[7 novembre] Aux origines de l'«indignation» espagnole

Sortie en salles ce mercredi 5 novembre de Vers Madrid / The Burning Bright, un « film de contre-actualité » tourné en 2011 et 2012 par Sylvain George, sur les premiers moments du mouvement « indigné ». Et projection-débat vendredi 7 à Paris.

Sortie en salles ce mercredi 5 novembre de Vers Madrid / The Burning Bright, un « film de contre-actualité » tourné en 2011 et 2012 par Sylvain George, sur les premiers moments du mouvement « indigné ». Et projection-débat vendredi 7 à Paris.

Le cinéaste français, découvert pour son travail sur les migrants, a débarqué dans la capitale espagnole le 22 mai 2011, une semaine après l'installation des premiers campements sur la place Puerta del Sol. Il y retournera, à intervalles réguliers, pendant près de deux ans, pour prendre le pouls de ce qu'il considère comme une « révolution » en cours (voir le motif du soleil, qui scande le film).

Vers Madrid documente les techniques « indignées » (la prise de parole à l'air libre, l'occupation d'un lieu, le fonctionnement d'une assemblée et la circulation de la parole…), avant de se risquer à quelques pas de côté, qui complexifient son propos. Il interroge l'héritage franquiste (la tombe de Franco, les références appuyées à Lorca), ausculte les dégâts de la crise immobilière (tournage à Seseña, ville bétonnée et fantôme, symbole de l'explosion de la bulle immobilière), montre le durcissement au fil des mois de la répression policière avec l'aval du gouvernement de Mariano Rajoy (nombreux face-à-face avec les forces de l'ordre), pose la question de la place des migrants dans le mouvement…

VERS MADRID-THE BURNING BRIGHT © NOIR PRODUCTION

Entre le film d'actualité et l'essai poétique (Sylvain George parle d'un 'poème d'actualité'), le film, très éclaté dans sa forme, se garde d'enfermer le mouvement 'indigné' sous une quelconque étiquette. Il montre un processus ouvert, grouillant, inventif, qui n'a de cesse, depuis, de se réinventer, sous d'autres formes. Dans la rue: ce sont les « marées » contre l'austérité, ou les succès de la PAH, cette plateforme anti-expulsions. Mais aussi dans l'arène institutionnelle, avec la formation de nouveaux partis (Podemos, Guanyem, Parti X). Tout cela n'est pas dans le film (ce qui peut lui donner un côté un peu daté, pour un newsreel…) mais Sylvain George a eu le mérite d'entrevoir, dès sa naissance, l'extrême souplesse du mouvement et de ses pratiques.

J'animerai un débat avec Sylvain George, vendredi soir à Paris, après la projection de son film (séance de 20h, Espace Saint-Michel, Paris-5e).


 

 

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