Dans le Gers, le vote citoyen s'empare de l'avenir de La Poste

«La poste est à nous, pas question qu'on décide sans nous» de son avenir. Pierre Viard habite le Gers. Sa poste, il y tient. Adhérent du syndicat Sud, il est de ceux qui, dès ce lundi, seront sur les marchés gersois pour lancer le vote citoyen sur la privatisation rampante de la Poste.

«La poste est à nous, pas question qu'on décide sans nous» de son avenir. Pierre Viard habite le Gers. Sa poste, il y tient. Adhérent du syndicat Sud, il est de ceux qui, dès ce lundi, seront sur les marchés gersois pour lancer le vote citoyen sur la privatisation rampante de la Poste.

 

La transformation de la Poste en société anonyme n'est, en effet, pas une simple modification technique, même si l'Etat assure qu'il restera actionnaire principale et unique à 100% du capital. Elle a aussi pour objectif de permettre, au fil du temps, une entrée progressive de capitaux privés. «On va pas nous refaire le coup de France Télécom ou de GDF», explique Jean luc Bonneys. Les défenseurs du service public ont en effet de la mémoire. C'est pourquoi, ils n'ont aucune confiance dans ce que dit l'Etat. Comme on dit dans le sud, les promesses rendent les fous joyeux.

 

Le but de ce vote citoyen, c'est d'obtenir que 4 millions de votants réclament un référendum d'inititative populaire. En effet, depuis la révision constitutionnelle de juillet 2008, l'article 11 autorise ce type de référendum dés lors que 4 millions de citoyens en font la demande. Il faut aussi l'adhésion de plus d'un cinquième des parlementaires, soit au moins 184 députés ou sénateurs. Un seuil important mais qui n'est pas hors de portée. En effet, selon Michel Vauzelle, président PS de la région Provence Alpes Côte d'Azur, 201 élus ont déjà signé une pétition pour l'organisation de ce référendum. Et sur le terrain, les comités locaux, chargé de collecter l'avis des citoyens, ne ménagent pas leurs efforts.

 

Ainsi, dès lundi, les comités vont envoyer à des milliers de mairies le matériel électoral nécessaire à ce vote citoyen. «Il y a une vraie mobilisation, explique Pierre Viard. On a tout d'abord écrit aux 463 mairies du Gers, très peu ont refusé d'organiser ce vote parce que les élus sont conscients que les gens veulent exprimer une opinion. Et puis, les maires savent - quel que soit leur couleur politique - que les habitants ne comprendraient pas qu'on vote dans le village d'à côté et pas chez eux. Tout ca aura forcément une conséquence sur les autres votes, régionaux et municipaux. Là, où les mairies refusent, la solution, c'est le vote sur les marchés. Même le conseil général appelle au vote, il a d'ailleurs prévu, ce lundi matin, une interruption de séance pour faire voter les élus, en faisant circuler une urne pour la Poste".

 

La force militante de cette action repose aussi sur l'engagement des élus pour qui, un bureau de poste qui disparait - même remplacé par un point poste - signifie clairement la disparition du service public. Le paradoxe de cette mobilisation, c'est la diversité des participants. Il y a les durs du service public - le NPA, le PG, le syndicat Solidaires - et ceux qui se refont une virginité, comme le PCF le PS et les Verts. En effet, personne n'oublie que la privatisation de la poste a commencé en 1986, alors que François Mitterrand est Président de la République. Laurent Fabius, en 1992, ne remet pas en cause la mutation en cours, qui est amplifiée sous Lionel Jospin en 1997. Dans ses gouvernements, il a pourtant des ministres communistes, comme Marie Georges Buffet ou Jean-Claude Gayssot. Dans l'opposition, les partis gouvernementaux n'ont manifestement pas la même vision des choses. Iraient ils jusqu'à re nationaliser, la poste si d'aventure, elle était privatisée d'ici leur retour au pouvoir? Aucun n'en fait un argumement de campagne, mais la mobilisation de la poste tombe à pic, quelques mois avant les élections régionales.

 

Avant même le début du vote, le comité gersois contre la privatisation de la poste a déjà collecté plus de 8.000 signatures. C'est aussi le cas dans de nombreux départements. Ils seraient plus de 300.000 en PACA. Le vote citoyen sera particulièrement mobilisateur, le 3 octobre, journée nationale d'action.

 

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