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Lien 16 févr. 2009

l'ordre des kinés crée le désordre

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Faut il payer sa cotisation à un ordre professionnel pour avoir le droit de travailler ? La question parait en soi stupide tant il est évident que pour exercer un métier, il faut d'abord en maitriser les techniques et posséder la formation attestée par l'obtention du diplôme. C'est pourtant le but recherché par l'ordre des masseurs kinésithérapeutes qui poursuit devant la justice toulousaine 20 kinés.

Les ordres ont depuis longtemps mauvaise presse. Les plus anciens, comme l'ordre des médecins, ont été crées sous Pétain pour interdire aux Juifs et aux étrangers d'accéder à ces professions. Ripolinés, les ordres ont aujourd'hui pour vocation à représenter une profession, jouer les arbitres entre praticiens et patients en cas de conflit, infliger des sanctions aux contrevenants, faire respecter la déontologie. Mais l'ordre en question est tout jeune. Il a été crée par décret en 2004 et existe réellement depuis 2 ans. Sa mission, c'est d'inscrire sur un registre les professionnels du secteur, ceux qui travaillent en libéral comme ceux qui sont salariés dans les hopitaux. Cet ordre réclame 280 euros de cotisation aux kinés libéraux et 130 aux kinés salariés. Seulement voilà, personne ne lui a demandé de représenter la profession, de l'organiser. les libéraux à l'initiative de sa création ne pèsent que 7% de l'ensemble de la profession et seulement 18% des électeurs potentiels ont participé à la nommination de ces dirigeants. C'est pourquoi, sa légitimité est contesté partout en France de la plus simple des manières qui soit.

Les professionnels refusent de cotiser. "'Nous ne voulons pas payer pour travailler" explique Martine Rigal, kiné à l'hopital Purpan de Toulouse. "j'ai mon diplome, 30 ans d'expérience et la vraie mesure de mon travail, ce sont les patients qui me disent que mon travail leur fait du bien". A coté d'elle, Marie claire Cros tout aussi remontée."je trouve ce procès ubuesque. Ces gens ne représentent qu'eux mêmes. Ils disent que nous sommes dans l'exercice illégale du métier de masseur kinésithérapeute parce qu'on refuse de cotiser, mais de qui se moquent ils ? Nos employeurs nous réclament, nos patients sont satisfaits, tout le monde nous reconnait, il n'y a que l'ordre des kinés qui veut nous chasser et qui nous prends pour des délinquants, c'est incroyable". Didier Lans qui représente le syndicat Alizé raconte que " dans certains hopitaux, ce sont les gendarmes qui sont venus porter aux salariés leurs convocations comme par exemple dans le Finistère."

Au tribunal, les blouses blanches sont venues en nombre et partout en France des rassemblements ont eu lieu comme à Paris devant le Ministère de la Santé. Mais l'audience a tourné court. Les avocats de la défense ont demandé et obtenu un report du procès qui aura finalement lieu le 3 Mars prochain. Pas de quoi demonter le Président départemental de l'ordre des kinésithérapeutes Patrice clarau pour qui " ceux qui ne paient pas et ne sont pas inscrits au registre de l'ordre sont dans une situation illicite". Et ne lui dites pas que le diplome et l'expérience priment, "non, c'est la loi qui fait foi" assure t-il. Autrement dit, tout contrevenant étant hors la loi pratique de fait de manière illégale une profession qui ne le reconnait pas.

Quel que soit la décision de la justice, les contrevenants n'ont pas l'intention d'abdiquer, pas plus que les infirmières et infirmiers qui eux aussi refusent la création d'un ordre des infirmiers.

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