Punk Rock is not a job : interview de Till de Guerilla Poubelle

Guerilla Asso est née dans la foulée du groupe Guerilla Poubelle il y a tout juste cinq ans. Depuis, l’association produit des disques, les distribuent et organise des concerts. Et s’est peu à peu imposé comme la maison de référence d’une scène punk-rock française sincère et dynamique. Interview de Till, chanteur/guitariste de Guerilla Poubelle et tenancier de la demeure, à propos de l’asso, du groupe, et de l’autre groupe aussi. 

Guerilla Asso est née dans la foulée du groupe Guerilla Poubelle il y a tout juste cinq ans. Depuis, l’association produit des disques, les distribuent et organise des concerts. Et s’est peu à peu imposé comme la maison de référence d’une scène punk-rock française sincère et dynamique. Interview de Till, chanteur/guitariste de Guerilla Poubelle et tenancier de la demeure, à propos de l’asso, du groupe, et de l’autre groupe aussi.

 

 

[Pour bénéficier d'un confort de lecture optimal avec notamment, tous les liens hypertextes, et une mise en page maitrisée, vous pouvez consulter cet article sur NoiseNews.net, son support d'origine. ]

 

Guerilla Asso fête donc en ce moment ses 5 ans, mais Guerilla Asso, c’est quoi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Administrativement, les statuts de l’association sont volontairement assez vagues, c’est du style « promotion d’évènements culturels… ». Dans les faits, Guerilla Asso, c’est un label, une distro [1] : le Jardin des Fous, et un moyen d’organiser des concerts. C’est aussi une sorte d’entité, de label au sens « label de qualité » pour les groupes. D’ailleurs, les galettes des groupes les plus visibles : Justin(e), Dolores Riposte, ou Guerilla Poubelle ne sont pas à proprement parlé des disques Guerilla Asso, c’est Crash qui les sort.

 

Comment fonctionne l’asso au niveau financier ?

 

On est sur un modèle associatif strict. Les groupes ne touchent pas de royalties chez nous. Je « paie » les groupes en leur filant leurs disques gratuitement pour qu’ils se chargent eux-même de la promotion. L’asso est essentiellement financé avec ma part de revenus de Guerilla Poubelle. Étant sur Crash, nous les Guerillas, nous gagnons de l’argent, mais nous le réinvestissons. On refuse que le punk-rock devienne un boulot. Alex, le batteur le met à profit pour monter un studio et Ken, le bassiste essaie de créer un label pour son autre groupe Fart Air Tone.

 

Quels sont les projets à venir pour Guerilla Asso ?

 

D’une manière générale, on signe nos potes. Là on va sortir Crossing The Rubicon, le nouveau Marxmallows, et le nouveau Garage Lopez. J’aimerais bien faire d’autres trucs, genre organiser des expos, sortir un fanzine papier, réaliser des clips… Mais même si je reçois des coups de mains ponctuel, je suis tout seul pour faire tout ça, et j’ai un boulot à coté pour bouffer… Évidemment, si Jokoko publie un nouveau livre, on le distribuera. Ce serait le bon moment, dans la mesure où son premier bouquin est épuisé.

 

En parlant de Jokoko, le line-up de Guerilla Poubelle a pas mal changé depuis le début. Kojack (basse) n’est plus là, Jokoko ne dessine plus sur scène pendant que vous jouez, Alex est le troisième batteur…

 

Ouais, Koj’ n’est plus là depuis début novembre… C’est donc Ken de Fart Air Tone qui prend la basse. Pas en remplacement, c’est définitif. Son arrivée nous a fait du bien, ça nous a reboosté. Un peu comme quand Alex est arrivé à la batterie il y a deux ans. La musique de Guerilla Poubelle convient bien à Ken, et c’est réciproque : il est bon, il est drôle sur scène, et en plus il est beau ! Pour Jokoko c’est différent. Il mène sa vie, et ses problèmes d’épaules lui interdisent de sauter sur scène. Mais quand il vient nous voir en concert, il peut difficilement s’empêcher de venir pousser la chansonnette. Il vient aussi de temps en temps nous refaire une fresque pendant qu’on joue. Même si ce n’est plus un membre « régulier ».

 

Mais avec de tels changements dans le groupe, tu n’as pas pensé à splitter ?

 

Si, bien sûr… Mais de toutes façons avec Alex, on aurait continué. On n’avait pas forcément envie de repartir sur quelque chose de nouveau, ça représentait plus d’inconvénients qu’autre chose. Puis je pense qu’un groupe existe au-delà des membres qui le composent. Guerilla Poubelle, c’est pas juste nous, c’est les chansons, le public… De toutes façons, comme je le disais, l’arrivée de Ken nous a relancé, on recommence à écrire, on enregistre deux titres ce week-end. Mais on ne sait pas encore ce qu’on va en faire…

 

D’autres projets à part ça ? (un troisième album peut-être ?)

 

On va sortir un split avec Uncommonmenfrommars. Un bel objet, un vinyle avec une BD de Chester sur Unco et une BD de Cha sur nous. Sinon, on retourne au Québec en mai, et on va enregistrer avec l’ingé son des Vulgaires Machins. Il veut bosser avec nous, mais il est très branché par les productions punky-pop ricainnes un peu trop propres. On sait pas trop ce que ça va donner, mais vu que c’est un pote, ça peut être cool. Pour le troisième album, il faudra bien qu’on s’y mette un jour où l’autre. Mais on ne se fixe pas de deadline, on sait que ça sert à rien avec nous. De toutes façons, Alex vit à Lyon et Ken est en formation jusqu’en mars. Il faut d’abord qu’on compose. On verra bien, si ça se trouve ce sera une prod 100% Guerilla Asso, si ça se trouve, on aura signé sur une major (rires…)

 

Si ça se trouve vous allez le donner en téléchargement pour un prix libre fixé par l’acheteur…

 

Ouais, là par contre… ce genre de trucs est une connerie pour nous. Le numérique nous coupe de notre public. Les gens vont voir des concerts, et là ils achètent les disques. On a besoin du support physique. On ferait volontiers plus de vinyle, mais ça nous revient beaucoup plus cher que les CDs. Nos skeuds se trouvent de toutes façons facilement sur emule, et c’est très bien, celui qui les télécharge fait la démarche de vouloir nous écouter. Mais on ne peut pas communiquer qu’avec ça. En même temps, il est sûr que nos préoccupations et celles de Radiohead sont assez éloignées…

 

Parle moi de Ton Autre Groupe

 

Mon Autre Groupe c’est notre side-project avec Fred de Dolores Riposte, Fab, de For A Second, et Grom de M-Sixteen. L’idée est née du fait qu’avec Guerilla, on a décidé de tourner un peu moins, et de se laisser au minimum un week-end de libre par mois. Mais bon, il fallait bien que j’occupe ce week-end… Parallèlement, Dolores en était arrivé au même point, et Fred avait la même envie que moi. On voulait s’amuser, alors on a joué du hardcore. C’était pas forcément prémédité. C’est vraiment pour le fun, même si le résultat n’est pas forcément… fun. Mais comme son nom l’indique, pour nous tous, c’est Mon Autre Groupe, un side-project qui passera toujours après nos groupe respectifs.

 

 

 

Crédit Photo : Fifou@Fifoublog

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.