LA SAVEUR DE LA VIE

Nous avons oublié. Certaines s'en foutent. D'autres s'interrogent du pourquoi de notre présence sur cette Terre. D'autres encore savent tellement mieux que les autres, enflent leur ego à coup de renommée en parlant de nos origines… Beaucoup n'y pensent pas, car se serait tellement gênant de se rendre compte que l'on a tout gâché…

 

Je regarde du haut d’ailleurs, loin dans l’espace et le temps.

Je regarde ce qui se passe plus bas, quelques planètes en dessous de celle où je vis,

au bout d’un bras de la galaxie.

J’y vois une boule, un peu ovale et bleue.

Je n’ai pas assisté à ce qui s’y est passé à ses débuts. Cela a dû être rigoureux, brutal et porteur d’énergie, d’allant,

comme la nature sait le faire.

Je me suis éveillée juste au moment où cela a commencé d’aller très mal.

Comment des hommes peuvent-ils se noyer dans l’inconfort des guerres ?

Comment des hommes peuvent-ils se griser de feu et de sang ?

Comment des hommes ont-ils pu si longtemps ignorer leur moitié ?

La haïr parce qu’elle n’est pas faite comme eux ?

Cette autre qu’eux, si différente, et par là même si enrichissante, parce que singulière.

Comment ont-ils pu la battre et la violer, la seule qui puisse encore pérenniser l’espèce…

Comment des femmes ont-elles pu élever des hommes selon des règles, des lois qui ne sont pas intrinsèquement les leurs ?

mais pour lesquelles elles ont votées.

Et des cercles d’hommes se sont formés, des hommes puissants, des hommes funestes.

L’argent n’étant que leur seul salut. Et celui du pouvoir.

Ils ont toujours eu les masses à leurs bottes.

Un échange bilatéral d’intérêts inégaux.

Et chacun des clans préférant que l’autre disparaisse.

Les puissants ont besoin des laborieux, et les laborieux ne peuvent vivre sans l’exploitation des puissants.

Cette iniquité.

Tout en sachant qu’ils sont exploiter, ils continuent malgré tout à pousuivre leur chimère d’accession au pouvoir, eux aussi.

Dans l'esclavage, nous restons.

Ne sont-ce pas les bourgeois qui ont absorbé la Révolution française ?

Et de plus en plus nous pouvons voir les systèmes antagonistes devenir  fantasques, grotesques même.

La dérision est devenue consacrée. 

Non, ce ne sont pas les révoltes qui ont changé les conditions.

Cela n’a jamais servi à rien, ou du moins pour quelques siècles seulement. 

Mon lambda me dire béatement : « Quand même, une idée qui dure quelques siècles ! » 

Oui, mais à l’échelle de l’Univers qu’est-ce que quelques siècles ?

A 11h sur l’échelle du temps de la Terre, celle-ci était en conflit permanent avec divers courants énergétiques

venant de l’Univers.

Des tempêtes de météores en feu, des chaleurs à mourir d’étouffement, aucune vie possible à l’horizon.

A 11h30 un principe s’est sorti de l’eau, seul, et c’est à 11h55 que le premier être a poussé son premier cri.

Entre 11h55 et 12h, ce nouveau-né a tenté d’y voir plus clair et a conçu toutes sortes d’abstractions qu’il a mise en forme,

qu’il a reniée, qu’il a gardée, qui l’ont fait grandir.

Il a appris la mort et la solitude de la mort.

Mais cela a dû aller trop vite pour lui, car en négligeant sa part d’ombre, ce côté obscur et malveillant,

en ne la reconnaissant pas et en la niant, il se forgea une image non conforme à l’état véritable de son esprit.

Là, il y eut antagonisme entre lui et lui.

Lui, le deuxième, l’Ego, prit le pouvoir en tentant toujours d’enterrer vivant l’être suprême.

Cet être suprême, toujours dans les coulisses du subconscient, mais devenu négligable, servile,

savait bien que cet ego ne survivrait pas bien longtemps, à condition d’une profonde réédification de l’être.

D'un changement de paradigme.

Et il ne tient qu'à nous de l'édifier, de recommencer, autre chose.

Et vite, car nous allons périr d'incompréhension, de malhonnêteté, de mauvaise foi, de mensonges, d'ignorance,

de stupidité… et d'abandon de la Terre.

En 3 minutes, entre 12h et 12h03, les plus malveillants d'entre nous tous ont anéanti la seule planète bleue de cet Univers.

Mais il y en a plusieurs… alors…

C'est notre Terre… C'est notre Terre…

 

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