"la solidarité n'est pas un délit".

750 euros d’amende. C’est le prix de la solidarité avec un sans papier. Une vingtaine de militants demandent au préfet de Haute Garonne, de renoncer à cette peine, infligée par la Police de l’Air et des Frontières. Sans réponse d’ici la fin du mois, ils seront frappés au portefeuille.

Leur crime, avoir franchi le portique de l’aéroport Toulouse Blagnac. Ce qui pour la Paf équivaut à une infraction. Seules les personnes munies d’un titre de transport sont en effet autorisées à franchir le portique. Les militants n’ont pas empêchés physiquement l’embarquement du père de famille algérien, ils voulaient juste lui manifester leur soutien. Mais la loi est la loi, elle n’a pas d’état d’âmes. Et surtout, « on veut nous faire peur et criminaliser ainsi le mouvement social » estime Myriam, militante du Nouveau Parti Anticapitaliste. La critique n’est pas nouvelle, mais il y a, à l’évidence, un raidissement des autorités. Elle ne supporte pas en effet que depuis trois ou quatre ans déjà, la cause des sans papiers persiste. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter, si l’on en croit Cathy « A chaque fois qu’il y a un nouveau cas, on a de nouvelles personnes qui se mobilisent. Le Réseau Ecole Sans Frontière va donc durer aussi longtemps que le problème demeure » dit elle.

Les militants sont en effet intervenu pour défendre ce père de famille parce qu’au départ toute la famille, donc les enfants, étaient menacés d’expulsion. Ce sont donc d’abord des parents d’élèves qui ont médiatisé l’affaire. Celle de la famille G, arrivée en France en 2006. Née en Métropole avant 1962, la maman a d’abord obtenu des papiers d’identité français. Puis l’administration a parlé d’une erreur et les lui a retirés. Du jour au lendemain, tout le monde est devenus clandestins. « On osait plus sortir, on ne peut plus marcher dans la rue, sans la peur » raconte la fille Samia. Le père, dont la carte de séjour n’est pas renouvelée, perd son emploi de vigile. Pour vivre, il se met à vendre des cigarettes de contrebande dans le quartier Arnaud Bernard. C’est là qu’il est contrôlé par la police et conduit directement au centre de rétention de Cornebarrieu. « Il est parti sans même dire au revoir à sa femme et ses enfants. On n’a pas pu le voir, ca été très vite » explique sa fille qui parle désormais de galère. « Comment faire vivre 5 enfants sans argent, c’est vraiment la galère ! ».

Volontaire ou pas, la procédure applique ainsi une double peine aux sans papiers. L’expulsion pour l’un, l’insécurité pour les autres. Quand aux militants, « ca ne nous fera pas renonçait, on va continuer à les soutenir » affirme Cathy pour qui, "la solidarité n'est pas un délit !"

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