Cop 21 ! Motivation, Besoins et moyens. Changer ou ne pas … !

Le monde n’a d’yeux, ces jours-ci, que pour la Cop 21 qui mobilise toutes les attentions.Ce super gros coup médiatique, régi par certainement aussi quelques obligations calendaires, et, dont Paris est l'œil du typhon qui agite la planète, Paris le centre, Paris au centre, aura-t-il quelques répercussions sur le climat ? Rien n’est moins sûr.

 Tu le sais toi aussi 

 Et tu sais que ça ne peut pas durer ...  Que ça n’est pas possible ... Ces milliards de gens qui crèvent de faim... Non, Ça peut durer encore cent ans, j’en sais rien, mais faut pas charrier... Cette injustice absolue...  

 Gilles Deleuze

La Cop 21,

Ceux qui s’en font les chantres organisateurs déclenchent dans le même temps et, des opérations de guerre pas très écologiques et pour le moins plutôt et totalement dévastatrice à tous les points de vue, et des opérations, qui, dans le cadre de la promulgation de l’état d’urgence sur le le climat, d’urgence tout court, autorisent perquisitions par milliers, rafles administratives dans des milieux qui ne ressortissent pas au lexique courant  et habituel du dit-très-honni-terrorisme-jihadisme-islamisme, autorisent que soient précipités à terre et couchés joue contre le sol, face contre terre, faits comme des rats, menottés dans le dos, lourdes bottes dans les reins qui les y maintiennent et écrasent, avec canon d’arme automatique sur la tempe, condamnés à résidence, par le fait du prince, ou même carrément embastillés,  qu’ils soient opposants alternatifs au système, militants écolos et, ou,  participants de la cop 21, mais partisans  versant alternatif,  autorisent que soient maltraités avec autorisation administrative et blanc-seing seigneurial, des membres citoyens de la communauté française dont le(s) seul(s) délit(s) supposé(s)  sont « des raisons sérieuses de penser que le lieu est fréquenté par une personne dont le comportement menace l’ordre ou la sécurité publics. »  … « Tout comme le simple « comportement » d’une personne peut motiver son assignation à résidence » ... et, interdisent les manifestations d’alternatifs et d’écolos de sensibilisation des populations.

 Il y a la Cop du Prince, tous derrière et lui devant,  et c’est tout. « Pas d’Occupied-Cop 21 ». Pas de squatters alternatifs et autres altermondialistes ou autres Borders …

 L’état d’urgence dont l’administration française vient d’accoucher aux forceps ne le permet pas. Ne le tolère pas.

La Cop 21 vue, il y a une petite année de ça, depuis l’espace en quelque sorte extra-européen, vue d’outre-manche, depuis l’autre coté du tunnel, en perspective, vue du point de vue de l’une de ses tesselles, et, par le petit bout de la lorgnette d'une, donc, de ses tesselles qui, par myriades aussi innombrables que les étoiles qui composent la fresque de cette immensité lactée, décidemment bien assombrie ces derniers temps, vue d’un point de vue, tel qu’elle n’apparait pas forcement.

20frag-french-cover-750 20frag-french-cover-750

 

Portrait de femme : Xiaolu Guo

 Née en 1973, dans la province du Zhejiang, la réalisatrice Xiaolu Guo a gagné le Léopard d’or à Locarno en 2009 avec She, A Chinese, l’ascension sociale d’une jeune campagnarde dotée d’un fichu caractère. Elle a réalisé trois documentaires et écrit plusieurs livres, dont A Concise Chinese-English Dictionary for Lovers, traduit en 25 langues.

Avec « UFO in Her Eyes », elle se livre à une satire grinçante de la Chine contemporaine, écartelée entre son héritage communiste et son aspiration au néo-libéralisme désinhibé et totalement décomplexé.

 

La romancière et cinéaste chinoise  Xiaolu Guo croit que la littérature peut inspirer de nouvelles façons de vivre et de parler, d’aborder et d’envisager notre environnement.

 

main-xiaoluguo-meitu-1 main-xiaoluguo-meitu-1

Xiaolu Guo  par Matt Spark

« La nature est une combinaison de catastrophes et de désir humain pour survivre » explique l'auteur dans un entretien. 

 Xiaolu Guo, née dans un village de pêcheurs du sud de la Chine vit maintenant à Londres dans l'East-End,  dont elle est devenue l’une des fancy et très remarquables figures.

Désignée, en 2013, par le magazine Granta, comme l'un des meilleurs jeunes romanciers, elle est actuellement devenue un  « écrivain-à-résidence », invitée à résidence dans le cadre d’un projet international qui place la littérature et le conte au cœur des discussions sur le changement climatique.

L’on notera que le projet international invite et n’assigne pas, soutient, aide mais contraint pas, accompagne et ne relègue pas, favorise, honore, promeut et n’est pas coercitif.

Le projet international, « Weather Station » « Stations Météorologiques », invite des écrivains en Europe et en Australie et leur propose de travailler, d’œuvrer en partenariat avec les principaux scientifiques, les économistes les plus en vue, les enseignants et des élèves afin d'explorer comment la littérature peut inspirer de nouvelles façons de vivre et de parler, et, d’aborder  de questions environnementales.

 

19234522g3r1 19234522g3r1

 

logo-fd2d6a080865d21106be02a05cd47173 logo-fd2d6a080865d21106be02a05cd47173
Le Thin-thank,  « le dialogue de la Chine » a rencontré Xiaolu Guo, et s’est entretenu avec la romancière et cinéaste  de ce projet « Stations Météorologiques » sur le thème : « … et comment la narration peut lutter contre le changement climatique ».

 China Dialogue : Qu’en-est-il de ce projet ? Et qu’est-ce-que le projet  « Stations Météo » ? 

 « Weather Station » travaille en partenariat avec Free Word in London, « Internationales Literaturfestival » à Berlin, « Krytyka Polityczna » à Warsowie, « Tallaght Community Arts » à Dublin, et « The Wheeler Centre » à Melbourne, et bénéficie du soutien logistique et financier du Programme Culture de l’Union Européenne.

Xiaolu Guo: Free Word a mis à la disposition d’un écrivain une résidence à Londres, pour y écrire une fiction d’envergure sur le changement climatique et les problèmes environnementaux.  

Dans le cadre de ce projet, je pourrais me déplacer et aller dans des villes différentes pour rencontrer et travailler avec d'autres écrivains également en-résidence, parce que nous avons besoin d’une action et d’une dynamique globales.

S’il se produit une catastrophe en Chine, cela affectera l'Asie du Sud,  l'Australie et, par effet boomerang évident pour tous, reviendra avec des incidences en Europe. Donc, il y a cinq Stations, « cinq Stations Météo »  -  Londres, Dublin, Varsovie, Berlin et Melbourne -  et, ensemble, nous allons créer une œuvre de fiction et travailler avec des étudiants et des scientifiques.

C.D : Pourquoi est-il important de lier les changements climatiques et la narration?

X.G: Pour le moment, dans le monde, il y a deux crises. L'une est l'inégalité économique avec le capitalisme extrême et l’autre, la seconde crise, la crise ultime est la crise environnementale.

La seconde crise est beaucoup plus profonde parce qu'elle implique l'ensemble de l'humanité. L’eau, au travers toute la Chine, est contaminée, il y a, en Chine, beaucoup de villages aujourd'hui appelés villages du cancer parce que l'eau potable de base est complètement polluée par des métaux lourds,  l'eau pour cuire les aliments, les plantes végétales -  tout est contaminé - et donc tout le monde tombe malade.

La seule chose qui doive nous préoccuper est l'avenir de l'humanité  - peut-être notre génération va-t-elle mourir d'un cancer, mais la prochaine génération va mourir de maladies environnementales plus spécifiques.

Je suis une romancière et une cinéaste. La narration est mon seul outil.

Mon roman « UFO in Her Eyes » écrit il y a trois ans, porté au cinéma avec succés, décrit un village devenu complètement fou à cause de possibilités d’essor économique qui s’offrent à lui.

« UFO in Her Eyes », en parti inspiré de la Métamorphose de Kafka et du Rashomon de Kurusawa,  portraitise avec une acuité et une précision au-laser les vies  d’individus ordinaires aux prises avec des changements politiques radicaux dans une société  chinoise contemporaine extrêmement chaotique.

Cet obscur capitalisme tombé des étoiles.

X.G. : Dans un village de chine, où à force que tous ses habitants clament qu’un OVNI leur est arrivé, ils en viennent à et créer, ainsi, à partir de ça, une industrie touristique massive. Et voient le jour un centre touristique OVNI, un spa OVNI, et tout ce qui s’Ovni-décline.

Au final, le personnage central, la femme qui a affirmé avoir vu l'OVNI, doit quitter le village et la Terre sur un OVNI.

Dans le roman, les femmes se rendent compte finalement qu’il n'y a nulle part sur Terre où elles peuvent  vivre, mais que nous devons faire avec, et, vivre avec la réalité.

Nous ne pouvons pas fuir, de sorte que nous devons faire, que nous sommes bien obligés de faire quelque chose à propos de notre nourriture et de l'eau. Si nous ne faisons pas quelque chose aujourd'hui, les conséquences, alors, seront graves ».

« Quand les extraterrestres visitent notre planète, ils atterrissent de préférence aux Etats-Unis. Rompant avec leurs habitudes, les petits hommes verts se posent pour la première fois à notre connaissance en Chine. C’est évidemment moins spectaculaire que dans Independance Day. Lumière blanche, souffle étrange, les lombrics se tortillent, un buffle mugit, la Vérité est ailleurs ».

Prise dans la tourmente de la mondialisation, la Chine se tourne vers le modèle américain, fautes d’orthographe comprises: « Obama wellcome you to UFO Hotel», «Golf’s comming»… S’improvisant astronome, Cheffe Chang explique que les planètes tournent autour de la lumière du communisme chinois.

Elle attribue à Kwok Yun la médaille de la paysanne modèle. Et un millionnaire vient enseigner à quelques pauvres villageois les cinq règles pour devenir riche.

Kwok Yun se marie avec le directeur de l’école. Cheffe Chang se réjouit:  « Ce mariage entre une illettrée et un intellectuel illustre l’idéologie de notre nation. »

Le choc des cultures culmine dans un chaos babélien. De retour au village, le riche Américain, plein comme un coing, braille une chanson que personne ne comprend.

Plus loin, les paysans bloquent les pelles mécaniques venant ravager leurs champs. La police réprime durement l’insurrection. Et la pluie tombe, noyant la noce et les illusions. La morale est amère: quel que soit le régime en place, c’est l’individu qui trinque…

Xiaolu Guo se souvient des vieux paysans de son village … « pleins d’amertume et de sombres ressentiments. Les plus anciens avaient été les témoins radicaux de l’histoire de la Chine, du féodalisme au communisme. Ils ne pouvaient s’adapter à la nouvelle société et ont vécu le reste de leur vie dans la douleur et la colère.»

Dans UFO in Her Eyes, la cinéaste, qui se réclame du surréalisme, traduit ce sentiment d’injustice. Sur le mode de la farce: le boucher poursuit, hachoir à la main, l’inspecteur de l’hygiène qui dénonce sa cochonnaille couverte de mouches. Sur le mode tragique: le pêcheur finit par se noyer dans ce qui reste de son étang moribond.

Pour Xiaolu Guo, l’avènement brutal du capitalisme nie l’identité culturelle et engendre le no future. La réalisatrice propose toutefois une conclusion légère, de l’ordre de la fable.

Le marginal du village bricole son propre ovni, un vaisseau tarabiscoté combinant la bulle de savon et des morceaux de bicyclette. Kwok Yun embarque dans cette arche de Noé plus légère que l’air ...

Destination, le pays de l’amour et de l’eau fraîche, au large de toutes les doctrines…

 C.D. : Quel peut être le rôle des écrivains et des artistes dans les attitudes culturelles vis-à-vis du  changement climatique ?

X.G. : Je parle du système de valeurs que j’ai appris, en tant que chinoise. Je ne sais pas comment je serais si j’étais française. Dans la société européenne, l’art est censé être au-delà de la lutte politique, et être indépendant.

Mais je grandi dans un contexte socialiste et mes parents étaient communistes.

Même si je vis ici depuis dix ans et que j’écris en anglais, j’ai une façon de penser très socialiste.

Je pense que ce que vous écrivez, ou les films que vous faites doivent avoir un objectif clair et un message riche qui peuvent atteindre la société et être utiles. Je ne peux pas vivre au-delà de la réalité. Je voudrais que mon style et sa rendu artistique soient au-delà du réalisme, mais le contenu et le propos final sont ancrés dans les problèmes de la réalité. Je vois vraiment l'écriture comme un engagement social direct.

C.D. : Pensez-vous qu’il y ait des différences fondamentales dans les attitudes de  l'Ouest et de la Chine vis-à-vis de l'environnement et de la nature ?

X.G.: Non, pas vraiment. La Chine et l'Inde n’ont pas pris le temps de dégager des espace de réflexion pour examiner les problèmes environnementaux quand et parce qu’ils furent confrontés aux souffrances de l'extrême pauvreté.

Mais maintenant, la Chine est devenue une société de classe moyenne et dispose des ressources et du  temps nécessaire et de suffisamment de recul et de moyens pour prendre au sérieux l'action sur l'environnement.

Pourquoi ne pouvons-nous pas développer l'économie et l'environnement en même temps?  D'une certaine manière, cela est un processus historique.  Après que les gens obtiennent  l'électricité,  ils pensent - comment pouvons-nous obtenir cette électricité ?. Donc, c’est vraiment un processus mental et physique. L'évolution humaine crée ce cauchemar, je pense.

D'une certaine manière nous ne voyons pas le développement parallèle. La notion de « durabilité » n'a fait son apparition que  dans les 20 dernières années dans l'Ouest, et maintenant nous commençons à en parler en Chine et en Inde. C’est une évolution historique, je ne pense pas qu'il existe une quelconque  différence fondamentale. La Chine fait partie de l'évolution économique mondiale.

C.D.: Votre premier livre, « Village de pierre », inspiré de votre ville natal, traite de la dureté de la vie dans un village de pêcheurs battu par les tempêtes. Comment la réflexion autour de la mer a-t-elle  affecté  vos idées sur l'environnement?

X.G.: J’ai grandi près de la mer de l'Est, dans une province qui connait entre juin et octobre, une saison de typhons. Mon grand-père avait un bateau qui a été brisé et qu’il a perdu, et a du redémarrer avec un petit commerce en vendant des trucs sur la rue.

Mon rapport à la nature est très différent de celui d’un surfeur australien.

Je vois la mer comme un endroit brut à creuser pour en extraire de l'argent pour survivre. Si mon grand-père ne pouvait pas attraper tout  un sac de poisson pour le vendre, nous ne pouvions pas survivre.

Pour moi, la Nature est une combinaison de catastrophes et de désir humain pour survivre, parce que j’ai grandi dans un environnement rural où la nature est la seule façon d'obtenir de la nourriture, de l'argent et de survivre.

C.D.: Comment votre village a-t-il évolué au cours des dernières décennies?

X.G.: Maintenant, il est très développée, et, toujours très chaotique. Il n'y a pas, plus de pêcheurs individuels maintenant.  Il ya d'énormes bateaux industriels qui embauchent, disposent et utilisent des travailleurs,  des machines et sont plus efficaces. Je ne dis pas la vieille-manière est la meilleure, mais personne ne peut prétendre qu'ils sont à l'abri du système industriel. Nous faisons tous partie de la société industrielle, le seul moyen est de faire face à ce problème et trouver une manière plus équilibrée pour faire face à la réalité.

 Avec Yunnan Chen et Loretta Ieng tak Lou.

 

Moins de neige au Tibet, plus de vagues de chaleur en Europe.

La neige déserte les hauts plateaux du tibet.

 

main-gp01fkj-meitu-2 main-gp01fkj-meitu-2

La couverture neigeuse du plateau tibétain disparait depuis 50 ans, alors que le climat de la région accuse un réchauffement trois fois supérieur à celui de la moyenne mondiale. Ce qui va entrainer une diminution encore accrue du manteau neigeux, et par effet de boomerang un réchauffement de la région, et par effet de dominos une accélération du nombre et de l’ampleur des vagues de chaleur ainsi que celui des perturbations d’ordre climatique de tout genre qui déferlera sur nombre de régions de la planète.

L’aggravation des vagues de chaleur en Europe et en Asie du Nord-Est est liée à la couverture de neige qui se fait beaucoup plus mince sur le plateau tibétain, et souligne, de ce fait, son rôle clé dans les systèmes météorologiques mondiaux.

Les canicules d'été en Europe et en Asie du nord ont causé des pénuries d'eau massives et un grand nombre de décès. Mais le mécanisme qui provoque ces événements météorologiques extrêmes n’est pas entièrement compris.

Les scientifiques de l'Université de l'information des Science et Technologie de Nanjing en Chine pointent maintenant et, avec preuve à l’appui, que la diminution de la couverture de neige dans le plateau tibétain pourrait jouer un rôle majeur.

Le Professeur Wu Zhiwei et son équipe ont utilisé les données mensuelles de la couverture de neige et de température de l'air à partir des cinquante dernières années pour identifier un modèle global de circulation.

Leurs résultats démontrent que la réduction de la couverture de neige sur le plateau tibétain déclenche une vague de haute pression sur l'Europe du sud et l’Asie du Nord, réduisant la formation de nuages ​​et favorisant la croissance des températures.

Les conditions chaudes et plus sèches, à leur tour, inhibent en outre la formation des nuages, provoquent l'intensification des vagues de chaleur locales, comme des phénomènes locaux subits, selon leur document, publié, récemment dans « Climate Dynamics ».

La baisse, projetée dans le futur, des chutes de la neige et de la couverture neigeuse du plateau tibétain, va jouer un rôle de plus en plus important dans la formation des vagues de chaleur d'Eurasie dans les prochaines décennies.

La couverture de neige sur le plateau tibétain a déjà diminué de façon significative au cours des 50 dernières années avec l'augmentation mondiale des niveaux de gaz à effet de serre mondiales.

La région se réchauffe à près de trois fois la moyenne mondiale.

Connexions climatiques mondiales

Comme les modèles climatiques deviennent de plus en plus sophistiqués et complexes, les scientifiques ont identifié un ensemble de connexions longue distance ou « télé connections atmosphériques » reliant le climat et la météo dans les régions qui sont éloignées, les unes des autres.

Ces « téléconnexions » expliquent aussi pourquoi la hausse des températures de la mer dans l'océan Pacifique influencent les précipitations d'été en Amérique du Nord, et, pourquoi il existe de grandes anomalies climatiques mondiale quand un « El Niño » se produit.

Les conséquences sont importantes pour l'Europe méridionale, et
pour l'Asie du Nord-Est, où les vagues de chaleur sont devenues plus fréquentes et plus graves au cours des dernières décennies. Et où les records de chaleur et d’autres très multiples anomalies climatiques établies précédemment et qui remontaient  à de longues périodes en amont, ses records tombent régulièrement les uns après mes autres, et ainsi de suite, saisons après saisons, la nouvelle amplifiant encore davantage l’ampleur de l’anomalie enregistrée lors de la toute précédente.

En 2003, l'Europe a été prise au dépourvu par les températures torrides et la vague de chaleur la plus forte depuis le début des relevés, conduisant à 70.000 décès.

En Juillet-Août 2010, une autre vague de chaleur a provoqué environ 56.000 morts dans l'ouest de la Russie.

Dans le nord de la Chine, les vagues de chaleur ont conduit à d'importantes pénuries d'eau potable pour plus d'un demi-milliard de personnes.

Tibet - le luthier de la météo

Les scientifiques conviennent que le plateau le plus grand et le plus élevé dans le monde, le Tibet, joue un rôle clé dans le système climatique mondial. Mais de nombreux détails restent un mystère.

Les auteurs de l'étude reconnaissent que leurs conclusions contiennent un certain nombre de réserves - y compris le manque de données de qualité et climatiques à long terme pour le plateau tibétain.

Le plateau de l'
Himalaya et l'Hindu Kush sont ainsi souvent appelés « le troisième pôle » parce qu'ils détiennent plus grand stock au monde de glace, hormis les pôles.

 

L'éloignement du plateau, les hautes altitudes et des conditions difficiles d’accès expliquent que même les stations météorologiques de base sont peu nombreuses. Les données satellitaires existent seulement depuis les années 1970, et pâtissent de nombre d’ erreurs en raison de l'absence d'étalonnage à partir des observations au sol.

Des études antérieures avaient démontré comment les chutes de neige lourde sur le plateau tibétain peuvent,  à la fois, et affaiblir et prolonger la durée du système de la mousson d'été dans la région.

Une autre étude liée à la couverture de neige de l'hiver au Tibet, avec des hivers plus chauds au Canada.

L'étude Nanjing ajoute de nouvelles perspectives: « Les résultats de cette étude sont très importants pour comprendre les causes de l'augmentation de la fréquence et de l’ampleur des vagues de chaleur en Eurasie »  a déclaré Wen Zhou, q
ui dirige une équipe spécialisée chargée d’étudier l'influence des températures estivales élevées en Chine du sud-est sur les moussons asiatiques au centre Guy Carpenter d’Asie-Pacifique de la City University de Hong Kong, sur l'impact climatique.

Brancher l'écart

La Chine tente de combler cette lacune de données. L'année dernière, les institutions gouvernementales ont lancé une initiative de 49 millions de $-US pour financer le câblage du plateau - tibétain-occupé - avec des capteurs dans une tentative sans précédent de comprendre son influence sur le climat, en particulier, donc, les moussons asiatiques.

L'effort chinois pourrait aider à prédire les conditions météorologiques extrêmes - à la fois en Asie et aussi loin qu’en Amérique du Nord - et donner aux scientifiques une base sur la façon dont le changement climatique affecte ces événements.

L'Administration météorologique chinoise et de la Fondation nationale des sciences naturelles de Chine ont mis en place des capteurs sur de hautes tours et dans le sol pour surveiller la température et de l'humidité et de la formation des nuages, ainsi que des capteurs placés sur des ballons météorologiques et drones.

 

3447 3447

 

Par le Dr Lobsang Sangay, Premier Ministre du Gouvernement Tibétin en exil, publié sur The Guardian, le 12 Novembre 2015 :

Le toit du monde :  C’est sous cet aspect qu’est depuis longtemps connu le Tibet. L'expression évoque des images de sommets, avec leurs pics, les glaciers, le pergélisol et les nomades qui vivent sur la terre.

Mais un toit est aussi symbolique d'une maison, et c’en est la structure qui protège ceux qui y vivent. Et, comme nous le savons tous, si le toit est structurellement compromis, alors il en est de même de la viabilité de la maison.

Les glaciers du Tibet sont en train de fondre, et le monde a besoin de le savoir. Son pergélisol est dégradé, et le monde a besoin de soins. Le Tibet  -  occupé, ndlr - souffre d'énormes projets de déboisement et de la construction de barrages, et le monde a besoin d'agir.

Pourquoi maintenant?

Parce que les dirigeants du monde se réunissent à Paris en Décembre pour la COP 21, pour la  réunion des Nations Unies sur le changement climatique, le Tibet -  occupé, ndlr - a besoin d'être sur l'agenda du changement climatique.

Le Tibet est une région stratégique de l'environnement et son importance pour la durabilité de ce  fragile écosystème du monde ne peut pas être mésestimé. À une altitude moyenne de 4000 mètres au dessus du niveau de la mer, et d'une superficie de 2,5 millions de kilomètres carrés, le Tibet est le plateau le plus élevé et le plus grand du monde.

Mais, en plus d'être le « toit du monde », voici quelques autres épithètes également appropriés.

Le troisième pôle: le plateau tibétain a 46.000 glaciers, ce qui en fait le foyer de la troisième plus grande concentration de glace après les pôles nord et sud.

Le château d'eau de l'Asie: le plateau tibétain est la source des six plus grandes rivières d'Asie de tête. Ces eaux sont une ressource critique pour les plus de 1,3 milliards de personnes dans 10 pays les plus densément peuplées du monde qui cohabitent autour du plateau.

Le faiseur de pluie: le plateau tibétain influe sur le moment et l'intensité de la mousson dans la région.

Et comme les dirigeants du monde sont, à Paris, dans leurs chambres avec l’air climatisé, à l’atmosphère contrôlée, il leur faut se remémorer cet été quand la canicule massive a touché la plupart des pays de l'Europe sur toue leur surface pour percevoir encore un autre exemple du rôle absolument crucial que joue le Tibet - occupé … - dans les systèmes météorologiques mondiaux.

Ces vagues de chaleur ont été liées à l'amincissement et au rétrécissement de la couverture de neige sur le plateau tibétain. La température du plateau a augmenté de 1.3C (34.4F) - trois fois la moyenne mondiale.

Les glaciers du plateau tibétain fondent à un taux de 7% par an, et, si le rythme actuel se poursuit, les deux tiers des glaciers sur le plateau auront disparu d'ici 2050.

Le pergélisol alpin - permafrost en anglais -  alpin, primordial pour la santé de la planète, est en grave danger.

Sur le plateau tibétain, le pergélisol emmagasine plus de 12 millions de tonnes de carbone. Mais 10% de ce pergélisol s’est dégradé dans la dernière décennie. Avec la dégradation du pergélisol et la libération résultante de carbone, l'impact sur le changement climatique sera, inutile de le dire, terriblement dévastateur.

Une catastrophe environnementale mondiale peut être évitée, mais nous devons agir maintenant pour s’assurer que le plateau tibétain soit protégé.

 Dans le cadre des préparatifs de la COP 21, l'Administration Centrale Tibétaine, appelle les dirigeants du monde à prendre des mesures urgentes sur le changement climatique, en commençant par un accord climatique mondial de première importance à Paris.

Un tel accord doit avoir des engagements significatifs et transparents de tous les gouvernements, y compris la Chine.

La Chine s’est  récemment engagée à plafonner ses émissions de carbone d'ici à 2030. Bien que l'annonce soit la bienvenue, cet engagement ne doit pas être réalisé en endommageant davantage encore l'environnement du Tibet - sic … -.  Envisager, promouvoir, comme elle le fait,  l'expansion des barrages hydroélectriques n’est pas la solution.

La Chine a déjà endigué toutes les grandes rivières et fleuves au Tibet. Et en plus prévoit la construction de barrages. Dans le 12em plan quinquennal de la Chine, les  projets hydroélectriques sont une priorité absolue et déclarée.

Sans consultation des évaluations appropriées des impacts, ces projets hydroélectriques peuvent causer de graves dommages à l'environnement, des dommages irréversibles. La Chine devrait également devenir un signataire de la convention de l'eau des Nations Unies, s’engageant à protéger les ressources en eau, leur quantité et sa qualité.

L'ONU doit agir en reconnaissant l'importance du plateau tibétain. Une compréhension globale du changement climatique mondial est impossible sans prendre en compte le Tibet. Des études et recherche menées par l'ONU sont nécessaires pour mieux comprendre l'impact du changement climatique sur le plateau tibétain et le rôle essentiel qu'il joue dans la lutte contre le changement climatique.

La « mobilité-nomade » est la clé de la protection des terres arides de la planète. Malheureusement, la Chine oblige les nomades tibétains à quitter leurs terres et espaces coutumiers et les concentre par population entières. À ce jour, plus de deux millions de personnes ont été déplacées.

Un coup d’arrêt immédiat doit être donné à cette politique de déplacement forcené des nomades tibétains de leurs terres et quant à ceux qui sont déjà réinstallés et parqués, ils devraient être autorisés à retourner dans leurs pâturages.

Les nomades tibétains sont les gardiens experts de leurs terres et leurs connaissances et savoirs traditionnels doivent être intégrés aux pratiques d'adaptation et d'atténuation du changement climatique.

Les Tibétains doivent avoir un mot, leur mot, à dire sur ce qui se passe sur leurs terres, et, leur pays,  le Tibet  - occupied … - doit figurer sur l'agenda du changement climatique à Paris.

Comme l'a dit le Dalaï Lama:  « Cette planète bleue est notre seule maison et le Tibet est son toit. Le plateau tibétain doit être protégé, et pas seulement pour les Tibétains, mais pour la santé de l'environnement et la survie du monde entier ».

Les yeux du monde entier sont fixés sur Paris pour la CoP 21. Il existe des solutions à la crise climatique. Ce qui est nécessaire, c’est la volonté politique et des mesures pour protéger le toit du monde et, par extension, notre maison.

Dr Lobsang Sangay

Et, parce que toute chose, tout projet, qui-plus-est d’envergure planétaire, a un prix, requiert un financement, savoir qui dépense combien pour penser  mener à bien le dit-projet, donne une idée des motivations des uns et des autres ainsi que des chances du projet d’aboutir.

Ce tableau au décompte on ne plus explicite :

 

screen-shot-2015-10-28-at-14-12-11 screen-shot-2015-10-28-at-14-12-11

 

Et sur ce ...

 

dl dl

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.