1% d'impôt en plus ou les poubelles débordent

Un peu partout, le vent disperse des papiers qui jonchent le sol, et par endroits, les premiers sacs poubelles s’amoncellent en des tas mal odorants. Certains, notamment sur les allées Jaurès et les allées Wilson, sont percés et répandent leurs contenus peu ragoutant sur les trottoirs. C’est quand les éboueurs ne sont plus au travail qu’on se rend compte de l’importance de leur activité. Sans eux, Toulouse ressemble en effet de plus en effet à une décharge à ciel ouvert.

 

 

Le conflit concerne les 25 communes qui constituent la Communauté Urbaine du Grand Toulouse et résulte du transfert des personnels communaux à cette nouvelle entité territoriale qui a désormais en charge l’entretien des villes. Le transfert est effectif depuis le 1 er Janvier dernier et met à la disposition du Grand Toulouse, quelque 2.700 agents dont des informaticiens, des personnels administratifs et des éboueurs. Un transfert compliqué par la diversité des statuts et des avantages consentis par les mairies aux uns et aux autres. Ainsi, les moins biens lotis ont 6 jours de RTT, les mieux servis 21 jours, et à grade et ancienneté égale, il y a parfois jusqu’à 150 euros de différence de salaire. En théorie, les éboueurs peuvent aussi désormais travailler dans n’importe laquelle de ces 25 communes. Certains salariés redoutent de devoir aller de Toulouse sur Muret - 20 Kms - ou l’inverse, pour assurer leur service au gré de l’organisation des planning de travail. Ce qui revient, pour eux, à casser des équipes constituées et à fragilisées des organisations de travail. Les syndicats - sud, unsa, CGT - réclament « une harmonisation par le haut » en s’alignant sur le régime le plus favorable - celui de la ville de Colomiers - une prime de dangerosité pour les salariés concernés et dénonce des « mutations autoritaires » au détriment d’une logique de proximité.

 

Pour l’instant, la mairie, qui a rencontré, une délégation de syndicalistes considére qu’elle ne peut pas aller plus loin dans l’harmonisation des situations. « 80% des personnels ont bénéficié d’une augmentation de 50 à 1OO euros mensuel » depuis la constitution du Grand Toulouse, explique Pierre Cohen, maire de Toulouse. « En Avril dernier, une nouvelle revalorisation a permis une augmentation mensuel moyenne de 60 euros pour un agent rippeur 2 ième classe, soit au total 116 euros. Augmenter encore de 50 euros tous les salariés, c’est demander 1% de plus d’impôts aux toulousains » explique l’élu, ce qui n’est pour lui, pas pensable. Et le Maire de proposer aux syndicats une nouvelle discussion le 19 Octobre, jour de la prochaine Commission Technique Paritaire.

 

De leur coté, les éboueurs restent ferment et pour l’instant, les poubelles des toulousains continuent de déborder. Ce conflit de l’intercommunalité préfigure « celui des grandes métropoles française quand on fusionnera les personnels des départements avec ceux des communautés urbaines» prédit Stéphane Borras de Sud 31. «Il est à craindre qu’on profitera de l’occasion pour s’attaquer au statut des 1 millions 700 mille fonctionnaires territoriaux dont 700 mille précaires» dit-il.

 

Dans l’immédiat, les commerçants nettoient autant que possible leur devant de porte et stockent leurs ordures pour éviter qu'elles n’incitent les acheteurs a déserté leurs magasins.

 

 

 

 

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