les footeux valent plus que les salariés

Quand ils regardent à la télévision le foot, certains salariés ont des crampes d'estomac. C'est le cas de ceux de la société Cymi à Toulouse, une succursale de Cymi espagne, qui appartient au groupe ACS industrie. A cela, il y a une raison. Leur grand patron - the big PDG - est le propriétaire du Real de Madrid qui, pour acheter Kaka, Ronaldhino, Benzema et d'autres, a sorti 196 millions d'euros. Un patron qui ne les connait sans doute pas mais au nom de qui, les salariés vont perdre leurs emplois. En effet, à la fin de l'année, Cymi ferme purement et simplement sa succursale toulousaine.

Pourtant, tout avait bien commencé. Cymi s'implante à Toulouse, il y a 4 ans, avec une ambition, décrocher des marchés publics. Sa première cible est justement dans le secteur, l'hopital de Perpignan. Cymi réalise des études tchniques dans le domaine de la plomberie, la climatisation, et l'électricité. Le marché se monte à plusieurs millions d'euros. Trés vite, la société décroche d'autres marchés, notamment pour l'hopital de Valence, Rennes, Nantes, et même l'hopital Cochin à Paris. La première année, le chiffre d'affaire de la société est des plus significatifs. Madrid a toutes les raisons d'applaudir des deux mains son choix d'implantation en France.

Le groupe ACS - dont Cymi est une filiale - conforte ainsi sa place de 5 ième géant mondial du batiment et des travaux publics. Mais la situation vire rapidement à l'orange, puis au rouge. La responsable des achats constatent rapidement que l'entreprise fait des confusions. Elle considère comme recette, les avances d'argent forfaitaires prévues pour acquérir les matériels, "une erreur que même une PME ne commet pas" explique Guillaume Barbet, délégué Force Ouvrière de l'entreprise. Par contre, elle omet de payer ses fournisseurs qui s'inquiètent des factures qui augmentent. Et la direction ne comprend pas pourquoi le bureau d'étude toulousain passe autant de temps en étude. "la raison, c'est qu'en Espagne, l'architecte fournit un plan d'exécution des travaux, en france, c'est le bureau d'étude de l'entreprise choisi qui le fournit" explique Catherine Belmonte.

Résultat, du temps et de l'argent perdus, puisque ce travail n'a pas été comptabiliser dans la réponse à l'appel d'offre. "on était toujours les meilleurs de plusieurs milliers d'euros" explique t-elle "mais trés vite, ca tournait pas rond, parce que sur le chantier, y'avait pas assez de monde pour faire le travail, et ca prenait du retard. On est d'ailleurs en procès sur cette question avec l'hopital de Rennes" dit elle.

A ce rythme là, en 4 ans, l'affaire est pliée. Ces trois derniers années, l'entreprise change trois fois de dirigeant local et perd 17 millions d'Euros. La direction décide alors de rapatrier sur Madrid la charge de travail, de fermer Toulouse et de licencier tout le monde. C'est là que le foot entre dans la danse. Les salariés vont en effet partir avec quelques milliers d'euros seulement, mais ils réclament 257 mille euros. "Parce que le travail ne coure pas les rues" explique une salariée qui veut rester anonyme. La direction locale refuse toute négociation sur ce sujet et ne répond pas aux journalistes.

"257 mille euros, c'est une goutte d'eau pour eux" explique Catherine. "Hier soir, sur le terrain, face à Marseille, Florentino Perez, notre patron, qui est propriétaire du Real Madrid, alignait en attaque 196 millions d'Euros, et nous voulons qu'il demande à la direction locale de nous faire un chèque honorable pour partir sans bruits." Mais apparamment, les footeux valent plus que les salariés. Ils n'ont pour l'instant aucune réponse et la semaine prochaine, les salariés ont l'intention d'entreprendre plusieurs actions pour populariser leurs revendications.

 

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