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Sans-abris, sdf, exclus

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Billet de blog 13 sept. 2014

Les pauvres n'ont pas la cote selon une étude du Crédoc

Le regard des Français sur les pauvres se fait plus dur selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l'observation des conditions de vie) portant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes de décembre 2013 à janvier 2014 publiée le 12 septembre 2014.

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Le regard des Français sur les pauvres se fait plus dur selon une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l'observation des conditions de vie) portant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes de décembre 2013 à janvier 2014 publiée le 12 septembre 2014. 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n'ont pas fait d'effort pour s'en sortir alors qu’ils n’étaient quue 25% en 2009 au déclenchement de la crise...

Il faut dire que la crise touche aujourd’hui de plus en plus de monde. Le pouvoir d’achat des classes moyennes a baissé Le niveau de vie médian a fléchi de 1 % en 2012 en euros constant et même 2 % pour les 20 % de population la plus modeste. Au point de parfois générer une « hiérarchisation » entre eux des précaires et des pauvres.

Une tendance dangereuse qui pousse ceux qui « se maintiennent » difficilement à imaginer que si les autres n’y parviennent pas, c’est parce qu’ils ne « veulent pas ». 64 % pensent que, s'ils le voulaient, les chômeurs pourraient retrouver un emploi. Quand aux immigrés, il est bien connu qu’en période de crise ils sont les premières cibles de la grogne, ceux qu’on montre du doigt comme des « voleurs d’emploi » alors que sans eux, il n’y aurait plus de système de protection sociale depuis longtemps !

Pourtant, 44 % estiment que l'aide de la collectivité aux familles aux ressources insuffisantes les déresponsabilisent. « C'est inédit, les crises économiques ont par le passé renforcé la compassion des Français envers les pauvres, depuis 2008, c'est l'inverse les liens de solidarité s'affaiblissent », observe Jorg Muller chargé de recherche au Crédoc et maître de conférence à Sciences Po. Trop souvent, nous entendons des personnes dire que s'il y a des gens dans la rue, c'est qu'ils le veulent bien... Les politiques sociales sont de plus en plus remises en causes. 76 % des personnes interrogées estiment qu'il est parfois plus avantageux de percevoir des minima sociaux que de travailler, 53 % considèrent que le RSA incite les gens à ne pas travailler…

Ils n'étaient que 31 % en 2009. « Il est à prévoir que la solidarité fléchisse même au sein des familles, prévient Jorg Muller. Aujourd'hui, les soixante-huitards, qui arrivent à la retraite, encore aisés soutiennent leurs enfants et amortissent les chocs mais la génération suivante, moins dotée, ne sera pas en mesure de le faire. »

L'idée que les plus riches doivent donner aux plus modestes perd du terrain : en 2012 les trois quarts des français (71 %) souhaitaient une plus grande redistribution des riches ; deux ans plus tard, ce taux est tombé en dessous, à 55 %. « L' actualité politique avec le sentiments que les riches sont déjà suffisamment taxés n'est pas sans lien avec l'arrivée de la gauche à la tête de l'Etat », remarque le Crédoc . Pour Jorg Muller, « la crise de représentativité, de scepticisme sur l'action politique, conduit au retrait des individus de la société au repli sur soi ».

Est-il besoin de rappeler qu'en cette crise qui n'épargne plus que les riches, la solidarité a besoin de rassembler toutes ses forces et qu'il est indispensable de se mobiliser ?

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