Internationaliste, citoyen du monde ? Non citoyen tout simplement !

La dictature du prolétariat ne permet pas de faire progresser l'humain dans le corps social. C'est aujourd'hui un fait établit par l'expérience historique. Mais il apparait, de plus en plus clairement aujourd'hui, que des premiers de cordée qui ne se soucieraient pas d'adapter leurs pas sur ceux des derniers n'y parviendront pas mieux...

                    Depuis l'époque de Thatcher en Angleterre et de Reagan aux États-Unis, les idées du néo-libéralisme – on peut même dire aujourd'hui : de l'anarcho-capitalisme – ont tout balayé et relégué dans les poubelles de l'histoire les idées issues de courants de pensée concurrents - communisme et social-démocratie. En fait, si la dictature du prolétariat et sa variante démocratique, au niveau mondial, a perdu la partie c'est parce que « la dictature des idées » du capital l'a gagnée... En France, confrontés à cette invasion idéologique, les partis politiques « de gouvernement » ont picoré dans ce qui leur paraissait assimilable. La gauche en se recentrant sur la défense des valeurs « sociétales » et en bougonnant contre « l'économisme » , la droite en concentrant son action sur la défense de « l'économisme » et en bougonnant sur les valeurs « sociétales »... Enfin Macron est arrivé et, avec son « en même temps », a raflé la quasi totalité du package idéologique anglo-américain! Mais alors, ou donc est passé le peuple ? Au F.N. ? Oui, beaucoup trop. Dans la « France Insoumise » ? Non, pas tellement !
                   Comment la gauche a-t- elle pu accepter d'une part qu' Emmanuel Macron puisse dire « il n'y a pas de culture française», et d'autre part qu'une partie du peuple puisse avoir été séduit par le discours de l'extrême droite ? La gauche devrait selon moi relever le défi et se donnent pour objectif de faire fructifier l'héritage des Républicains français en s'appuyant sur l'imaginaire populaire... Dans ce but il lui faut, bien sûr, répondre à l'appel à manifester des syndicats ouvriers parce que c'est avec le peuple réactif qu'elle pourra construire demain mais "en même temps" elle doit entendre cette parti du peuple abandonnée et aujourd'hui en déshérence dans l'abstention électorale ou attiré par le vote FN.
                   Les situations historiques de 1940, de 1958 et de 2018 ne sont pas comparables et de Gaulle ne peut pas être un modèle pour la gauche bien sûr mais il savait, lui, parce qu'il en connaissait parfaitement l'Histoire, que quand la République française prend l'eau, pour colmater les brèches, c'est sur son peuple qu'il faut compter pas sur ses « premiers de cordée ». La gauche, si elle veut se ressourcer idéologiquement c'est plutôt, d'après moi, de l'esprit "gaullien" qu'elle devrait s'imprégner plutôt que de l'esprit anarcho-capitaliste.

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