OGM, ou des religions qui ne voudraient pas dire leur nom

 

Je vous invite à lire le papier détaillé et bienvenu  A propos des OGM, signé Michel de Pracontal, au sujet de la récente étude scientifique de M. Gilles-Eric Séralini, de son impact, de ses retombées, et des passions qu'elle a pu susciter.

Ce qui a relevé mon attention, outre les analyses, mises au point, et précisions détaillées au sujet de son précédent papier OGM, une étude fait beaucoup de bruit pour rien, c'est à la fois l'impact médiatique que l'éude de M. Séralini a provoqué, mais également les débats passionnés que nous pouvons retrouver dans les rubriques "Commentaires" des deux papiers de Michel de Pracontal, l'auteur soulignant d'ailleurs à juste titre la profusion des interventions aussi bien que le manichéisme enflammé du débat dans le fil des discussions.

Pour ma part, dans OGM, une étude fait beaucoup de bruit pour rien, j'avais déjà salué l'auteur pour ce que j'avais appelé "une démystification bienvenue" de l'étude tonitruante de M. Séralini.

En effet, sur le terrain des OGM - et on pourrait étendre - j'ai observé dans le débat qu'il pouvait y avoir matière au religieux, mais un "religieux" qui ne pourrait, qui ne voudrait pas dire son vrai nom. Qu'en est-il ? : Constatons d'une part que l'étude de M. Séralini fut relayée en grande pompe, spectacularisée par certains médias, sans esprit critique, sans esprit rationnel, sans esprit impératif de vérification (et ici nous pourrions penser aussi aux exigences de Guy Debord) - tel que le dénonce aussi Michel de Pracontal ; pourquoi ? : Pourrait-il s'agir alors ici d'une sorte de croyance, et,  dit plus sévèrement, d'une forme d'obscurantisme dont une presse passionnée s'est faite l'agiographe ?

De même, le fil enflammé des commentaires passionnés a pu me faire songer à un mur d'ex voto ; où les tenants cachés de l'industrie OGM seraient des Saints élus ou réquisitionnés par le diable. Des simplifications qui pourraient là aussi relever d'un obscurantisme.

Las, ne pourrait-on se demander si l'un des problèmes de fond - lequel sous-tendrait beaucoup d'autres difficultés - ne résiderait pas dans le modèle productiviste monolithique, apparemment inamovible, qui perdure dans le monde de l'agroalimentaire ? Pourquoi les pouvoirs politiques ne cherchent-ils pas à interroger ce modèle productiviste, dont les effets ont largement eu l'occasion d'être recencés ? Le pouvoir ne pourrait-il donc plus questionner ses citoyens, ses acteurs, ses agriculteurs, ses producteurs, afin de récolter des idées et des aspirations qui sont autant de germes d'une volonté de changement ?

Le "modèle" industriel prend le pas, une fois encore, sur le participatif.

Liens utiles : une petite synthèse par Corinne N



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