Un salarié attaque Airbus pour discrimination raciale

Il est très rare que la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l' Egalité prenne fait et cause pour un salarié. C'est pourtant le cas ce Jeudi 13 novembre à Toulouse. Un salarié attaque Airbus pour discrimination raciale devant le tribunal des prud'hommes.

 

L'homme s'appelle Froul Louzaï. Il vit aujourd'hui en Aveyron, il est agé de 30 ans et il a travaillé chez Airbus durant 36 mois en intérim durant les années 2003 à 2005. Il était affecté à l'atelier affutage des outils coupants à l'usine Airbus St-Eloi, un poste de haute technicité puisque les salariés conduisent des machines outils à commandes numériques qui sont des prototypes concus spécialement pour le constructeur aéronautique. Froul Louzaï espérait au terme de ses contrats une embauche définitive d'autant que son contre-maitre lui avait confirmé qu'il y avait, disait il, de l'embauche dans l'air. Pourtant, ce n'est apparamment jamais le tour de Froul Louzaï.

 

" Deux autres salariés arrivés aprés moi ont été embauchés coup sur coup" explique t-il. "j'ai demandé des explications à mon supérieur. Il m'a d'abord dit : on prend prioritairement les gens qui viennent de loin. Parmi les deux, il y en avait un qui était de Nantes. J'ai dit, c'est bon pour moi aussi. Je viens de l'Aveyron et je me suis installé à Toulouse que pour être embauché. Puis après, on m'a dit que c'était parce que j'avais pas le bac mais juste un bep. La Halde a enquêté et elle a montré que les deux autres n'ont plus n'avait pas le bac. Je me suis dit, peut-être qu'ils ont eu du piston. Mais non, alors, j'ai contacté la CGT qui a pensé que c'était mon origine qui était peut-être en cause".

 

Une hypothèse que la Halde prend au sérieux. Elle a conduit, comme le lui permet la loi, une enquête interne chez Airbus. "le recrutement de salariés d'origine maghrébine est quasiment inexistant à Airbus" constate son avocat, maître Renaud Frechin. Ainsi, sur les trois cents élèves qui fréquentent l'école de formation interne Airbus, il n'y a pas pratiquement pas d'éléves d'origine maghrébine. A l'usine St Eloi, la Halde a noté que sur les 1.400 salariés, on dénombre sur les doigts d'une main les salariés de cette origine. C'est d'ailleurs aussi le cas sur les 12 mille salariés toulousain du constructeur européen affirme la CGT. " Quand je passe dans la 10 ène de restaurants d'entreprise où dejeunent les salariés, je vois bien que la diversité de notre ville n'est pas représentée du tout" commente Mohamed Brahmi, délégué CGT.

 

De son côté, Airbus affiche une certaine sérénité. L'avionneur fait valoir trois arguments qui plaident dit il en sa faveur. "il y a 88 nationalités qui travaillent chez Airbus donc il n'y a pas discrimination. Et puis, le salarié en question n'avait pas les qualités professionnelles requises pour occuper le poste disponible. Enfin, il était en intérim et il n'y a aucune obligation de l'embaucher au terme de son contrat intérimaire".

 

Le tribunal des prud'hommes de Toulouse sera t-il sensible à ces arugments. Réponse prochainement.

 

 

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