Enquête publique sur la DUP du projet CIGEO : pourquoi je suis contre

Débuté le 15 septembre dernier, l’enquête publique de la Demande d’utilité publique (DUP) sur le projet d’enfouissement de déchets nucléaires sur le site de Bure (Meuse), le projet CI Géo, est en cours. Pour Bruno Dalpra, militant engagé, soutien aux opposants, la question de DUP ne se pose pas. Il… je suis contre !

Bure | projet CIGéO | Enquête publique du 15/09 au 23/102021 © Bure à cuire Bure | projet CIGéO | Enquête publique du 15/09 au 23/102021 © Bure à cuire

En août 2020, l’Andra a déposé une demande de reconnaissance d’utilité publique (DUP) sous la forme d’un épais dossier constitué notamment d’une étude d’impact globale. L’enquête publique a débuté le 15 septembre 2021. Après avis de la commission d’enquête puis avis du Conseil d’État, ce sera au Premier ministre de reconnaître, ou non, l’utilité publique de CIGéO – une décision que l’ANDRA espère voir prise d’ici à début 2022… mais la messe n’est pas dite !


                                               ENQUETE PUBLIQUE

Projet de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet de centre de stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs de haute et de moyenne activité à vie longue (Cigéo) emportant mise en compatibilité des documents d’urbanisme suivants : le SCoT du Pays Barrois, le PLUi de la Haute-Saulx et le PLU de Gondrecourt-le-Chateau

OUVERT LE 15/09/2021 À 09 HEURES 30 PAR LA COMMISSION D'ENQUÊTE, CE REGISTRE SERA CLOS LE 23/10/2021 À 12 HEURES 30 


18 février 2017, quelques alsaciens (anti-GCO) et deux bretons (anti-NDDL) présents à Bure pour une marche vers le bois Lejuc, puis l'Andra... © Bruno Dalpra 18 février 2017, quelques alsaciens (anti-GCO) et deux bretons (anti-NDDL) présents à Bure pour une marche vers le bois Lejuc, puis l'Andra... © Bruno Dalpra


Moi, Bruno Dalpra, militant engagé sur différentes luttes comme celle contre l'autoroute de Vinci à l'ouest de Strasbourg (GCO), soutien aux opposants au projet CIGéO, j'apporte ma contribution à l'enquête publique en cours jusqu'au 23 octobre 2021.

Je sais qu'une grande majorité des opposants locaux ont manifesté leur désapprobation à cette enquête publique et je salue leur courage et détermination. Conscient du simulacre de démocratie qu'offre l'État dans ce dossier, je tiens à exprimer mon avis : je suis contre le projet et demande à la commission d'enquête de rendre un avis défavorable.

Voici les raisons que j'ai exposées dans le registre :


L’OMBRE DE STOCAMINE !

Je suis contre le projet CIGEO, parce qu'il n'y a aucune garantie sur les risques probables sur l'environnement, à l'exemple de ce qui se déroule sur le site de stockage de Stocamine à Wittelsheim dans le Haut-Rhin.

L'accident improbable d'un incendie (28 sept. 2002) (a) est venu compromettre ce site d'enfouissement. La réversibilité qui était prévu, comme celui du site de Bure, a été remis en cause par l'Etat qui veut confiner les 42 000 tonnes de déchets ultimes (b) contre l'avis des habitants et élus alors qu’il existe un risque de contamination de la nappe phréatique rhénane, la plus grande réserve d’eau douce d’Europe.

(a) https://www.liberation.fr/societe/2002/09/28/les-mysteres-de-l-incendie-de-stocamine_417074/
(b) https://www.usinenouvelle.com/article/les-chantiers-maudits-que-faire-de-stocamine-et-ses-encombrants-dechets.N864845

QUAND SERA-T-IL POUR LE SITE DE BURE ? AUCUNE GARANTIE.

Le choix du site a été présenté au public comme « sûr ». Or, de nombreux risques restent sans réponse. Comme l’explique France Nature Environnement (FNE) dans un article où ils écrivent « les experts confirment donc les doutes sur la faisabilité de CIGÉO au vu des nombreuses questions scientifiques qui restent sans réponse. Mais quels dangers planent autour de cet enfouissement ? » (1). Confirmé dans un autre article récent par Greenpeace (2) .

Parmi les risques, celui des risques sismiques, même faible, ne sont pas à exclure. Concernant les failles géologiques : « on ne peut pas prévoir comment réagira la couche d’argile » explique Greenpeace (2) qui ajoute que les failles de sureté existent comme les risques d’incendie (cas de Stocamine cité précédemment dans le texte), d’infiltration et de dispersion de la radioactivité. Des risques confirmés également par FNE (1) qui cite l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) :  

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L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), le porteur du projet, dit garantir la sécurité. Mais de quelle garantie avons-nous alors qu’il existe une liste de risque probable dont la réversibilité du stockage n’est pas l’ultime garantie à l’exemple du cas de Stocamine ?

PAR PRINCIPE DE PRECAUTION, L’AVIS DOIT ETRE DEFAVORABLE !

En l’état actuel du dossier, valider la Demande d’utilité publique (DUP) est inconcevable. Les facteurs risques restent trop nombreux et l’ANDRA a échoué dans sa mission sur la faisabilité d’enfouir des déchets nucléaires en site géologique.
En conséquente, au nom du principe de précaution, et à juste titre pour des déchets nucléaires dont les conséquences de radioactivité sur le territoire autour de Bure et plus globalement sur une partie du Grand Est menace un bassin de vie, la faune et la nature environnante, je vous demande de rendre un avis défavorable au dossier CIGEO

 

La résistance au projet CIGéO ne manque pas d'imagination ! © Bure à cuire La résistance au projet CIGéO ne manque pas d'imagination ! © Bure à cuire


(1) CIGEO à Bure : l'enfouissement des déchets nucléaires en profondeur, un désastre annoncé ? 

(2) Déchets nucléaires : pourquoi le projet Cigéo à Bure doit être stoppé 

 


Appel : dites NON à CIGÉO, la plus grosse poubelle nucléaire d’Europe !

France Nature Environnement, dont Alsace Nature est membre, appel à faire jouer notre droit de dire « NON » et faire jouer la démocratie et invite chacun à participer à l'enquête publique sur le demande d'utilité publique du projet CIGéO : 

" L’État travaille depuis 30 ans sur le projet de de Centre Industriel de stockage GÉOlogique (CIGÉO) à Bure dans la Meuse. L’objectif est d’enfouir à 500 m sous terre les déchets radioactifs les plus dangereux. Une enquête publique est en cours en vue de le déclarer d’utilité publique. Nous vous invitons à y participer pour formuler votre opposition à ce projet titanesque. "

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