Deux tibétains s'immolent, un autre, détenu, se meurt

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Dharamshala 16 Mars,

Un moine tibétain s'est immolé par le feu aujourd'hui pour protester contre l'occupation chinoise du Tibet et sa ligne politique extrêmement  dure qui sévit  dans la région agitée de Ngaba, a déclaré Kanyag Tsering, un moine tibétain de monastère de Kirti.

Khechok Palden, également connu comme Lobsang Palden, moine du monastère de Kirti, jeune homme d'un vingtaine d'années, vient de  se mettre le feu en signe de protestation contre la politique de la ligne dure de la Chine,  à la " Pawoe Sanglam » ( rue des Martyrs ) à Ngaba, aux environs de 11h30 ( heure locale ).

La police chinoise s'est immédiatement rendue sur le lieu où le jeune homme s'est auto-immolé en signe de protestation, a aspergé le corps en feu, et l'ont emmené dans un véhicule. Rien n'a filtré de l'état de santé de Khechok Palden. On ne sait pas s'il est encore en vie ou a succombé à ses brûlures .

Ce 16 mars 2014  marque la sixième année depuis le début, en 2008, des manifestations de Tibétains dans Ngaba, au cours desquelles de nombreux  tibétains sont morts, ont été torturés ou emprisonnés, alors qu'allaient débuter les Jeux olympiques de Pékin. Trois moines du  monastère de Kirti  sont morts depuis 2011, de la même manière,  en mettant le feu à leur corps,  à la même date ( Mars 16) et, au même endroit .

Il s'agissait de Lobsang Phuntsok (2011 ) , Lobsang Tsuiltrim (2012 ) , et Lobsang Thokmay (2013 ) .


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Avant de se mettre le feu, Palden avait  laissé un message-texte dans son téléphone dans lequel il a prié pour ses parents, ainsi que les autres  membres de sa famille, des enseignants et des relations.  Il a également appelé à l'unité parmi les Tibétains . " Nous devons maintenir des relations cordiales avec les autres, en particulier avec le chinois parce que si nous sommes unis et témoignons de l'amour les uns pour les autres, peu importe ce que nos pensées sont, cela va nous permettre de mieux communiquer les uns avec les autres ».

 

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Après son auto-immolation de protestation contre l'occupation du Tibet, la situation dans la région reste tendue avec les autorités chinoises locales qui déploient un  grand nombre de forces de sécurité armées dans la ville de Ngaba .

C'est le troisième tibétain qui, en signe de protestation,  s'auto immole, depuis le début de l'année 2014.

Le frère cadet de Lobsang est également moine dans le même monastère. Lobsang avait vécu dans le monastère depuis son enfance .

Lobsang Palden est  le 128e tibétain à s'immoler pour l'auto-détermination du Tibet et pour protester contre l'occupation chinoise du Tibet et de sa politique inique, depuis 2009.

Pendant ce temps, des rumeurs non-encore-officiellement confirmées,  font état d'un second cas, plus tôt ce même matin, d'auto-immolation par le feu d'un moine Tibétain dans le comté de Tsekhog.

Aujourd'hui est aussi le jour de miracles, selon le calendrier bouddhiste tibétain.

 

         Khenpo Kartse,  moine Tibétain détenu,  dans un état critique.


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                                                                             Khenpo Kartse


L'état de santé de Khenpo Kartse, un religieux tibétain, enseignant réputé et très populaire,  détenu depuis maintenant trois mois s'est brutalement agavé et et fait craindre le pire, selon un avocat, qui a pu l'approcher pour la première fois depuis son incarcération, et demande que ses conditions de détention soient améliorées. 

Khenpo Kartse, qui a été arrété  par la police dans la province du Sichuan, au début de Décembre, est incarcéré dans la préfecture de Chamdo, de la Région Autonome du Tibet ( en chinois, Changdu ) dans " une pièce extrêmement froide, sans chauffage, sans fenêtre et sans la possibilité de voir la lumière du soleil et mal nourri " selon une source autorisée et proche de ce dossier, d’après le service tibétain de RFA.

Et quant à ses problèmes de santé antérieurs à son arrestation, et,  pour lesquels Kartse était suivi  et qui nécessitaient des soins réguliers, la même source précise que rien n'a été fait pour les poursuivre depuis qu'il a été placé en détention. 

" Son état de santé est devenu très précaire »,  " Il a des problèmes avec son foie et les poumons. Il tousse et crache du sang, et a le dos et la taille perclus de douleurs ".

Après avoir rencontré pour la première fois,  Kartse, le 26 février, l'avocat de la défense Tang Tian Hao en a appelé aux  autorités chinoises afin qu'elles permettent et autorisent que soient  pratiqués, sur le moine,  les examens médicaux adéquats, et a-t-il précisé " comme prévu par la loi ".  

" Il a également exigé que Khenpo soit autorisé à prendre une douche, et qu'il soit transféré à une partie du centre de détention qui ait un  accès à la lumière du soleil . "

Cependant, la police de la prison a fait savoir à  l'avocat de Kartse qu'ils transmettraient ses demandes aux « autorités qui s'occupent de son dossier ".

«Activités anti-étatiques»

Kartse  - qui détient le titre de " Khenpo ", titre qui désigne un enseignant religieux de haut-rang, supérieur, ou abbé - a été arrêté le 6 décembre à Chengdu, capitale de la province du Sichuan à proximité, pour des soupçons de participation à des activités « anti-Étatiques » auxquelles il se serait livré dans un monastère de Chamdo .

Kartse est désormais spécifiquement accusé d'avoir d'héberger et offert  l'hospitalité à des moines fugitifs du monastère de Karma à Chamdo,  dans son propre monastère de Japa, dans le comté de Nangchen ( Nanqian ), préfecture de Yulshul (Yushu)  de la province du Qinghai.  Son avocat Tang a rejeté cette accusation, et l'a qualifiée de " totalement irréaliste " , a indiqué la même source proche de l'affaire.

" Son avocat a réitéré à de nombreuses reprises son rejet des accusations et des charges  «  pas compatible avec la réalité », qui pèsent contre le moine de haut-rang en très mauvaise santé. L'homme de loi a exigé que Khenpo Kartse soit  libéré en raison de son état de santé, mais les autorités ont refusé de l'entendre et d'accéder à sa demande, arguant de leur refus de libérer l'homme très malade qui croupit sans soin dans une geôle gelée sans lumière et sans fenêtre, par " les aspects de son cas relatifs à la sécurité ". 

Les moines et les différents et nombreux  membres de la communauté tibétaine dans la ville natale de Kartse, Nangchen sont « très déçus et inquiets par la tournure que prend cette affaire, et sont préoccupés par les rapports de l'état de santé de Khenpo », toujours selon la source .

Seize moines du monastère de Japa qui avaient été interpellés, depuis la  fin Décembre,  par les autorités chinoises,  après avoir protesté à  Nangchen, contre la détention de Khenpo Kartse, ont été partiellement libérés par la suite, dont, finalement, les derniers furent libérés le 21 janvier.

Le premier groupe de neuf moines libéré au début de Janvier  " a fait savoir aux autres moines, avoir été, pendant leur détention, longuement  interrogés sur les contacts avec " l’extérieur "  dont pouvait disposer Khenpo Kartse ",  concernant notamment  les protestations et les conditions de la vie sous la férule chinoise.

« Ils avaient l'impression que les Chinois cherchent des excuses pour imposer des sanctions sévères au Khenpo . "

Culture tibétaine Promu

Khenpo Kartse, qui est également connu comme Karma Tséwang, est très  respecté par les Tibétains pour son travail de promotion de la langue tibétaine, de la culture et la religion tibétaines.

Il a également été socialement fort actif dans la région de Yulshul , y compris et particulièrement en organisant  les secours à la suite d'un tremblement de terre dévastateur d'avril 2010.

Les Tibétains ont organisé des manifestations sporadiques contre les violations des droits de l'homme par les autorités chinoises et la politique inique de Pékin dans les régions tibétaines depuis les  nombreuses protestations et manifestations qui ont balayé la région en 2008. .

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