Alsace, notre eau est en danger !

Sept millions d'usagés entre Suisse, Allemagne et France, sont menacés par la pollution inévitable de la nappe phréatique rhénane, plus grande réserve d'eau potable d'Europe, si les déchets toxiques stockés au fond de l'ancienne mine de potasse de Wittelsheim (Haut-Rhin) ne sont pas déstockés. Or, l'État Français a décidé en janvier 2021 d'imposer leur confinement !

Notre eau potable en Alsace est en danger. C'est plus de sept millions d'usagés menacés entre Suisse, Allemagne et France (1). En cause, les 42 000 tonnes de déchets toxiques restant encore au fond de la mine de Stocamine à Wittelsheim (68) (2). L'État a décidé en janvier 2021 d'imposer un confinement, contre l'avis de la population et d'élus. Tous, réclament un déstockage complet. Un combat que mène le collectif Destocamine depuis deux décennies bientôt. 

7 millions d'usagés entre France, Allemagne et Suisse sont menacés ! 7 millions d'usagés entre France, Allemagne et Suisse sont menacés !

Dans un article paru lundi 20 septembre 2021, Reporterre, le quotidien de l'écologie revient longuement sur les enjeux qui se déroule autour du confinement des 42 000 tonnes de déchets toxiques que veut imposer l'Etat.

Philippe Aullen, membre de Destockamine et co-secrétaire d'EELV Alsace, en évoquant les risques sur la nappe phréatique explique qu' « on n’est pas sûrs de ce qui est dedans, et de comment l’eau ruissellera sous terre, rétorque-il. On ne peut plus leur faire confiance dans cette affaire. Le gouvernement présentait le projet comme exemplaire en matière de sécurité dans les années 1990. Résultat : au bout de trois ans, un incendie dans la mine dû à une fraude a mis fin à l’activité du site. Alors, quand ils nous disent qu’il n’y aura pas de pollution sévère, c’est impossible de les croire. »

© Reporterre

UNE BATAILLE DE BIENTOT 20 ANS !

En septembre 2002, un accident improbable (2) signe la fin du site du stockage, trois ans à peine après son ouverture. Commence alors le feuilleton sur le devenir des 44 000 tonnes de déchets toxiques stockés au fond de la mine de Wittelsheim. À ce jour, seules 2 000 tonnes de déchets jugés les plus toxiques ont été retirées. Reste 42 000 tonnes que l'État a décidé de confiner, contre l'avis de la population, d'élus, d'associations et organisations syndicales.

NOTRE EAU EN DANGER !

Les opérations de confinement décidé par l'Etat doivent commencer à la mi-octobre. Il y a urgence !

Militants et élus opposés à cette décision tentent de faire peser la balance de la raison de leur côté avec l'espoir que la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, revienne sur la décision de son ministère. Les élus écologistes sont vents debout pour faire bouger les lignes. Les élus à la Région et au Département ont interpelé leurs présidents respectifs pour qu'ils agissent. 

Le 10 septembre, le président de la Collectivité Européenne d'Alsace (CeA), Frédéric Bierry, a annoncé avoir lancé une requête en référé-suspension auprès de la Cour administrative d’appel de Nancy afin d’empêcher les opérations de confinement prévues sur le site de Stocamine. De son côté, le président de la région Grand Est, Jean Rottner, dit agir de son côté également.

Le 17 septembre, des militants de l'association Eau en danger et de Destocamine ont bloqué symboliquement l'entrée du site à Wittelsheim. Le même jour, le Conseil Rhénan qui regroupe des élus allemands, suisses et français, a voté une résolution (3) demandant à la France d'appliquer le principe de précaution et de stopper les opérations devant débuter en octobre.

Les opposants n'ont pas dit leurs derniers mots. Une pétition a également été lancée. Vous pouvez la signer ici :

© GreenVoice ✊📢🌍

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Différents aquifères d'Alsace © Carte DIREN-Alsace, 2007 Coll. Direction Régionale de l'Environnement Différents aquifères d'Alsace © Carte DIREN-Alsace, 2007 Coll. Direction Régionale de l'Environnement

(1) La nappe phréatique rhénane : une richesse de la plaine du Rhin menacée !

Dans le sous-sol de l’Alsace se trouve un véritable trésor : de l’eau ! Une eau abondante et de bonne qualité, contenue dans des roches réservoirs (alluvions -sables, galets et graviers- ou grès). L’existence des différents aquifères alsaciens est liée à l’histoire géologique de la région.

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(2) 2002 : l'accident improbable

StocaMine est le nom d'une filiale de la société des Mines de potasse d'Alsace active de 1991 à 2014, puis repris en main par l'État pour gérer le devenir des déchets stockés au fond de la mine de Wittelsheim. 
En 2002, soit 3 ans à peine après le démarrage du stockage, un incendie s'est déclaré dans une galerie de la mine : c'était le 10 septembre. Il faudra plusieurs semaines pour le maitriser. Cet incident improbable signe la fin du stockage. Commence alors une longue bataille sur le devenir du site et de ses 44 000 tonnes de déchets. Naît alors le collectif Destocamine qui milite pour le déstockage total de ces déchets.


(3) Réduire le risque de pollution des eaux souterraines du fossé rhénan en appliquant le principe de précaution :

Pas de prise de risque pour les eaux souterraines du fossé rhénan: StocaMine, site de stockage de déchets dangereux situé sous une ancienne mine de potasse à Wittelsheim (Alsace) devient de moins en moins stable, entraînant des risques pour les eaux souterraines en raison des toxines qui y sont stockées. Dans sa résolution, le Conseil Rhénan s’oppose à la décision prise par le Ministère de la transition écologique en janvier 2021 de procéder au confinement immédiat du site de StocaMine sans déstockage supplémentaire. En application du principe de précaution, le Conseil Rhénan demande donc le déstockage immédiat de l’ensemble des colis de déchets situés dans le site.

2021-0917-decision-cr-stocamine

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