Ce si charmant Monsieur Xi

2017-11-05-17h39-29

Alors que l'Espagne contemporaine renoue avec les pires figures tutélaires de sa longue et terrible, tragique, histoire politique ou plus précisément, il a suffit d'un éternuement malvenu, parti d'un quelconque quelque-part d'entre ses rangs,  pour que l'affaire, toute intérieure qu'elle était, prenne de l'ampleur, et dans la foulée de la Fuite de Varennes d'un jeune et redoutablement intelligent jeune président élu par les siens, s'internationalise et devienne ce qu'elle portait en elle, en gestation,  depuis ses débuts, la possibilité perçue par tous, d'être un formidable détonateur relié en direct  à toutes les ocelles de la mosaïque contestatrice qui, en filigrane, truffe toute l'Union Européenne, faite par le rusé et avisé Carles Puigdemont caisse de résonance du conflit intra-européen avéré,  Espagne / Catalogne, comme il y eut les conflits à peu-près apaisés Angleterre/ Irlande catholique, ou qui couvent encore, Espagne/ Pays-Basque, vient d'éclater sous les yeux de l'Europe, le conflit Espagne/Catalogne, ( où, pour mémoire et infos, pas moins de 700 maires sur 900 sont susceptibles d'être mis en examen sur les mêmes chefs d'inculpation que ceux aujourd'hui intentés aux élus incarcérés, 150 élus, eux-aussi, attendent leurs inculpations ), l' U.E. vermoulue de résistances non encore advenues, jusqu'à présent tues et ou mises sous le boisseau, résistances à cet ordre économique tentaculaire qui enserre les peuples et à terme les affame avant que, d'une façon ou d'une autre, les jeter, par religion interposée, les uns contre les autres, ces uns comme les autres étant bien entendus eux-aussi friables intérieurement jusqu'à l’extrême, il a suffit d'un éternuement malvenu, ou venu à point nommé dans le contexte politique espagnol agité en son tréfonds alors qu'en surface une mer d'huile aux reflets qui rendaient tout semblable à tout, ciel et terre dans une même osmose presque indifférenciée, un peu comme en Grèce avec Tsirypras  ( et ses rapaces )  qui a,  poker menteur, ramassé la mise, Podemos ayant joué, les Cassandres le temps d'un bluff, pour que les masques tombent, que la cire fonde, et que la nature de l'enjeu apparaisse dans sa toute possible tragique dimension, démultipliée encore, s'il était besoin, par la bêtise politique, venue en catimini, bonnet d'âne et de nuit à la façon d'un Luis Buñuel dans le Charme Discret de la Bourgeoisie, d'un autre âge et dont témoignent, devant les populations d'une Europe médusée par tant de malvoyance politique et de sombritude intellectuelle,  les responsables politiques de Madrid aux relents de la puanteur du franquisme, de l'autre coté de la planète, en parfaite synchro, sur le thème analogue du pouvoir impavide, de la statuette d'airain, de la sécession et du séparatisme, un autre Raroille, mais oh !... combien tellement plus dangereux et à la puissance tellement plus dévastatrice, quasi absolue tant économique que militaire, à la tête de la grande-Fonderie du Monde de demain, d'où le monde sortira exsangue, mort ou vif, et en quel état, Xi, le leader chinois, à l'occasion et lors de son Discours d’Ouverture du 19ème Congrès du Parti Communiste de Chine ( le très sinistre et lugubre P.C.C. aux 80 millions de membres encartés, la population de toute l'Allemagne  ... !)  Xi se fera, on ne peut plus explicite, explicite et menaçant,  « Nous ne permettrons jamais à quiconque, à aucune organisation, ou à aucun parti politique, à tout moment ou sous quelque forme que ce soit, de séparer une partie du territoire chinois de la Chine ».

Foi de raroille, l’Europe n'a qu'à se bien tenir.

Foi de Xi, le monde.

Quand un porteur d'apocalypse politique se lève quelque part, un modèle-réduit fait son apparition à Madrid.

Étrange mode de validation du pire par le moindre.

Déjà la Belgique ( alors que le Premier Catalan se rend, ce jour,  à la police belge )  par la voix de ses politiques, compte ses morts de jadis, le climat va en se détériorant ...

" We gedenken de Spaanse Furie, de bloedigste dag in onze geschiedenis. 10.000 Antwerpenaren werden 441 jaar geleden vermoord onder Filips II "  déclare, dans un Tweet, le Bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, Président de la N-VA, Parti Nationaliste flamand, qui a participé à de nombreuses reprises au gouvernement belge.

La N-VA défend les intérêts de la Flandre et souhaite son indépendance. 

" Nous commémorons la furie espagnole, le jour le plus sanglant de notre histoire. 10 000 Anversois ont été tués sous Philippe II il y a 441 ans."

Après avoir déclaré mardi que le ministre-Président Catalan destitué Carles Puigdemont était " un ami que l'on ne laisse pas tomber ", en faisant allusion à un événement historique espagnol aux conséquences qui ne sont pas sans échos quelque peu familiers avec l'idée de sécession et d'indépendance, le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, a ainsi manifesté de manière plus qu'explicite des critiques envers le gouvernement espagnol.

Bart De Wever fait en effet référence au sac d'Anvers, connu comme la Furie Espagnole ou Furie d'Anvers aux Pays-Bas, en Belgique et en Angleterre. Entre le 4 et le 7 novembre 1576, des soldats espagnols ont tué plusieurs milliers d'Anversois.

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Ce drame a été l'élément déclencheur du soulèvement des provinces des Pays-Bas espagnols qui restaient encore loyales à la couronne espagnole lors de la Guerre de Quatre-Vingts Ans.

 Espagne / Catalogne : rappelons les 700 maires sur 900 sont susceptibles d'être mis en examen sur les mêmes chefs d'inculpation que ceux aujourd'hui intentés aux élus incarcérés. 150 élus eux-aussi attendent leurs inculpations.

"Je crains que le Premier ministre espagnol a joué un jeu très cynique, dans lequel il a eu recours à la violence contre ses propres citoyens. Il a poussé les Catalans dans un coin et il l'avait prévu " dira le Bourgmeister d'Anvers.

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L’Espagne pue le franquisme

L'heure des dictateurs

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Où est la démocratie en Espagne ?

Le silence des leaders politiques européens est très inquiétant. Ils sont dépassés par ce qui se passe, quant aux questions mièvres de nos médias nationaux , elles sont encore plus inquiétantes.
Que l'on soit contre l'indépendance d'une région autonome, cela peut se concevoir, s'entendre, s'expliquer, par contre, ne pas signifier sa position alors que le commentaire est à charge, j'appelle cela de l'hypocrisie et c'est honteux.

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en est rendue la Démocratie sur la planète que Xi s'accapare peu-à-peu par les mots qu'il brandit menaçants, à l'adresse de tous, avant que de leur mettre le mors aux dents et les cranter des chenilles de ses blindés.

est la démocratie sur la planète pour qu'aucune voix ne se lève ?  Pour que plus rien ne soit audible qui en évoquât au moins la possibilité de la contrarier, la volonté d'au moins tenter de l'enrayer.

Le dictateur Xi s’engage à sévir contre les « séparatistes » au Tibet et au-delà…

« Nous ne permettrons jamais à quiconque, à aucune organisation, ou à aucun parti politique, à tout moment ou sous quelque forme que ce soit, de séparer une partie du territoire chinois de la Chine »  a déclaré le Président Xi Jinping, lors de son discours d’ouverture du 19ème Congrès du Parti Communiste de Chine ( P.C.C.). Une indication de la ligne de fer de sa politique  inchangée pour le Tibet.

Parmi les nombreux territoires et pays sous domination chinoise Han qui appellent et aimeraient espérer des changements dans le statu quo, des nuées de populations mises à mal, des territoires immenses au sous-sol richissime, on compte le Tibet, le Xinjiang, Taïwan et Hong Kong.

Xi aura été particulièrement prolixe lors de ses déplacements à Taïwan, comme à Hong Kong, où des soulèvements répétés et des appels continuels à l’indépendance ont émaillé tout son premier mandat. Pas besoin d'être grand-clerc et fine oreille pour entendre ce que dit Xi. Ses mises en garde et menaces s'adressent à tout ce qui s'insurge et que Xi considère chinois. Tibet-occupé par-dessus-tout inclus.

« Nous ne permettrons jamais à quiconque, à aucune organisation, ou à aucun parti politique, à tout moment ou sous quelque forme que ce soit, de séparer une partie du territoire chinois de la Chine« , déclarait Xi Jinping dans son discours de trois heures et demie à la Grande Salle du Peuple de Pékin, ce 19 octobre dernier.

Dans un passé très proche, à l'occasion d'un discours analogue, la tasse de thé fumant réservée à Xi était précautionneusement déposée à son pupitre, dans sa soucoupe, par une personne qui, elle-même, était suivie et surveillée de très prés par un garde-rouge. Quand la confiance n'est pas au rendez-vous, on le voit la sécurité la plus absolue ( et la plus aveugle ) y remédier.

« Nous allons résolument sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et nous ne tolérerons absolument pas la tragédie que serait une scission du pays. Toute activité visant à diviser la patrie sera fermement combattue par tout le peuple chinois. Nous avons une volonté de fer, assez de foi et une capacité suffisante pour vaincre toute intention d’« indépendance de Taïwan » sous quelque forme que ce soit «  va marteler Xi Jinping à Taiwan.

En ce qui concerne Hong Kong, le dictateur du régime des hans a déclaré:

- « Nous devons maintenir l’autorité centrale à Hong Kong et garantir l’autonomie de Hong Kong en même temps. Nous devons veiller à ce que la politique « un pays, deux systèmes » ne change pas et ne se déforme pas. » 

Il réitérait aussi l'affirmation que tout appel à l’indépendance était hors de question.

Autre fait marquant et hautement symptomatique de l'accession de Xi au Suprême Symposium des grands au-dessus duquel il n'est rien.

Au cours du Congrès du Parti, Xi Jinping a été consacré comme le dirigeant le plus puissant de la Chine depuis Mao Zedong.

En effet,  le Parti aux 80 Millions d'encartés, a voté, à l’unanimité, l’ajout, dans la Constitution du Parti Communiste Chinois, d’une Nouvelle Pensée Politique au nom de Xi.

Depuis la fondation du P.C.C. en 1921, il n'est qu'un seul dirigeant à avoir été ainsi honoré de cette façon, un seul dirigeant, il avait pour nom  Mao-lui-même, et l'avait été de son vivant.

Lors des derniers défilés militaires d'une ampleur absolument inégalée, au vu du spectacle et de son énormité réglée au millionième de millimètres du pas-cadencé et du rugissement des rutilants fauves aériens porteurs de missiles, si l'on en croit la maxime romaine,  Si vis pacem, para bellum  «  Si tu veux la paix, prépare la guerre  » ou sa similaire Igitur qui desiderat pacem, praeparet bellum,  alors au regard de la guerre préparée, c'est la paix éternelle qui nous est annoncée de la sorte par Xi, le dictateur de Pékin qui avait bien pris soin de remettre au gout du jour, haut grand et visible ( même des aveugles ) et de toutes les caméras du monde ( tétanisé ) le portrait de Mao ( surpris-lui-même ) pour l'égaler ( là c'est fait par la Constitution ) et le dépasser ( ça c'est pour la prochaine fois ) ...  si les Dieux de l'Olympe et de la Rome Antique y consentent ou le peuvent. Ou nous octroient la possibilité d'une féérique autre-fois.

Au pouvoir de Xi rien n'est impossible. Paraitrait même, aux dires de certains, que suffisamment persuadé de sa grandeur et de sa puissance sans égales, il remonterait le temps. Comme le saumon va au frai. 

Au Tibet, la répression (impitoyable)  de la corruption étendue à tout l'empire du dragon et au sein du Gouvernement et du Parti Communiste Chinois, au cours de son premier mandat de cinq ans, a été utilisée comme outil pour consolider son autorité, comme levier d'actions, qui, toutes concourraient à asseoir le plus définitivement son pouvoir phénoménal, et éliminer tout simplement ses opposants, le tout accompagné de l'habituelle campagne anti-Dalaï-lama et de l'intensification de toutes les formes de répression.

Les médias chinois ont connu des restrictions croissantes depuis l’arrivée de Xi au pouvoir. Le 2 novembre 2016, Reporters Frontières ( R.S.F. ), l’ ONG basée à Paris, déclarait que « la Chine reste le premier pays au monde pour la censure, l’autocensure et la suppression des nouvelles et informations librement rapportées ».

R.S.F. a également publié une galerie de 35 prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, dont Xi Jinping. Son « kill tally » compte plus de 100 journalistes et blogueurs actuellement emprisonnés.

Les représentants des cinq principales ONG tibétaines, en s’adressant aux membres des médias à Dharamsala, en Inde, le 17 octobre 2017, ont qualifié le président chinois Xi de « Dictateur du monde Non-libre», qui comptabilise cinq années d’échec complet au Tibet.

Ils concluaient ainsi : «  Lorsque Xi a été nommé président du Parti communiste chinois, beaucoup de gens dans le monde espéraient un changement positif et l’assouplissement des politiques sévères au Tibet. Mais Xi n’a pas réussi à répondre à ces attentes et à ces espoirs. »

 merci à  France-Tibet  et The Tibet Post International, à Pierre-Paul Battesti, joelle ...

 

« l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droit de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ».

C’est sur cette base, article 2 du traité sur l’Union qui énumère les valeurs européennes, et donne une base à une intervention dans les « affaires intérieures » d’un État,  (et celui de l’article 7 du même traité) que la Commission est pourtant intervenue auprès des autorités hongroises, polonaises ou même françaises (à propos des droits des Roms), fait remarquer Jean Quatremer.

 

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Un drame humain, un génocide se déroule sous les yeux de tous. Un peuple est à l'agonie, mis à terre, et bientôt en terre,  par la Chine dans la plus grande indifférence générale.

Le Tibet et son peuple. Piétinés, souillés, tués par l'armée. Les tibétains ne peuvent répliquer devant tant de violence !

Un Peuple pacifiste ne cherchant qu'à vivre librement sa culture, ses coutumes, sa religion.

Combien de temps fermeront-nous les yeux devant le spectacle de cette barbarie.

Combien de temps encore détournerons-nous le regard de ce peuple meurtri, de ces enfants, ces femmes, ces hommes obligés de fuir leur pays, de ces moines qui s'immolent par le feu en signe de révolte dernière et ultime !

Ne voyez vous pas, vous les politiciens...

Que si vous continuez à ainsi faire la sourde oreille aux cris de désespoir de cette population, que si vous continuez à cautionner de telles infamies, vous renforcez le pouvoir immense de la Chine, et qu'à plus ou moins long terme, ce sera nous qui subirons la répression chinoise sur notre propre sol !

Comment être fier de soi, comment garder et conserver l'estime de soi  dans de telles circonstances ?

Il ne suffit pas de dire ... d'agiter ... drapeaux et bannières sacrées et colorées ... au pays des Droits de l'Homme et dans le monde car les paroles s'envolent et ne restent que vos actes ou plutôt votre immobilisme dicté par le pouvoir de l'argent et de sa puissance terriblement  mortifère.

Dicté ...

Par la peur de la Force.

Par le pouvoir de la Peur.

Par la Peur ...

Lâchetés aux dos ronds,

...

 

 

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                                                                    Luis Buñuel

 

                                       « Ils se retrouvent fiers comme des hommes »

 

Luis Buñuel à propos de Robinson et Vendredi.

Entretien avec Luis Buñuel par André Bazin et Jacques Doniol-Valcroze.

 

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