Les salariés Mac Do n'ont pas la frite

« Venez comme vous êtes » . C’est la pub du moment pour Mac Do. Une pub, pas la réalité. Pour les salariés, c’est plutôt soyez serviles comme on veux, sinon, c’est la porte. Illustration à Toulouse.

« Venez comme vous êtes » . C’est la pub du moment pour Mac Do. Une pub, pas la réalité. Pour les salariés, c’est plutôt soyez serviles comme on veux, sinon, c’est la porte. Illustration à Toulouse.

 

 

Elle s’appelle Lætitia, elle a 32 ans et travaille dans un mac do de la ville rose. Elle vient de déposer au commissariat de la ville une main courante et une plainte pour insulte et harcèlement. Son chef, « un jeune type de 25 ans » a une manière particulière de motiver ses salariés. Le manager est, selon elle, coutumier des phrases blessantes et des injures, y compris devant les clients. C’est ainsi, assure t-elle, qu’il lui a dit textuellement: « Tu viens d’un resto de merde et tu fais un travail de merde, allez, bouge ton cul et serre les dents ». Comme elle n’a pas 18 ans et que ce travail est son gagne pain, elle a simplement répondu : « je ne te permets pas de m’insulter ni de me critiquer devant les clients », et poursuivit son activité. Laetitia a une enfant à élever et son emploi, même payé 780 euros bruts, soit 650 nets, elle y tient.

 

 

Contrainte et forcée, elle subit, comme d’autres salariés, des situations peu enviables. « Il m’a obligé à porter un carton de marchandise de 20 kilos sans penser à mon dos » explique t-elle Quand on est en pause d’une demi heure non payée, on ne peut pas manger son repas en terrasse, ni fumer ». Une réalité déjà dénoncée lors de précédentes grèves des salariés Mac Do dans d’autres villes de France comme Marseille, Lyon, Dijon, ces derniers mois. Bref, on est loin de la pub où l’on voit, dans le métro parisien, deux jeunes salariés Mac do dire leur bonheur d’y travailler. Les conditions de travail sont en effet particulièrement stressantes. Les salariés doivent pouvoir occuper à la demande du manager, tous les postes. Quand le chiffre d’affaire espéré est dépassé, le manager ramasse une prime, les salariés un simple « bravo ». Et au moindre écart, c’est le risque d’être mis à la porte.

 

 

On se souvient, en Mai 2000, du cas de Remi Millet licencié du Mac Do de Lescure d’Aligeois dans le Tarn pour avoir offert, sur ses tickets repas, 5 sandwichs à une mendiante. La direction avait estimé que le jeune salarié avait enfreint « le règlement intérieur de l’entreprise concernant la politique repas ». En Mai 2003, au Mac Do, place du Capitole à Toulouse, un autre salarié se faisait remonter les bretelles pour des broutilles : « Notre assistant de direction (…) a pu constater (…) que vous avez changé la composition de deux filets à savoir, que vous avez ajouté une demi tranche de fromage dans vos sandwichs. De plus, votre boite à beignets contenait cinq morceaux au lieu de quatre. Cette lettre ( publiée sur le site CNT Toulouse) constitue de notre part un avertissement ». Les relations humaines ne sont pas le fort de Mac DO. Laétitia l’a aussi constatées.

 

 

Elle est actuellement en arrêt maladie et elle doit reprendre son travail le 1 er décembre. Comme elle doit organisé son retour et prévoir de faire garder son enfant, elle a besoin de connaître par avance ses heures de travail. Son chef lui aurait répondu, « Tu saura tes horaires le jour de ta reprise, si ça te pose un problème, soit tu restes en maladie, soit tu te mets en congés », manière élégante de lui suggérer que le mieux serait qu’elle prenne la porte.

 

 

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