Billet de blog 29 nov. 2021

De l'Alsace au Lubéron, même causes, même combat : l'artificialisation c'est non !

La COP et après? Partout en France, des citoyens et des citoyennes doivent user de leur temps, parfois au péril de leur vie, pour s'opposer à l'artificialisation des sols que l'urgence climatique devrait voir stopper. De l'Alsace au Luberon, les exemples ne manquent pas. Ici, nous nous arrêterons sur deux projets dont l'état d'avancement n'est pas au même stade, mais dont les causes sont les mêmes

Bruno Dalpra
Citoyen engagé
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Mise à jour le mardi 30 novembre 2021

L'Alsace de l'après GCO fait peur avec la multiplication des projets accapareurs d'espaces agricoles et naturels. Un phénomène dont l'Alsace est loin d'être la seule et c'est là tout le paradoxe de la politique écologique du gouvernement ou selon les propos du président Emmanuel Macron d'un côté ou de la pseudo ministre de l'Écologie et de la Transition écologique de l'autre, nous devrions avoir une remise en question de la plupart des projets avec la loi climat et résilience. Or, il n'en est rien !

Partout en France, des citoyens et des citoyennes doivent user de leur temps, parfois au péril de leur vie, pour s'opposer à l'artificialisation des sols que l'urgence climatique devrait voir stopper ! 


86 hectares d'un côté, 40 hectares de l'autre, focus sur deux projets de zones d'activité dont l'opposition est passée en mode ZAD à Pertuis (84) et l'autre, en mode alerte à Hoerdt (67) :

À quelques kilomètres au nord d’Aix-en-Provence, dans un Luberon au milieu de la plaine de la Durance un projet de zone d’activité sur la commune de Pertuis (84) suscité une opposition qui vient de mettre en place une zone d’occupation pour empêcher le projet de 86 hectares…

LA ZAD A PATATE

A Pertuis dans le Lubéron, 86 hectares de terres agricoles sont menacées par la mairie pour agrandir la zone commerciale... le tout sur fond de conflit d'intérêt pour le maire qui prendrait 30 hectares pour son activité ! 

Heureusement des collectifs ont la patate et se sont chauffés à en planter ! Plus de 500 personnes sont venues pour la plantation et pour préparer la suite de la lutte lors de cinq grands rassemblements d’entretien de la culture. Les terres de pertuis ont accueilli des collectifs en lutte venus du Briançonnais, du Var, de Marseille et même les Zapatistes du Chiapas lors de la dernière manifestation. Récoltée au mois d’Août la production est partie alimenter les réseaux de soutien alimentaires de Marseille à Briançon. Cette culture a montré l’intérêt de préserver ces terres précieuses et a permis d’expérimenter, le temps de quelques journées, une agriculture plus désirable, collective, populaire et partageable.

Et depuis le 24 novembre, une partie des personnes habite une des maisons promises à la destruction et veille sur le site ! Pour les soutenir et appuyer ce lieu d'expérimentation, ou empêcher les expulsions, suivez les donc sur :

ING : @zone_a_patate
blog : zappertuis.noblogs.org
Facebook : soulevementterrepertuis

source : Les soulèvements de la terre

– le journal lundimatin y consacre un article à lire ici :
A Pertuis, une maison occupée contre le projet d’extension de la zone d’activité


LA ZAC DE HOERDT

Un collectif s'oppose au projet et souhaite un autre destin pour ce lieu dont la nature a repris ses droits avec la biodiversités qui l'accompagne.

En Alsace, l'après GCO, cette autoroute à péage de Vinci imposée par l'Etat en 2018 malgré une vive opposition, a de quoi inquiéter, tant la multiplication des projets d'aménagement sont nombreux, comme par exemple :

  • la liaison A355 - Entzheim
  • la ZAC d'Hangenbieten
  • la ZAC de Hatten,
  • le Center Trailer à Wangenbourg
  • le téléphérique du Mont Sainte-Odile
  • la ZAC de Hoerdt

C'est ce dernier, qui inquiète et fait l'objet d'un focus ici, parce qu'il est l'exemple d'une extension induite de l'ouverture prochaine de l'autoroute A355 de contournement de Strasbourg dont l'objectif est de faciliter le corridor européen nord-sud avec le développement de plateformes et entreprises facilement accessible sur cette axe depuis Lauterbourg via l'A35, en amont du GCO.

Le projet de Brownfields ne fait pas l’unanimité. Pour faire entendre une autre voie, un collectif « Basse Zorn vivant » s’est créé, motivé par « l’absence de concertation » sur un sujet « si lourd de conséquences pour notre avenir à tous et surtout celui de nos enfants », explique Philippe Da Costa, l'un des membres du collectif au DNA.

Sur leur page Facebook, la vingtaine d’habitants dénoncent la bétonisation des terres agricoles, un patrimoine et 150 ans d’histoire humaine menacés. L’hôpital a été un employeur majeur, un lieu de vie et d’activités qui faisait travailler 1 000 personnes, un village à part entière et on veut le transformer en une énième zone industrielle ! On ne comprend pas le choix de nos élus.

Une pétition lancée sur GreenVoice (plateforme de pétitions en ligne dédiée à l’environnement) a recueilli 1 300 signatures et un sondage local a reçu une centaine de retours « contre » le projet.

– aider le collectif en signant leur pétition :
NON à la nouvelle zone industrielle de Hoerdt, avec l'EPSAN, de Reichstett jusqu'à l'autoroute

Une zone d’activité n’a pas d’intérêt majeur !

Pour les opposant, ce projet est aberrant au regard de la situation locale parce qu’à proximité il existe déjà d’autres zones d’activités avec des locaux vides et des emplacements disponibles pour l’installation d’entreprises.

Ici, le seul intérêt majeur à la construction de cette nouvelle zone sert d’abord les intérêts économiques du promoteur.

Parce que les désagréments sont nombreux :

  • augmentation du trafic routier, des camions notamment,
  • nuisances sonores et olfactives,
  • pollution que générerait une zone loin de tous transports en commun, sans pistes cyclables à une époque où toutes les entreprises peinent à recruter notamment pour cette raison ».

– en mai dernier, GCOnonmerci a consacré un article :
Entre Reichstett et Hoerdt : encore du bétonnage en projet !


Un projet « climaticide »

Dans les autres sujets d’inquiétude, le collectif pointe le type d’enseignes qui pourraient voir le jour comme : Super U, Leclerc ou McDo ou autre gros commerce qui signeraient la fin du dynamique cœur commerçant du village de Hoerdt. Des inquiétudes que réfute Brownfields en invoquant le plan local d’urbanisme (PLU) qui « n’autorise pas ce type de projet », indique-t-il au DNA et d’ajouter qu’il travaille « main dans la main avec la collectivité sur la définition du programme et du type d’implantation ». Seulement le promoteur oublie d’évoquer la révision du PLU programmée par la collectivité.

Le collectif dénonce enfin un projet « climaticide » qui prévoit l’abattage d’une rangée de tilleuls centenaires dans l’allée principale du site ainsi que la destruction d’espaces agricoles et d’un écosystème qui s’est développé depuis la fermeture du site. Cet endroit exceptionnel mérite un meilleur destin, plus social, plus humain.
Et le collectif ne manque pas d’idées pour revaloriser les lieux comme un tiers lieu sur le thème du cheval puisque le site est près de l’hippodrome, ou un village Alzheimer, comme à Dax, puisqu’on nous parle de population vieillissante.
Pour Philippe Da Costa, « c’est un peu notre Amazonie, nous voulons la préserver », nous dit-il.

Début janvier 2022, les membres du collectif et leurs soutiens auront l’occasion de faire entendre leurs voix puisqu’une réunion de concertation sur le projet est prévue.

– en photos, balade dans l’ancien hôpital psychiatrique de Hoerdt :
Plus de dix ans d’abandon pour l’ancien hôpital psychiatrique de Hoerdt

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