Total au procès AZF

Le groupe Total sera t-il oui ou non dans le box des accusés au procès de l'explosion de l'usine AZF prévu le 23 Février prochain ? La réponse est à ce jour toujours incertaine. Hier, le tribunal correctionnel de Toulouse a décidé d'examiner la question à l'ouverture de ce procès.

 

Cette décision n'a pas surpris les 56 plaignants dont l'association "des victimes du 21 Septembre 2001". En effet, ils réclament depuis 7 ans que le groupe Total, en la personne physique de son PDG Thierry Desmaret, soit tenu pour responsable de l'explosion, mais depuis 7 ans, la justice a toujours refusé de mettre en examen le groupe en tant que personne morale. Pour elle, à ce jour, il n'y a donc que deux responsables présumés. L'usine Grand Paroisse, filiale de Total, gestionnaire du site dévasté, et le directeur de l'usine Serge Biechelin.

 

Pourtant, "nous trouvons anormal que celui qui donne les ordres, qui décide les choses, soit absent du procès. On ne comprend pas que seule la filiale soit concernée alors qu'elle n'a fait qu'éxectuer les ordres du groupe.Tous les ouvriers disaient que les procèdures n'étaient pas respectées et qu'un jour ca allait péter" expliquait, au moment du dépôt de la demande de citation directe, Frédéric Arrou, porte parole de l'association des victimes.

 

Responsable ou pas, Total s'est en tout cas senti concerné. Le groupe a en effet dépensé quelques 2 milliards d'euros pour indemniser les victimes, c'est à dire les milliers de particuliers, les entreprises, mais aussi les institutions comme la mairie de Toulouse ou le club de football dont les équipements ont souffert.

 

Le procès s'annonce douloureux pour les victimes et technique sur le plan juridique. Le groupe Total et les salariés de l'usine AZF contestent toujours la version définitive des raisons de l'explosion, à savoir une erreur de manipulation qui aurait conduit un salarié à déposer sur un tas d'amonitrate un certain volume de chlore. Total a d'ailleurs encore tenté, il y a quelques semaines, de faire valoir auprès de la justice qu'il fallait poursuivre les expertises civiles. La justice a rejeté cette hypothèse. Il est vrai que le dossier est déjà conséquent. Il représente 105 tomes de documents dont 7 mille procès verbaux et 9 mille pièces.

 

l'explosion de l'usine AZF en Septembre 2001 a fait 30 morts, 2.500 blessés dont 900 hospitalisés. 30 mille logements ont été détruits ainsi que 1.500 entreprises.

 

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