Et maintenant ?

Au lendemain de l’élimination de l’équipe de France en quarts de finale de la coupe du monde par l’Allemagne, il convient de faire un petit effort de mémoire. En effet, après le pitoyable match aller de barrage en Ukraine en novembre, ils ne sont pas nombreux ceux qui imaginaient d’une part un retournement aussi étonnant au match retour, d’autre part un parcours aussi honorable lors du tournoi final au Brésil.

Au lendemain de l’élimination de l’équipe de France en quarts de finale de la coupe du monde par l’Allemagne, il convient de faire un petit effort de mémoire. En effet, après le pitoyable match aller de barrage en Ukraine en novembre, ils ne sont pas nombreux ceux qui imaginaient d’une part un retournement aussi étonnant au match retour, d’autre part un parcours aussi honorable lors du tournoi final au Brésil. Donc la tendance serait à la satisfaction générale. Cependant il faut aussi admettre, sans chauvinisme aucun, que cette équipe d’Allemagne n’était pas un obstacle insurmontable, mais, contrairement à l’étonnant et exaltant Chili face au Brésil, l’équipe de France a donné la fâcheuse impression de rendre les armes sans combattre.

Il est bien certain que jouer à 13h, en pleine chaleur, n’engendre pas nécessairement le dynamisme, et on a en mémoire que la Hollande a manqué de souffle face au Mexique, en jouant à la même heure, avant de terminer en beauté. Quand même la déception serait moins grande aujourd’hui si  tous les joueurs avaient été irréprochables. On passera rapidement sur le cas Evra, qui a accumulé les erreurs de placement à chaque match d’une manière grandguignolesque et dont on se demande ce qu’il faisait dans cette sélection. Il serait surprenant que sa carrière internationale continue, d’autant qu’il est grand temps que Digne ait sa chance désormais. Lloris a été encensé, peut-être à tort — et l’on serait tenté de rejoindre l’idée développée par Michaël Hajdenberg sur le maillon faible, car sa mauvaise habitude de dégager régulièrement aux poings dans l’axe n’a rien pour rassurer ses co-équipiers.

Reste le cas majeur, Karim Benzema, qui s’est comporté en diva et s’est contenté de marcher, notamment contre le Nigeria et l’Allemagne, alors que ses co-équipiers s’agitaient pour courir dans tous les sens et défendre une fois la balle perdue. De plus son attitude boudeuse contre le Nigéria parce qu’il n’était pas vraiment à sa place de prédilection ne manque pas d’interroger sur « le groupe soudé », décrit par tous les media. Benzema a donné fréquemment l’impression d’être ailleurs et de ne pas être concerné. Les louanges à l’endroit de Benzema, après la victoire contre la Suisse, étaient non seulement excessives mais erronées, car ce sont surtout Valbuena et Giroud, et l’ensemble du groupe, qui les méritaient. Là aussi, il est permis de se demander pourquoi il est inamovible et pourquoi d’autres, comme Loïc Rémy, entre autres, par exemple, n’ont pas bénéficié d’une chance. Il est également regrettable que Cabella n'ait fait le voyage que pour porter une chasuble. Mais, bien sûr, il faut demeurer positif.

Varane, Pogba, Cabaye et Valbuena sont d’authentiques perles. De plus Didier Deschamps a réussi un travail de reconstruction remarquable, à la suite du sinistre épisode de Knysna et les règles de communication qu’il a imposées forcent le respect. Du reste, aujourd’hui tout le monde est content, les entreprises mécènes, la très sarkozyste TF1, qui a enregistré de grosses audiences, la FFF qui voit la courbe des néo-licenciés dans les petits clubs repartir à la hausse et dont les finances sont définitivement assainies. Mais quand on voit la combativité d’Alexis Sanchez avec le Chili ou celle de James Rodrigues avec la Colombie, on en vient à se demander si Benzema fait le même métier…

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