Triste épilogue

La coupe du monde de football 2014 s’est achevée, le 13 juillet, sur une victoire logique de l’Allemagne, qui faisait partie des favoris du tournoi bien avant le début le 12 juin, et plus encore après avoir pulvérisé le Brésil en demi-finale. La finale a été laborieuse mais sauvée de l’ennui par le but magistral et magnifique de Mario Götze, un amorti de la poitrine enchaîné par un tir du gauche somptueux à montrer dans les écoles de football.

La coupe du monde de football 2014 s’est achevée, le 13 juillet, sur une victoire logique de l’Allemagne, qui faisait partie des favoris du tournoi bien avant le début le 12 juin, et plus encore après avoir pulvérisé le Brésil en demi-finale. La finale a été laborieuse mais sauvée de l’ennui par le but magistral et magnifique de Mario Götze, un amorti de la poitrine enchaîné par un tir du gauche somptueux à montrer dans les écoles de football.

 

Côté jardin, le mépris des autorités brésiliennes et de la Fifa à l’égard de la population a prolongé l’indécence de dépenses disproportionnées. Le diktat du profit dans le choix des horaires de retransmissions télévisées, dont le but n’était que de satisfaire les audiences européennes au mépris du confort des joueurs, n’a pas manqué de surprendre également. La main mise sur ces retransmissions par une chaîne de télévision financée par le Qatar, mais surtout payante et donc inaccessible pour le plus grand nombre, a légitimement accentué l’agacement. L’arbitrage très favorable dont le pays organisateur a bénéficié en a irrité plus d’un.

 

Côté cour, plusieurs surprises footballistiques, certaines très agréables : le record du nombre de buts marqués de 1998 égalé (171), certaines rencontres flamboyantes, la générosité de l’équipe d’Algérie, le parcours honorable de la sélection française, l’émergence éclatante de la Colombie, le jeu rapide et collectif de la Hollande et de l’Allemagne ; d’autres moins glorieuses : la participation lunaire de l’Iran, les prestations décevantes des nombreux artistes africains, la confirmation que le Brésil n’avait pas sa place dans cette épreuve et que l’uruguayen Suarez a besoin d’un psychiâtre. Bref un bilan positif, en attendant que la Fifa explique pourquoi elle a attribué le titre de meilleur joueur à Messi plutôt qu’à James Rodrigues.

 

Positif…jusqu’à l’arrivée de la sélection allemande dans les rues de Berlin le 14 juillet, pour une célébration disproportionnée elle aussi. Tout avait été dit sur ces joueurs allemands, collectifs, inventifs, solidaires, respectueux…Et puis patatras ! Chassez le naturel, il revient au galop. Est-ce l’effet d’un long voyage en avion ? Est-ce la conséquence des libations sans doute avalées dans le même avion ? Est-ce tout simplement la réalité ? Toujours est-il que Miroslav Klose, Mario Götze, Toni Kroos, André Schürrle, Shkodran Mustafi et Roman Weidenfeller se sont lancés dans une danse de fort mauvais goût.

 

Courbés, ils ont chanté à tue-tête : « Ainsi marchent les Gauchos ! », puis redressant fièrement la tête : « Ainsi marchent les Allemands ! » La presse allemande a été unanime pour dénoncer ce dérapage. Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung « Les champions allemands ternissent l’image d’une nation ouverte et tolérante. » Le quotidien berlinois Tagesspiegel est allé un peu plus loin et a frappé un peu plus fort : « ils (les joueurs allemands) ont prouvé que dans le football il n’y a pas seulement des crétins, il y a aussi des mégacrétins. »

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