«Un lieu, une oeuvre» - Un roi lunaire (et lunatique!) dans un paysage de rêve

Ludwig est le seul film que j'ai vu à peu près quarante fois, non pour le personnage principal, un peu falot, mais pour la musique et le site.

Le film? Une biographie de Louis II de Bavière, depuis son couronnement, au son de la très bavaroise Defiliermarsch, jusqu'à sa mort par noyade dans le lac de Starnberg, non loin du Château de Herrenchiemsee, où il avait bâti une reproduction à l'identique de la galerie des glaces de Versailles.

La ressemblance entre Helmut Berger et Ludwig est réelle, mais on se lasse un peu de sa démarche et de ses préciosités, dignes de la Cage aux Folles. Visconti avait l'habitude de tomber amoureux de ses acteurs : Alain Delon, dans le Guépard et Rocco et ses frères, là aucune chance! De Romy Schneider aussi qui lui rappelait une certaine princesse von Windisch Graetz, qu'il avait été jadis jusqu'à demander en mariage. Avec Helmut Berger, ses avances furent favorablement accueillies. Au point qu'ils formèrent un véritable couple, et que,lors décès du cinéaste, en 1976, Berger, réclamant sa part d'héritage, s'égosilla en criant : "sono il marito! Sono il marito!".

Non, l'intérêt du film vient de sa beauté, de ses scènes magiques, telle la navigation de Ludwig dans une conque en forme de cygne sur le lac artificiel de la grotte du Venusberg à Linderhof, ou encore - et surtout! - sa promenade en traineau au clair de lune dans le paysage enneigé des environs de Neuschwanstein, les deux scènes étant accompagnées d'une stupéfiante version instrumentale de la Romance à l'étoile de Tannhäuser.

Je suis allé plusieurs fois en "pèlerinage", tant à Linderhof (où je faillis me faire enfermer dans la grotte!), qu'à Neuschwanstein. Eblouissement, non par le château lui-même, au style kitsch d'un abominable mauvais goût, mais par le site. Neuschwanstein, en effet se situe sur un piton rocheux en surplomb d'un lac (cf.la photo infra), le Schwanensee (sic!). Les promenades à faire jusqu'à la petite ville de Füssen, voire jusqu'à Reutte, en Autriche, sont idylliques, en particulier au lever et au coucher du soleil, au moment du lever de Vénus, où l'on se prend à réciter l'air de Wolfram, dans Tannhäuser : "oh, du mein holder Abendstern...".

Neuschwanstein est une icône paradigmatique du romantisme.

 

 

 

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