Ron Asheton est mort à à 60 ans, tout seul. NoiseNews.net rend hommage à l’un de ceux sans qui le rock serait resté une petite chose un peu trop proprette. Playlist à écouter au pied de l’article.
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Ron Asheton, le guitariste des Stooges a été retrouvé mort aujourd’hui (6 janvier) à son domicile de Ann Arbor. Vraisemblablement d’une crise cardiaque. La police avait été alerté par l’assistant de Ron qui n’arrivait plus à le joindre depuis quelques temps.
The Stooges - The Stooges (1969)
En 1969 le premier album des Stooges est la chose la plus radicale et la plus violente que le rock ai vu naitre. Son nouveau testament en quelque sorte, écrit à Détroit par quatre gamins défoncés jusqu’à la plus infime molécule de leur anatomie. Ils mettent le feu au garage, s’immolent à coup de larsens et de lourdes saturations Marshall. Ils ôtent toutes dimensions mystique au psychédélisme et le transforme en un rite païen salace et morbide. No Fun répondent-ils aux hippies. Tout est laid, Dieu est mort, Hendrix est mort, nous sommes laid, vous êtes laid et les deux seules choses valables dans la vie, c’est le sexe et la mort.
Pas de prophète à la tête de cette non-église, mais une espèce de psychotique qui se prend parfois pour un lézard, se lacère avec des tessons de bouteilles sur scène, et signe des autographes avec sa bite. On l’appelle alors Iggy Stooge. On l’appellera ensuite Iggy Pop.
L’office est mis en place par le déluge sonore de Ron Asheton, et de son jeu de guitare impossible à contenir, à cerner, à la fois tranchant et nonchalant, lourd et douloureux comme du plomb en fusion, chargé de Fuzz et de Wha-wha jusqu’à en faire vomir par les oreilles.
Alors que leurs potes du MC5 prêchent l’action pour la révolution sociale au sein du White Panther Party [1], les Stooges sont les apôtres du nihilisme et de l’autodestruction. Et ils seront fidèles à cett philosophie.
The Stooges - Fun House (1970)
3 ans après, la drogue a ruiné la santé mentale déjà précaire du quatuor. Après le plus expérimental Fun House (mais néanmoins chef d’œuvre), la maison de disque Elektra décide de se débarrasser de ces dangers publics. David Bowie s’entiche d’Iggy Pop et le dégrise. Puis il le convainc de remplacer Ron Asheton par James Williamson. Mais Iggy n’arrive pas à pondre un troisième album des Stooges sans Ron et son frère Scott, marteleur de fut répondant au sobriquet de Rock Action.
Il les rappelle pour assurer la section rythmique. C’est donc de la basse que jouera Ron sur Raw Power qui sort en 1973 sous l’appellation de Iggy and The Stooges. La bassiste originel Dave Alexander ayant été limogé en raison de son alcoolisme. En dépits des dissensions, le disque se place comme le mètre-étalon de la brutalité rock’n’roll. Du fait d’un coup de baguette magique de Bowie. Mais les problèmes de drogues, d’égos et de rivalités demeurent, et en 1976, Iggy dissout le groupe.
Iggy And The Stooges - Raw Power (1973)
Plus que toute autre formation, les Stooges sont considérés comme annonciateur du mouvement punk. Tant au niveau de la musique, de l’énergie, que de l’attitude. On attribue à Iggy la paternité du punk, mais sans le son et l’agressivité du jeu de Ron, Iggy n’aurait été qu’un brailleur sans consistance.
Le temps et la sobriété ayant fait son office. Iggy commencera par rappeler les frangins Asheton pour qu’ils jouent sur son disque Skull Ring sorti en 2003. Puis dans la foulée, les Stooges se reconstituent. En 2007 sort The Weirdness, présenté comme le quatrième album des Stooges, il reprend effectivement le nom et le logo d’origine. Plutôt décevant, mais à quoi fallait-il s’attendre…
Entre temps, Ron a joué dans de nombreuses formations au coté d’anciens membres du MC5 ou de Radio Birdman. Sans réelles reconnaissances.
La playlist qui suit est une sélection de morceaux des trois premiers albums des Stooges. Sur les deux derniers titres : Search and Destroy et Raw Power, Ron Asheton est à la basse.
Découvrez The Stooges!
Avoir été l’un des guitariste qui a le plus fait avancer le rock’n’roll ne protège pas de la solitude. Les premières analyses médicales annonce que son décès remontait à plusieurs jours. Iggy écrit pourtant aujourd’hui sur son site qu’il s’agissait de son meilleur ami.
P.-S. Fred ’Sonic’ Smith était le guitariste du MC5, lui aussi défricheur du pays du bruit. Son surnom ’Sonic’ est d’ailleurs à l’origine de la moitié du nom du groupe Sonic Youth. Il est mort en 1994, il était l’époux de Patty Smith.