3 questions à... Rokhaya Diallo

On entend souvent parler de deux jeunesses : une jeunesse « dorée » qui se serait battu pour défendre leurs privilèges pendant la mobilisation du CPE par exemple d’un côté et une jeunesse issue des quartiers populaires qui subirait le chômage et la précarité. Quel regard porte-tu sur ce discours ?

On entend souvent parler de deux jeunesses : une jeunesse « dorée » qui se serait battu pour défendre leurs privilèges pendant la mobilisation du CPE par exemple d’un côté et une jeunesse issue des quartiers populaires qui subirait le chômage et la précarité. Quel regard porte-tu sur ce discours ?

 

R.D. De tout temps, il y a eu une frange de la jeunesse privilégiée mais aujourd’hui, il y a un clivage moins net. En effet, des jeunes issus des quartiers populaires accèdent aux études supérieures mais se retrouvent la plupart du temps dans des universités de banlieues où les diplômes sont dévalorisés, et où ils subissent des discriminations. Ces étudiants sont issus de l’immigration post coloniale. Les aspirations des jeunes issus de quartiers populaires sont les mêmes que tout autre jeune c'est-à-dire l’accès à un emploi, à l’ascension sociale. Il y a davantage un problème de perception de la jeunesse aujourd’hui. En effet, lorsque que l’on parle de la jeunesse étudiante, on parle d’une jeunesse « blanche » alors que les jeunes « de couleurs » sont toujours assimilés aux jeunes des quartiers.

 

DSC08844.jpg

Parle nous de ton parcours et de ton engagement militant.

 

R.D. J’ai commencé mon engagement au Conseil Local de la Jeunesse à la Courneuve. Je me suis engagée dans les combats féministe et altermondialiste. En 2007, j’ai créé une association antiraciste « Les Indivisibles » car venant de la ban-lieue (La Courneuve), j’ai été rattrapée personnellement par le racisme durant mon parcours d’étudiante à Assas et sur le marché de l’emploi. Mon expérience personnelle m’a davantage sensibilisée au racisme.

 

Quels conseils donnerais tu aux militants de l’UNEF dans leur combat contre les discriminations ?

 

R.D. Le conseil que je leur donnerais est de ne pas mettre en concurrence les minorités. On ne doit pas opposer les femmes, les homosexuels, les immigrés. Tout est prioritaire et on peut être victime de toutes formes de discriminations quelles soient ethnique, sexiste, etc. Par exemple, même si les femme sont plus nombreuses, on ne doit pas mettre en avant ce combat plutôt qu’un autre.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.