Tibet, jours de fête !

Qiao Shi, le dirigeant chinois qui, lors d'une visite au Tibet, en juillet de 1988, avait ordonné une " répression impitoyable " d'absolument  toutes les formes de protestation contre la domination chinoise, est décédé, à Beijing, le 14 juin, à l'âge de 91 ans, des suites d'une maladie, a rapporté l'agence de Presse officielle chinoise, Xinhua, citant une notice nécrologique émanant du Comité central du Parti Communiste Chinois (P.C.C), organe de direction des 80 millions d'encartés Han au parti communiste chinois.

Qiao Shi, le dirigeant chinois qui, lors d'une visite au Tibet, en juillet de 1988, avait ordonné une " répression impitoyable " d'absolument  toutes les formes de protestation contre la domination chinoise, est décédé, à Beijing, le 14 juin, à l'âge de 91 ans, des suites d'une maladie, a rapporté l'agence de Presse officielle chinoise, Xinhua, citant une notice nécrologique émanant du Comité central du Parti Communiste Chinois (P.C.C), organe de direction des 80 millions d'encartés Han au parti communiste chinois.

Qiao remplit les fonctions de Président du Congrès National du peuple,  (N.P.C.)  de 1993 à 1998, et membre permanent du Comité  du Bureau politique du Comité central du P.C.C., c'est à dire au sommet de la chaine de commandement.


                   Ou plus exactement, il eut été incorrect et indécent d'afficher son image.


Avant cela, il fut à la tête de la Commission centrale du PCC pour le Contrôle de la Discipline de 1987 à 1992.

C'est en cette qualité qu'il visitât le Tibet-occupé, alors que s'y déroulait toute une série de rassemblements de protestations pacifiques dans sa capitale, Lhassa, et ce depuis le 27 sep 1987, et qu'il fit ouvrir le feu sur la population tibétaine y perpétrant un massacre devant l'un des hauts lieux du Bouddhisme tibétain, le temple du Jokhang, petite - petitesse tout relative mais en comparaison du Potala et de la magnificence et des dimensions de ce palais aux centaines de pièces, résidence des  Dalaï-lama en leur capitale -  petite merveille en tout point, maintenant bien esseulée parmi ce mauvais compagnonnage architectural Han qui l'enserre de toutes parts et, définitivement, - quoique qui se targue du caractère définitif des choses fait, à tort, fi de l'impermanence subreptice qui a finalement bien raison de tout -  arraché à sa séculaire tranquillité paisible faite d'harmonie subtile, fort propice à la réflexion. 

Il fit donc tuer de très nombreux tibétains, en donna l'ordre sans sourciller, comme le rapportera plus tard un officier sous ses ordres :  " ... Tuez les Tibétains ", et quant  à ceux qu'il ne tua pas, ou ne fit pas tuer, c'est par milliers qu'ils furent internés, incarcérés, et livrés, sans défense, à la haine et à la vindicte de leurs bourreaux. La scène, mais il y en eut d'autres, similaires de par bien des lieux des hauts-plateaux, se déroulait un 10 décembre 1988. Et n'en finit pas de se dérouler ...

L'avis de décès du Parti décrivit Qiao sous ses meilleurs atours, mit en lumière et en exergue l'excellence de ce membre du Parti, communiste et soldat émérite et fidèle,en tout point remarquable et remarqué révolutionnaire, homme d'État et leader du Parti et de l’État, et sa mort fut considérée comme " une grande perte pour le Parti et le peuple ".

Preuve s'il en est, et preuve explicite que le peuple Tibétain ne doit pas vraiment faire partie de la mère-patrie du peuple Han, puisque qu'il ne se trouvera aucun tibétain, si-même empli de compassion pour l'être sensible qui, ainsi, trépasse, pour voir dans sa disparition une grande perte et le regretter.

                                                                                            Yonten Rabgyal

 

La violence des nervis du Parti du peuple continue de s'abattre inlassablement sur la population tibétaine, censure, arrestations, là un chanteur qui avait poussé avec trop d’enthousiasme la chansonnette jusqu'en ses limbes par trop subtiles pour la soldatesque toujours à l'écoute, ailleurs un poète,  ici d'un jeune homme récidiviste de 26 ans, Yonten Rabgyal, pour avoir twitter, - les tibétains aussi sont tous comme nous, en liberté très surveillée, mais en plus ils ne peuvent plus, dixit  Lobsang Sangay, le Premier Ministre du gouvernement tibétain en exil, se déplacer, c'est à dire franchir le seuil de leur domicile en direction de l'extérieur, genre sur le perron, ils ne peuvent plus y aller sans leur carte identité d'eniéme génération, avec puce intégrée qui condense tout leur pédigrée et relate chacun de leurs déplacements ... - Yonten Rabgyal, " une sorte de terroriste dans notre terminologie-Beauvesque " , donc soupçonné d'informer à l'étranger.

Deux autres tibétains idem, mais pour avoir songé à organiser quelque chose pour l'anniversaire du Dalai-Lama, festivités d'anniversaire bien-entendu plutôt grave interdites, et s'entonne alors le sempiternel refrain Han à propos du Dalai-lama, ennemi du peuple, sécessionniste, dangereux ... pour faire bref et dans la rhétorique toujours Beauvesque, dangereux terroriste international, agent noir aux pires instincts prédateurs.

Incarcéré, également,  le mari de Sangye Tso, Tamding Wangyal.  Sangye Tso dont l'édition Tibet s'était récemment faite l'écho de sa protestation par le feu, qui s'était tout bonnement, à l'image des quelque 150 tibétaines et  tibétains avant elle, auto-immolée par le feu, et mort s'en était suivie, Tamding Wangyal, le père des deux enfants déjà dans l'affliction indescriptible et la douleur infinie de la perte de leur mère, Tamding Wangyal est incarcéré pour être son mari.

Et dans la foulée, trois moines du monastère tout proche, de Tashi Choekhorling, incarcérés.

S'il n' y a pas quelque chose d'un " Oradour-sur-Glane " permanent, ici bas, qui se déroule sur les hauts plateaux Tibétains, aucun peuple, quel qu'il soit sur la terre n'a jamais souffert de quoi que ce soit.

Les deux pauvres enfants, de la défunte Sangye Tso et de Tamding Wangyal, incarcéré, ont été recueillis par leurs grands-parents.

 

 

La liste est longue, la liste imputrescible de cette abomination qui coule tranquillement comme les eaux du yang-tse et se jettent à la mer, la liste est longue, noms, lieux, photos, images couleurs animées et inanimées, témoignages, cris, pleurs et silence, si lourd qu'il en brise les ailes d'airain de l'espoir qui fait la vie,  la litanie sans fin, le pleur immense, dont ceux qui souffrent ne voient pas la fin et ceux qui en sont les spectateurs des otages impuissants de cette barbarie à l’œuvre en ce début de 3e millénaire voué à l'exaction continue et généralisée à tous les continents, et sur tous les continents.

 

 



Un projet de loi a été déposé à la Chambre des Représentants américaine le 4 juin dernier, prévoyant de proposer de fournir, sur une durée de trois ans, 3.000 visas d'immigrants aux Tibétains déplacés a déclaré, ce 10 Juin, Campagne Internationale Pour le Tibet, organisation basée à Washington.

La loi, intitulée " Tibetan Refugee Assistance Act " (H.R.2679),  fut introduite et  présentée par Jim Sensenbrenner (R-WI) et  Zoe Lofgren (D-Calif.).

Le contenu de ce projet de loi est, dans les termes, l'esprit et le fond, essentiellement similaire à celui, codifié  HR 6536, qui a été proposé par les  Représentants, Sensenbrenner et George Miller (D-CA) en 2008.

A l'époque, Sensenbrenner s'était rendu à Dharamshala, en Inde en  Mars 2008, dans le cadre d'une délégation du Congrès, alors dirigée par la   Présidente de la Chambre des Représentants des États-Unis  - second personnage de l’État, après le Vice-Président, dans l'ordre de succession présidentielle, en cas de défection du locataire de la Maison-Blanche  - Nancy Pelosi, afin d'y rencontrer le Dalaï Lama, et d'explorer avec lui de quelle de façon témoigner, le plus activement et le plus concrètement possible, leur soutien et celui du peuple américain au peuple tibétain.

Comme précédemment, le projet de loi actuel définit un Tibétain éligible et qualifié pour bénéficier de cette loi, en tant que personne qui est originaire du Tibet, et, a résidé en permanence en Inde, ou, au Népal, au moment de la promulgation de la loi.

Les membres du Congrès ont fait référence, à la fois, au récent séisme extrêmement dévastateur qui a tragiquement ébranlé le Népal, ainsi qu'à la persécution des Tibétains par le gouvernement chinois, la lutte du Peuple Tibétain pour sa liberté religieuse et culturelle, et la nécessité de la reconnaissance par les États-Unis de fournir assistance et protection aux  réfugiés, en vertu de la loi américaine sur des Tibétains déplacés.

Le Président Obama recevait récemment à la Maison Blanche le Dalaï-lama, tous les chefs-d'états Européens l'ont, une fois au moins officiellement reçu.

Tous sauf un.

Tous à l’exception d'un.

La patrie d'une des révolutions, qui en a initiées combien, qui a jeté bas, par son exemple répandu sur toute la planète, bien des régimes honteux, la patrie de la résistance et qui s’enorgueillissait d'être celle des droits de l'homme, de la femme et de l'enfant  - voir le sort de ses Rroms, voir le sort qu'elle réserve à ses rroms, dont les gosses crèvent de froid, d’inanition, quand les flics, comme dans la région Lilloise confisquent les toiles de tente des pauvres gens, alors que ce sont leur seuls et uniques murs et remparts contre l'adversité, pauvres de nous, nous complices, complices d'ici et de là-bas, dont les gosses crèvent dans des campements de fortune et crament comme les tibétains qui se foutent le feu pour réchauffer le grand cœur atone qui bat plus, qui s'est, peu à peu arrêté de battre, le cœur du reste du monde figé dans ses peurs, son angoisse, et qui sombre dans une intense période de grande glaciation des rapports humains.

La patrie de tout ça qu'elle n'est plus, de la liberté qu'elle a déclaré tricarde et de la démocratie dont elle a enjambé tous les fondamentaux avec autant d’insouciance qu'elle maltraite les plus pauvres des gosses, n'a jamais reçu officiellement le Dalai-lama.

A force de reculades et de renoncements et d'oublis, d'inculture crasse, de bêtise fondamentale et de veulerie affichée dans sa plus repoussante vulgarité, elle y a laissé son sel, son piment phrygien, elle y a perdu son âme, s'est vendue, pour rien, pour pas grand-chose, pour si peu, qu'elle n'a plus rien. il lui restait encore quelques vestiges, pans de murs et d’histoire, résidu de mots et de langues anciennes, d'attitudes et d'habitudes qu'elle appelait démocratie, mais c'en est fini, vendue aussi. Elle n'est plus une Démocratie.  

Comment après s'étonner, comment s'étonner encore, que la Pleutre à la jambe légère ne reçoive pas, n'en ait ni le goût, ni d'ailleurs le pouvoir, le Dalai-lama.

 

 

 

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