Point d’ordre
Ne parlons que de ceux et celles qui me font l’honneur de lire ce que, depuis bientôt 5 ans, j’essaie d’ARGUMENTER (non ?) s’agissant de ce que DOIT dire la révolution du capitalisme, si tant est que, VRAIMENT, elle veuille enfin arriver à… révolutionner le capitalisme : ‘’- Bon sang, se disent-ils sans le moindre doute (on parie ?), mais tout ce que Jean Tramuset est en train de raconter dans ses laborieux articles de ‘’Sur la monnaie’’, franchement, en quoi ça peut bien aider à, justement, révolutionner le capitalisme ?’’
Or, à cet égard, soit la canonique analyse du capital comme ‘’rapport social de production’’ (ici, tout le monde aura reconnus LA –sainte ?- parole du Maître) : sa capacité à ‘’mobiliser’’ contre le capitalisme fait toujours autant recette (n’est-ce pas, la rédac de Mdpt !) ? Certes… mais… ‘’à part ça’’ ?
Imaginons par exemple que, ceci au vu et au su de la terrifiante histoire du XXème siècle, ce que l’on dise soit ceci : ‘’- Cette <<analyse>>-là du capital ? Mais, à la DICTATURE (nous en sommes bien d’accord !) de ceux qui croient (qui CROIENT !) que l’économie, c’est le marché, se peut-il qu’elle puisse VRAIMENT conduire à autre chose qu’à une autre… DICTATURE (!!!!), savoir celle de ceux qui, cette fois, croient (CROIENT !) que l’économie c’est le contrôle, voire l’éradication du marché ?’’. Et l’on s’étonne qu’aujourd’hui, alors que le monde entier VEUT la révolution du capitalisme (voyez à quoi, par le capitalisme, le monde entier en est aujourd’hui réduit), elle en soit… là où elle en est !
Vous savez quoi ? Eh bien que si la révolution du capitalisme veut arriver à ses fins, il lui FAUT absolument comprendre que, autrement plus déterminantes que la ‘’méchanceté’’ des ‘’responsables’’ qui, tant mal qu’extrêmement mal, font fonctionner le ‘’système’’, il y a ses LOIS de fonctionnement ; et tant que ces lois, la révolution les ignorera, alors, c’est ABSOLUMENT CERTAIN, elle échouera.
C’est là où l’on me permettra de revenir à ‘’Sur la monnaie’’.
‘’- En quoi ses éprouvantes démonstrations de l’instantanéité des circuits de la monnaie et des revenus aident-elles à la révolution du capitalisme ?’’.
Or si ce à quoi ces démonstrations permettent d’arriver (à ce sujet, cf. ci-dessous, le 3° point du long article qui suit) c’est à une compréhension du CAPITAL (et donc du capitalisme) qui soit telle que, au lieu de NE pouvoir conduire les humains QU’à ce qu’ils s’entre-égorgent ‘’jusqu’au dernier’’ (n’est-ce pas la ‘’réjouissante’’ perspective à laquelle, pour ainsi dire par définition, les contraint ‘’la lutte des classes’’ ?), elle puisse enfin les conduire à ce qu’ils soient… humains ?
Donc…
L’instantanéité du circuit des revenus : sous ce qui ne se voit pas,
la mécanique (d’horlogerie !) de la production monétaire
Commençons par réviser ce que COMMANDE la réalité expérimentale (= observable) de la production monétaire (encore une fois, la production des biens AVEC un prix, ceci dès AVANT marché), savoir l’instantanéité des circuits de la monnaie et des revenus (là-dessus, cf. les 6 premiers articles de ‘’Sur la monnaie’’) ; c’est le schéma n° 1.
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Schéma n° 1
Sauf que, s’agissant de l’instantanéité du circuit des revenus, la difficulté saute aux yeux : la question étant celle de l’origine des revenus (ceux constitués entre les mains de T), si ce qui est dit, c’est que ces revenus, c’est T lui-même qui... en les dépensant, les forme entre ses mains, évidemment, tout est comme lorsque, le problème étant d’expliquer les pouvoirs de l’opium, on s’arrêtait à… ses ‘’vertus dormitives’’ !
Or, cf. à nouveau les 6 premiers articles de ‘’Sur la monnaie’’, l’instantanéité des circuits de la monnaie et des revenus, c’est, consubstantiellement, la production monétaire.
Soit donc ce nouveau schéma (n° 2) ‘’synoptique’’ de tous les aspects (monétaires ET réels –sur ce point précis, cf. ‘’Sur la monnaie : le retour (III)’’) de la production avec un prix.
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Schéma n° 2
‘’- Il est pour le moins justifié que ce deuxième schéma soit un minimum commenté ?’’
‘’- Qu’à cela ne tienne !’’
1° A nouveau sur le circuit instantané de la monnaie
La première question posée par ce schéma est relative au fait que le circuit ‘’instantané’’ de la monnaie (de B à B) est représenté comme commençant par une flèche (rouge) pleine (de B à T), puis ‘’ensuite’’, de T à B, comme se poursuivant par une flèche (toujours rouge) différente (d’où les pointillés) ; c’est que, quand T reçoit de la monnaie comme simple forme de E (c'est-à-dire, de la monnaie qui ne fait que dire le prix de ce qui est produit, donc de la monnaie sans pouvoir d’achat), c’est… des revenus que T dépense ; et donc de la monnaie… avec pouvoir d’achat ! D’où la conclusion qu’ ‘’en toute rigueur’’, en effet, le circuit de la monnaie semble bien devoir être représenté comme ‘’brisé’’ en T ; qu’en conséquence, ceci dans la mesure où, alors, il tient en deux ‘’morceaux’’ (l’un avant et l’autre après sa ‘’brisure’’ en T), le circuit ‘’instantané’’ de la monnaie ne le serait (instantané)… qu’en mots !
Or si ce que l’on commence par dire est que, ceci pour la raison décisive que toute monnaie dit un prix, qu’un prix, c’est une répartition (du produit auquel ce prix se rapporte), et que ce que dit la monnaie venant de E quand elle arrive en T, c’est, en T, la répartition du produit entre salaires et profits, n’en résulte-t-il pas que, de ce fait, cette monnaie comme forme possède la ‘’densité’’ d’une monnaie… avec pouvoir d’achat, celui d’une part des salaires et celui, d’autre part, des profits ? Aussitôt, ce que l’on peut dire n’est-il pas qu’apparemment interrompu en T, le circuit de la monnaie de B vers B peut être vu, après T, comme se trouvant relayé par celui de la dépense (par T) de ces/ses (vrais) revenus ?
Et si l’on ajoute que, la monnaie lancée par B et arrivant à T étant un prix, et cela signifiant qu’en T, le produit (dont la production monétaire explique le flux de monnaie qui, depuis E, arrive en T -ceci parce que ce produit, T l’a produit entre les mains de E) se trouve, par définition des prix, réparti entre les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ (l’ensemble T), cela ne signifie-t-il pas que les revenus que T perçoit sont, par lui, instantanément dépensés ?
2° Le circuit instantané des revenus
Soit la question de savoir ‘’sur qui les revenus que T perçoit sont, par lui, instantanément dépensés ?’’
Ici, c’est la logique du ‘’contre-circuit’’ de la monnaie (sur cette notion, cf. : ‘’Sur la monnaie’’ : le retour (II) ) qui est contraignante : n’avons-nous pas vu que ce circuit ‘’tourne’’ dans le même sens que celui de la monnaie ? La réponse est donc que T dépense sur B.
C’est là où l’on retrouve la contrainte qui pèse sur l’émission de la monnaie par B (les ‘’BANQUES’’) quand ce que l’on dit est que l’émission de monnaie a cette fonction économique UNIQUE de dire que la production est de tant d’€ (ou de £, de $, de Yuans…) : B ayant créé de la monnaie ex-nihilo (= du néant) et donc (forcément !) sans pouvoir d’achat, ce qui est ‘’impossible’’ (ce serait totalement abracadabrant –et en tout cas, exorbitant !) est qu’à la sortie du circuit (instantané) de la monnaie, B retrouve de la monnaie… avec un pouvoir d’achat !
La conséquence en sera que, faite sur B, la dépense (instantanée) par T des revenus qu’il a reçus de E (lui-même les tenant de B) ne pourra rien apporter à B. C’est dire qu’elle lui apportera une monnaie vide, cette (r)entrée (de monnaie vide) ne faisant qu’équilibrer (instantanément !) la sortie de monnaie (vide) qu’au même moment (c’est la signification de l’instantanéité –ici, celle du circuit de la monnaie), à l’ouverture du circuit de la monnaie, les ‘’BANQUES’’ ont lancée à l’économie.
Sauf que c’est là où l’on va… ne plus ‘’rien comprendre’’ ! Quoi, T dépensant sur B, ne l’a-t-on pas dit (et redit !), ce que T dépense sur B ce sont des revenus. D’où la question : B se trouvant crédité ‘’positivement’’ (en revenus), comment peut-il se faire qu’en même temps… il ne reçoive rien ?
Or si ce que l’on dit cette fois, c’est que ce que B reçoit ‘’en revenus’’ de T, instantanément (sur ce point, voyez encore la ‘’logique’’ du circuit et du contre-circuit de la monnaie –décidément, ils ‘’tournent’’ dans le même sens !), il le perd sur E ; et que ce dont on se souvient, c’est que la production monétaire c’est, précisément par E, et sur T, le gain du produit réel dont T est le producteur. Aussitôt, cela implique qu’à peine gagnés sur B, ceci contre le gain du produit réel gagné sur T, les revenus gagnés par E sont perdus par lui sur T.
La boucle ici est presque bouclée.
Ce qu’il manque encore ?
La chose est claire, c’est l’explication du fait que, T dépensant des revenus sur B, revenus qu’aussitôt (instantanément) B dépense sur E (et revenus que, pour finir, E dépense sur… T), de proche en proche, c’est… sur lui-même (T) que T les dépense…
La clé de cette authentique énigme ?
Elle est donnée par le point suivant…
3° Les circuits instantanés de la monnaie et des revenus ;
Le ‘’financement’’ de la production par elle-même (et NON PAS ‘’par les banques’’ !) ;
La notion de CAPITAL ;
La répartition AVANT marché du produit
‘’- Quoi, la solution de la clôture instantanée du circuit (de B à B) de la monnaie tient dans la dépense instantanée par T sur… lui-même (!!!!) des revenus que la production monétaire créés sur lui ?’’
Ben oui, tel est effectivement le cas !
C’est que, T dépensant sur B les revenus que lui apporte la production monétaire, ces revenus sont l’équivalent EN MONNAIE de la totalité du produit RÉEL nouveau déposé en E. Ce qu’instantanément il gagne de ce fait, ce sont des droits ou des titres à la totalité de ce produit, droits ou titres qui, sur lui (T), vont répéter la répartition du produit formé ‘’monétairement’’ moyennant le concours des 3 pôles B, E et T du circuit.
D’où le fait que, au terme (instantané) des circuits (instantanément clos) de la monnaie et des revenus qui sont donc l’essence de la production (du produit) avec un prix, ce qu’il y a en T, face à E où le produit réel nouveau se trouve déposé (cf. le Schéma n° 2 supra), c’est des titres à ce produit nouveau (et NON PLUS des revenus –ceux-ci ont immédiatement été dépensés !), titres que, dans le temps, les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ feront valoir à leur totale discrétion auprès des entreprises.
C’est là où ce que l’on peut comprendre (et qu’il est absolument ESSENTIEL de comprendre !) c’est que, lorsqu’elle ‘’finance’’ la production avec un prix (étant entendu qu’en réalité, elle la monétise -ce est tout autre chose !), la création monétaire ne peut certainement pas être portée au crédit des ‘’BANQUES’’ : conceptuellement, la création monétaire ne se fait-elle pas À ÉGALITÉ sur les TROIS pôles du circuit que sont les ‘’BANQUES’’, les ‘’ENTREPRISES’’, et les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ ?
Ce qui serait exorbitant serait donc de prétendre que, tout comme lorsque les banques prêtent des capitaux (de la monnaie avec un pouvoir d’achat) à la production, la création monétaire impliquerait que des intérêts leur soient dus : ce serait une erreur GRAVISSIME ; encore une fois, quand, dans la production avec un prix, les banques créent de la monnaie ex-nihilo (= du néant !), ce que l’on doit dire s’agissant des revenus que reçoivent les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ est que ces revenus, en réalité, c’est eux-mêmes (eux-mêmes !) qui les ont financés !
C’est là aussi où (s’agissant donc du financement de la production) ce que l’on peut apercevoir, c’est la possibilité que, concurremment à de la monnaie comme simple forme (c'est-à-dire de la monnaie tirée du néant = ex-nihilo), les titres détenus en T comme droits sur le produit soient utilisés pour acheter du travail, c'est-à-dire payer des salaires : ces titres ne sont-ils pas des droits à un produit réel ? ; et payer des salaires, n’est-ce pas, évidemment, rémunérer le travail par des droits sur un produit réel ?
A ce sujet, vous savez quoi ? Eh bien qu’avec ces titres (cf. ma prochaine édition dans laquelle, par-delà tout ce qui en est si communément dit, j’essaierai de comprendre ce qu’il en est VRAIMENT de la crise ‘’systémique’’ du capitalisme), ce que nous aurons devant nous, c’est le CAPITAL.
En tout cas, ce que l’on peut maintenant parfaitement comprendre, c’est que la dépense instantanée des revenus par leurs titulaires (contre des titres au produit déposé en E) n’est pas l’écoulement du produit : elle n’est relative qu’à la nécessaire monétisation du produit (par son prix global –d’où, ceci par définition des prix, la répartition AVANT marché du Produit global nouveau entre Salaires globaux et Profits globaux). C’est que, ne nous lassons pas de le dire et le redire, l’approche économique du réel présuppose l’existence du réel comme réel économique, c'est-à-dire comme réel doté d’un prix (étant bien entendu que, d’abord, ceci sauf à prétendre que le monde a été créé avec un prix, cette condition n’est pas satisfaite).
En même temps, on comprend pourquoi ce que l’on peut dire est que, pour totalement savoir l’instantanéité des circuits de la monnaie et des revenus, ce qu’il reste maintenant à comprendre, c’est l’écoulement du produit… dans le temps.
Sauf que ça (rassurez-vous !), ce sera pour la prochaine fois.
JT