, le rejet, plus encore la recherche d'un affrontement brutal avec les familles Rroms constitue l'unique « réponse » d'une municipalité dont l'autisme n'est plus à prouver.

Expulsées du « village d'insertion » (terrain et dispositif légal mis en place par les pouvoirs publics), contraints de dormir dans la rue, ignorés de ceux qui, en juin, feignaient de vouloir éviter l'expulsion ; inquiets d'une rentrée scolaire risquant de se solder par un nouvel échec, désormais menacées et insultées par la police, les familles Rroms de la place de la mairie n'en demeurent pas moins plus que jamais déterminés à continuer de camper face aux portes de la maison dite commune.

Avec les pluies torrentielles de ces derniers jours,
les tentes et les matelas qui constituent le seul refuge des familles sont trempés et endommagés.
Aidez-nous à remplacer ce matériel de survie !

Les familles appellent les habitants, les habitantes de Saint-Ouen à se rassembler largement samedi 29 août, 15 heures, pour exiger de l'équipe municipale non seulement une solution de relogement, mais également l'assurance, ferme et solennelle, que mardi matin TOUS les enfants Rroms dont les parents le souhaitent seront bel et bien accueillis dans les établissements scolaires de la ville.

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