bourgade
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Toulouse

Suivi par 19 abonnés

Billet de blog 16 oct. 2009

38 SDF mis à la porte d'un foyer d'urgence

C'est l'hopital qui se fout de la charité. Un foyer de sans abri qui ferme ses portes au moment où l'hiver s'installe. Ce matin à Toulouse, il ne fait que 4 degrés, et ce soir, la majorité des 38 sans abri mis à la porte aujourd'hui, va devoir faire le 115 pour tenter d'obtenir, ailleurs, un lit et une couverture.

bourgade
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est l'hopital qui se fout de la charité. Un foyer de sans abri qui ferme ses portes au moment où l'hiver s'installe. Ce matin à Toulouse, il ne fait que 4 degrés, et ce soir, la majorité des 38 sans abri mis à la porte aujourd'hui, va devoir faire le 115 pour tenter d'obtenir, ailleurs, un lit et une couverture. Sinon, ce sera la rue, le pavé, le froid et peut être la mort comme 22 autres SDF depuis le début de l'année, dans la ville rose.

Ce foyer qui ferme, c'est le foyer de la rue Riquet, l'un des plus gros de Toulouse. Cette fermeture va durer deux semaines pour permettre des travaux d'entretien. C'est la version officielle, mais il y aussi une autre réalité, le foyer n'a qu'11 mois de financement pour fonctionner, donc il lui faut impérativement fermer deux fois quinze jours pour équilibrer son budget. Les Don Quichotte sont outrés par cette attitude. "nous pouvons comprendre que des travaux soient nécessaires mais il est inadmissible que des gens soient mis à la rue sans solution alternative d'hébergement" explique l'association, dans un communiqué. En effet, au 115, on confirme qu'il n'y aura pas de places pour tous les sans abris qui campent déjà sur les trottoirs de la ville. 38 de plus ne changent rien à l'impossiblité technique de loger tous les SDF qui feront appel à ces services. "une fois de plus, la loi censée protéger les personnes les plus fragiles risque d'être bafouée dans la plus grande indifférence" disent les Don Quichotte.

La loi en question, c'est la loi Dalo du 5 Mars 2007 et en particulier l'article 4 qui dit texto: "Toute personne accueillie dans une strucutre d'hébergement d'urgence doit pouvoir y demeurer, dés lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement adapté à sa situation".

Ainsi, alors qu'il faudrait au plus vite un toit pour tous, la préfecture propose une table..ronde pour en discuter. le tribunal administratif de Toulouse prend lui aussi son temps. Ce même jour, il était saisi par une famille inscrite dans le parcours Dalo. Une famille de 10 personnes dont 8 enfants logés dans un T3 au 4 ième étage d'un immeuble de la rue Bayard. Non seulement, elle y vit à l'étroit, mais en plus, l'un des enfants est handicapés à 80%, en fauteuil roulant. L'avocat des HLM a expliqué - sans en apporté la preuve - qu'il est difficile de trouver un T5 pour cette famille, dont les ressources sont pourtant de 3.000 euros par mois. Son jugement, dont on imagine donc qu'il sera sans effet concret, sera connu jeudi prochain.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Élisabeth Borne à Matignon : Macron choisit la facilité
Trois semaines après sa réélection, Emmanuel Macron a décidé de nommer Élisabeth Borne comme première ministre. À défaut d’élan ou de signal politique, le chef de l’État a opté pour un profil loyal, technique et discret, dans la veine de son premier quinquennat.
par Dan Israel et Ilyes Ramdani
Journal
Libertés fondamentales : Darmanin désavoué par le Conseil d’État
La dissolution du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale), prononcée par le gouvernement à l’initiative du ministre de l’intérieur, est suspendue. Les trois dernières dissolutions du quinquennat se sont soldées par des revers devant la justice. 
par Camille Polloni
Journal — Diplomatie
Macron passe la diplomatie française à la sauce « libérale »
Sous prétexte d’accroître la « mobilité interne » au ministère des affaires étrangères, la réforme prévue par Emmanuel Macron permettra d’offrir des postes d’ambassadeur à des amis politiques ou des cadres du monde des affaires qui ont rendu des services. Tout en réglant son compte à un corps diplomatique que l’Élysée déteste.
par René Backmann
Journal
Ukraine, la guerre sans fin ?
La guerre déclenchée aux portes de l’Europe par l’invasion russe en Ukraine s'éternise. Va-t-on vers une guerre sans fin ? Et aussi : enquête sur le président Volodymyr Zelensky, la voix de l’Ukraine dans le monde.
par À l’air libre

La sélection du Club

Billet de blog
La condescendance
Je vais vous parler de la condescendance. De celle qui vous fait penser que vous ne savez pas ce que vous voulez. De celle qui vous fait penser que vous savez moins que les autres ce que vous ressentez. De celle qui veut nier votre volonté et qui vous dit de vous calmer et que « ça va bien s'passer » (comme le disait M. Darmanin à la journaliste Apolline de Malherbe le 8 février 2022).
par La Plume de Simone
Billet de blog
Présenter le monde tel qu'il devrait être : contre la culture du viol
[Rediffusion] Dans les médias, au cinéma, sur les réseaux sociaux, dans les séries, de trop nombreuses voix continuent de romantiser et d'idéaliser les violences sexuelles. L'influence de ces contenus auprès des jeunes générations inquiète sur la meilleure
par daphne_rfd
Billet de blog
Procès Amber Heard - Johnny Depp : l'empire des hommes contre-attaque
Cette affaire délaissée par les médias généralistes en dit pourtant beaucoup sur la bataille culturelle qui se joue autour de #metoo.
par Préparez-vous pour la bagarre
Billet de blog
Pour Emily et toutes les femmes, mettre fin à la culture du viol qui entrave la justice
Dans l'affaire dite du « viol du 36 », les officiers de police accusés du viol d'Emily Spanton, alors en état d'ébriété, ont été innocentés. « Immense gifle » aux victimes de violences masculines sexistes et sexuelles, cette sentence « viciée par la culture du viol » déshumanise les femmes, pour un ensemble de collectifs et de personnalités féministes. Celles-ci demandent un pourvoi en cassation, « au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, au nom de la protection des femmes et de leur dignité ».
par Les invités de Mediapart