Billet de blog 1 déc. 2022

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#3 [VIH/Sida] It’s a Sin / Agir pour ne pas mourir / Sid’amour à mort

Le collectif Inverti·e·s propose une série de billets collectifs composés de ressources culturelles qui ont fait et font notre formation politique. En cette semaine de 1er décembre, édition spéciale VIH/Sida ! « À lire », « À voir » & « À écouter »

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

À lire aussi : Le communiqué des Inverti·e·s pour le 1er décembre 2022

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It’s a Sin, 2021, Russell T Davies

Pour la journée de lutte contre le VIH / SIDA, aux Inverti.e.s, on ne peut que conseiller l’incroyable série It’s a Sin,
mini-série de 5 épisodes de 45 minutes, sur la lutte contre l’épidémie dans l’Angleterre des années 80, sortie en 2021. 

Pourquoi il faut la regarder ?

Illustration 2
It's a Sin - Série TV 2021 © Russell T Davies

Elle a été créée par Russel T. Davies qui nous avait déjà offert Queer as Folk version anglaise à la fin des années 90, ce qui avait drastiquement changé le paysage télévisuel et la représentation des pédés sur nos écrans. 

Elle dépeint l’impact dramatique qu’a eu l’épidémie sur nos communautés : l’homophobie de la société, la difficulté d’avoir accès aux connaissances liées à la maladie, la honte, les ruptures familiales, des morts solitaires mais aussi la difficulté de faire émerger la nécessité du port de la capote. 

Loin d’être uniquement dramatique, elle montre à quel point la solidarité est essentielle, ce qui est le point fort de la série c’est de montrer quelque chose que nous avons appris avec cette épidémie : le besoin d’une communauté qui se soutient les uns et les autres, qui luttent ensemble, pour ne pas crever en silence, tués par une société qui se fiche de laisser crever les pédés. 

C’est une série qui fait chialer mais aussi nous rappelle le besoin d’une communauté unie et soudée face à une société hétérosexuelle violente. 

En bonus, on peut écouter la chanson It’s a Sin, des Pet Shop Boys (1987) à l’origine du titre de la série. Ce que ça fait du bien ! 

Illustration 3

Agir pour ne pas mourir, 2005, Christophe Broqua

À partir d’une thèse sur l’engagement à Act Up,

Illustration 4
Agir pour ne pas mourir ! Act Up, les homosexuels et le sida, 2005, Christophe Broqua

Christophe Broqua raconte l’histoire de l’épidémie du sida par celles et ceux qui se sont battu.e.s. Du modèle importé des Etats-Unis jusqu’aux débats sur l’autodissolution, on replonge dans ce qu’a été l’une des associations les plus féroces des années sida. On y retrouve l’angoisse de la maladie, le sentiment d’être condamné dans un temps où la société diabolise la séropositivité. Fin des années 80, le milieu homosexuel participe à cette hostilité. Les gays méprisent les militant.e.s qui viennent tracter dans la queue du Palace. C’est quelques années plus tard, quand l’épidémie se généralise, que la maladie s’intègre à l’expérience homosexuelle. Effectivement, à cette époque, se construire comme gay et la présence de l’épidémie du sida se retrouvait associé. On comprend alors l’importance qu’a été Act Up pour de nombreux inverti.e.s de sortir du placard, de se redonner espoir dans une époque où le FN renomme le Sida : Socialisme, Immigration, Drogue, Affairisme. Act Up est une révélation après une période de confusion. C’est alors que l’association valorise la figure de l’homo séropo et en fait une référence joyeuse. Parce que Silence = Mort, on vous invite à vous replonger dans l’histoire d’Act Up, de ce qu’elle a représenté et dans ce qu’elle a porté de nouveau dans l’activisme.

Un bonus à ne pas rater : retrouvez le documentaire Act Up : Sida Guerilla (1993) réalisé par Vincent Martorana ! 

Act up : sida guerilla (1993) | DOCUMENTAIRE © Agence CAPA
Illustration 6

Sid’amour à mort, 1987, Barbara

Le 1er mai, on chante l'internationale, le 1er décembre, on chante "Sid’amour à mort" de Barbara. 

Cette chanson est devenue un hymne de la lutte contre le VIH/Sida, si bien que pour leur traditionnelle messe, sous le saint patronage de sainte Rita - patronne des causes perdues et désespérées et donc des hétérosexuels -  au festival Solidays, les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence du couvent de Panam se demandent chaque année si elles ne pourraient pas trouver aut' chose. Mais non. Y'a pas à tortiller du cul. On n'a rien fait de mieux... à l'occasion, et pour changer, on met du Mano Solo parce que bon... voilà.

Écrite dans la nuit du 9 au 10 septembre 1987 dans sa maison de Précy-sur-Marne cette chanson de Barbara rend hommage à ses amis emportés par le Sida. Discrètement mais sincèrement, elle a été une compagnonne de route des militant·es contre le VIH/Sida. À cette période, elle s'investit dans la collecte de fonds pour les traitements, elle rend visite aux malades dans les hôpitaux et secrètement dans les prisons. Lors de ses concerts, elle met des corbeilles de préservatifs à la disposition des personnes venues l’écouter. La chanson n'a jamais été enregistrée en studio, tous les enregistrements qu'il nous reste sont des concerts. Pensons à nos Mark Ashton, à nos Daniel Bensaïd et à nos Freddie Mercury que le Sida nous a volé et battons-nous pour que tout cela soit un vieux souvenir  ! Bonne saint Sida et... baisez couvert ! 

Barbara - Sid'Amour À Mort © Nami Moukheiber


Pour le bonus... cliquez sur le mot "prison" ci-dessus et n'oubliez pas : «Indétectable = Intransmissible»

Illustration 8
A New York, lors de la Marche des fiertés, en juin 1983. © (Barbara Alper/Getty Images)

À lire aussi : Le communiqué des Inverti·e·s pour le 1er décembre 2022

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