Sachant à quel point les conditions d'accueil se sont durcies dans notre pays, et connaissant très bien les risques que courraient sans le moindre doute possible des Tibétains refoulés vers la Chine, nous ne pouvons qu'appeler la plus large partie possible de nos concitoyens à venir en aide à ces personnes. C'est leur vie même qui se joue en ce moment, en fonction des décisions qui seront prises sur leur maintien en France. Sachant l'extrême difficulté qu'il y a déjà à quitter le pays, puissent-ils ne pas avoir à nouveau des épreuves -pires encore- à subir bientôt. Surtout, ne les laissons pas être renvoyés, ils ne demandent qu'à vivre paisiblement comme chacun de nous devrait pouvoir le faire partout dans le monde.
URGENT - Conflans Sainte Honorine (78) France -
Des Tibétain-e-s éxilé-e-s dorment sous un pont
Si vous voulez aider ces Tibétain-e-s du pont, vous pouvez contacter l'Association France Himalaya Tiers-Monde - 19 Rue Eridan - 91100 VILLABE – France - Tél.: 01 60 86 26 13– - Mail : france.himalaya.tm@online.fr
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Conflans-Sainte-Honorine, le 14 juin 2014. En attendant la décision de l’Office de protection des réfugiés, ces exilés tibétains ont décidé d’installer leur campement de fortune sous ce pont. (M.C.)
Les habitants de la rive gauche de Conflans-Sainte-Honorine ont pu le constater : depuis quatre mois, plusieurs réfugiés tibétains dorment sous le pont de la N 184. Ces hommes et femmes, âgés de 25 à 43 ans, demandent l'asile politique en France. Les nouvelles de Chine le rappellent souvent : « Au Tibet, on ne respecte pas les Droits de l'homme comme en Europe, affirme dans un bon anglais Ngawang Kalsang, 26 ans. Notre culture tibétaine et notre langue sont bafouées par les autorités chinoises. Nous ne pouvons pas exprimer nos opinions, comme celle de voir le dalaï-lama revenir au Tibet, sous peine d'aller en prison. »
Ce bouddhiste pratiquant a décidé de quitter son pays après avoir été pris en chasse par la police chinoise. Guide touristique au Tibet, il s'épanchait trop librement auprès des étrangers sur les conditions de vie des Tibétains en Chine. Arrivé à Paris en provenance du Népal il y a un mois, ce jeune homme affirme avoir payé un passeport et un billet d'avion pour près de 3 000 $. Ngawang ne savait pas où se diriger pour retrouver des compatriotes en exil.
Après son atterrissage à Roissy, il a passé quelques nuits le long des routes avant d'arriver au pont de Conflans. Aujourd'hui, il attend la décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). Une instance qui pourrait lui délivrer sa demande d'asile.
Mais ses compagnons d'infortune ne peuvent pas tous être pris en charge par un centre d'accueil des demandeurs d'asiles. Conséquence : ceux qui ont élu refuge sous le pont de Conflans doivent dormir à deux sur des matelas une personne, dans un environnement très bruyant fait de vibrations de poids lourds incessantes. « Au moins, maintenant c'est l'été et il fait moins froid la nuit », se contente Pema Iashi, 26 ans.
Avant de quitter leur pays, la plupart d'entre eux avaient déjà entendu parler de l'association la Pierre blanche, à Conflans. Cette structure les accueille le jour mais aussi la nuit, pour ceux qui sont hébergés sur le bateau « Je Sers ». « Avant qu'ils dorment sous le pont, la commune était depuis longtemps une destination connue des demandeurs d'asile tibétains, affirme Philippe Court, sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye. On peut dire qu'il y a des habitudes dans les flux d'asile et que le bouche-à-oreille fonctionne. Il faut également souligner que c'est une population très paisible, avec qui on ne rencontre aucune difficulté à communiquer. » A la Pierre blanche, les avis sont les mêmes : « Je suis très admiratif de leur comportement, affirme Christian Souchon, président de l'association. Ils vivent tous des moments extrêmement durs. Ils sont loin de leur famille, ont traversé le monde pour fuir une situation très difficile et ils ne se plaignent pas. » Sans oublier qu'ils participent à l'intendance de l'association : « Ils cultivent des légumes dans nos champs et ces aliments servent ensuite pour les repas que l'on sert à nos hôtes », ajoute Christian Souchon.
Malgré la rudesse de ses conditions de vie, Pema Iashi affiche sa satisfaction : « Ici, on peut au moins se rassembler et parler notre langue. Par contre, certains d'entre nous ne maîtrisent pas très bien l'anglais. Et c'est frustrant car nous voudrions parler du Tibet aux habitants de la ville, aux Français, leur parler de la souffrance de notre peuple. » Cette volonté se traduit par l'accueil chaleureux que quiconque cherchant à communiquer avec ces demandeurs d'asile reçoit s'il se rend sous le pont de Conflans-Sainte-Honorine.