La production : NON PAS un échange (travail contre produit) ;
‘’sous’’ le circuit et le contre-circuit de la monnaie :
monétisé par les BANQUES, le CHANGEMENT du travail en son produit
Mais n’oublions pas la promesse que nous avons faite à la toute fin du précédent article. Avant toute chose, commençons donc par montrer que ce qui en effet est impossible, c’est que la production soit conçue ainsi qu’elle l’est ‘’naturellement’’, c'est-à-dire comme un échange, en l’occurrence, celui du travail contre de la monnaie –et donc en effet (la monnaie donnant accès au produit) : travail contre produit.
Tout vient de ce que l’on peut voir comme le ‘’must’’ des ‘’must’’ de l’économie telle que TOUT le monde la voit (donc -hélas !- pas simplement les seuls néo conservateurs !), savoir la dichotomie produit/monnaie (ici, la monnaie, là les biens). Or, cela veut dire qu’alors, la monnaie est un actif ; alors, la production est un échange : entre les ‘’ENTREPRISES’’ et les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ (sur ces deux catégories d’ ‘’agents’’, cf. les précédents articles de ‘’Sur la monnaie’’), celui de la monnaie contre le produit.
Or, faisons le bilan d’un tel échange (''de production’’) :
avant la production, les ‘’ENTREPRISES’’ détenant la monnaie, elles possèdent la totalité de la valeur existante ; soit 100 cette valeur ;
dans la production, les ‘’ENTREPRISES’’ échangent 100 (de monnaie comme actif) contre 100 de produit nouveau. Perdant – 100 de monnaie pour gagner + 100 de produit, elles conservent donc leur actif en l’état, c'est-à-dire au niveau + 100. Quant aux ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ qui échangent 100 de produit contre 100 de monnaie, ils gagnent + 100 de monnaie pour perdre – 100 de produit ; bref, lorsqu’il est défini sur la tête des ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’, l’accroissement de valeur est… nul !
Qu’en est-il alors globalement de la valeur économique disponible au terme de la production ? Elle est de + 100, c'est-à-dire la… même que celle qui était disponible avant qu’une nouvelle production ait été effectuée. Le problème est évident : où est le produit nouveau que, par définition, la production est censée avoir créé ?
On peut maintenant passer à la démonstration de ce que c’est VRAIMENT que la production.
Cf. le précédent article de ‘’Sur la monnaie’’, le contre-circuit de la monnaie s’ouvrant et se fermant sur l’ensemble {E/T}, c'est-à-dire faisant exactement gagner à l’ ‘’ECONOMIE MOINS LES BANQUES’’ ce qu’il lui a fait… perdre[a], comment comprendre qu’au-delà de la formation d’un prix (par le circuit instantané de la monnaie) la production puisse être ‘’réelle’’ (et non pas la ‘’production’’ d’un simple prix, c'est-à-dire d’un simple contenant) ?
Ici, tout tient dans l’analyse serrée de ce qui est au cœur de la production ; tout tient dans l’analyse de ce qui est monétisé par le circuit instantané de la monnaie, savoir les ‘’rapports de production’’ entre E et T.
On l’a vu (c’est le précédent article), dans la production, en réalité, le circuit de la monnaie et son contre-circuit ‘’tournent’’ dans le même sens ; c’est l’essentiel.
Aussitôt, en effet, la conclusion s’impose : les ‘’rapports de production’’ de E et T ne sont pas un échange (c’est impossible puisque, dans le contre-circuit de la monnaie, ce qui va ‘’contre’’ la monnaie, en réalité, va… dans le même sens qu’elle) ; alors, contrairement à toutes les apparences, la valeur totale impliquée dans les rapports de production de E à T n’est pas la somme de deux valeurs (celles que E et T s’ ‘’échangeraient’’) ; cette valeur ‘’totale’’ est une valeur UNIQUE ; précisément, c’est la valeur (unique) du nouveau produit.
Alors, on le concédera, on est très loin (à mille lieues !) de toutes les représentations convenues de la production : décidément, la production n’est pas un échange ; la production c’est, dans une multitude de lieux, des plus ‘’vastes’’ aux plus ‘’minuscules’’ (de la plus grande des ‘’multinationales’’ à la plus petites des ‘’EURL’’), le changement de tous les travaux (celui du fondeur, du PDG, du coiffeur, de l’architecte, de la babby-sitter, du trader…) en la totalité des tangibles produits de ces travaux, ce changement étant monétisé par les Banques[b].
Cependant (cela va de soi), l’ ‘’ECONOMIE MOINS LES BANQUES’’ est la réunion des ‘’ENTREPRISES’’ et des ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ (l’ensemble {E/T}) ; la production étant la production d’une valeur unique formée sur E et T, comment comprendre qu’unique, cette valeur, en même temps, soit… sur E et sur T ?
La réponse tient dans le ‘’jeu’’ de deux questions/réponses :
Le produit nouveau est-il celui de T ?
Oui… sauf qu’il est en E.
Le produit nouveau est-il en E ?
Oui… sauf qu’il est à T.
Soit, mais cela, comment l’expliquer ?
Pour ce faire, commençons par revenir au schéma de l’article précédent ; et dans ce schéma, commençons par ‘’décontracter’’ l’ensemble {E/T} en ses deux éléments constitutifs, les pôles (E et T).
C’est le schéma n° 1 ci-dessous où, les phases du circuit de la monnaie étant (en rouge) numérotées 1 (entre B et E), 2 (entre E et T) et 3 (entre T et B), les phases de son contre-circuit seront (en noir) numérotées 1’ (entre T et B), 2’ (entre B et T), et 3’ (entre E et T)
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Schéma n° 1
Sauf que, partant du pôle T de l’ ‘’ECONOMIE MOINS LES BANQUES’’ pour rejoindre le pôle E de ce même ensemble, le ‘’vrai’’ contre-circuit de celui de la monnaie serait donc un ‘’circuit’’ qui… s’interromprait (en E) ; et le… circuit instantanément clos de la monnaie serait le support d’un ‘’contre-circuit’’ qui, pour l’éternité… resterait… ouvert (!!!!) ?
Convenons-en, l’incohérence à cet endroit est manifeste. D’où, dans le schéma précédent, l’adjonction d’un point d’interrogation à la phase ‘’3’ ’’ du ‘’contre-circuit’’ de la monnaie.
Or, ceci étant élémentaire (cf. la fin du 1er article de ‘’Sur la monnaie’’ –c’est précisément le point 4° de cet article), le ‘’circuit économique’’ fait bien plus qu’impliquer des ‘’ENTREPRISES’’ et des ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’. C’est que, si tel était le cas, T ne pouvant donner à E que ce que E lui aurait donné (et réciproquement), ils auraient beau faire, leurs tractations ne pourraient générer qu’un produit ‘’nouveau’’… nul !
C’est précisément à cet endroit que, transcendant les ‘’ENTREPRISES’’ et les ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’, l’institution (l’INSTITUTION !!!!) des ‘’BANQUES’’ change absolument tout : E donnant à T et, ‘’en contrepartie’’, T lui redonnant par l’intermédiaire de B, le résultat de ces deux opérations peut, sans contradiction, être positif ; en effet, ce qui circule de E vers T peut alors être cela même qui circule de T vers E (puisque, la circulation de T vers E se faisant alors par B, cette circulation se fait dans le même sens que lorsqu’elle se fait de E vers T).
Sauf qu’alors (la chose est parfaitement claire !), reste à expliquer d’où vient ‘’ce’’ qui circule de E vers T (‘’qui est cela même qui peut circuler de T vers E’’ – puisque, insistons-y, c’est par B, par B !, que T retourne à E ce que E lui a donné)… Précisément, l’analyse de la production comme changement du travail des ‘’TITULAIRES DE REVENUS’’ en produit de ce travail (c'est-à-dire la formation EX-NIHILO d’une nouvelle valeur –une valeur unique) est là pour le faire…
Le schéma définitif du vrai contre-circuit instantanément clos du circuit (instantanément clos !) de la monnaie est donc le suivant :
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Schéma n° 2
Ça n’est pas encore le circuit instantané des revenus ?
Bon, mais où ai-je dit que le présent article était le dernier de ‘’Sur la monnaie’’ ?
JT
[a] Le ‘’contre’’ contre-circuit de la monnaie, savoir… le circuit de la monnaie n’est-il pas le circuit qui, instantanément fermé sur B, reprend à l’économie ce qu’il lui a apporté, c'est-à-dire la monnaie ?
[b] Immédiatement, on comprend que, s’agissant du travail producteur (le changement du travail en son produit, ce changement étant monétisé par les Banques), ce qui est pertinent n’est pas que le travail se fasse moyennant l’utilisation de machines. Ce qui compte, c’est que le travail soit monétisé. Or qui a jamais vu que, abandonnée à elle-même, c'est-à-dire sans un être humain pour la mettre en œuvre, une machine puisse accomplir un travail monétisé par l’institution des Banques ? La conclusion est que le travail humain est bien le seul facteur de production et qu’enfin l’économie doit cesser de (vainement) rechercher l’impossible mesure de la contribution ‘’productive’’ du capital : décidément, n’en déplaise à tous les ‘’théoriciens’’ de toutes les ‘’fonctions de production’’ (où, en dehors de toute réflexion, la production est d’emblée conçue comme le résultat d’une ‘’combinaison’’ de Travail et de… Capital –d’où… la ‘’solution’’ du problème posé !), la ‘’question’’ à laquelle ces fonctions sont censées apporter une réponse est une question… qui n’a pas de sens !