Le jardin naturel (1)

Qu'est-ce qu'un jardin naturel ?

Le billet ...jardin et ... jardin de Corinne N du 29 juin dernier dans cette édition m'a rappelé une des illustrations du mémoire sur ce sujet de mon neveu Julien POPULIN, mémoire qu'il avait réalisé au terme d'une formation de "guide nature"

Après avoir demandé  à Julien son autorisation et l'avoir obtenu, j'ai fait la proposition  à Corinne de vous le présenter ici par une petite série de billets.

-_-_-_-_-_-_-_-

Le Pays des Collines est une région naturelle sise entre l'Escaut et la Dendre (Belgique), caractérisée par son aspect vallonné. Topographiquement elle est la même que la région appelée « Ardennes flamandes » de la Région flamande immédiatement voisine. Son sommet, le Pottelberg (157 mètres) se trouve sur la commune de Flobecq, juste à la frontière entre les deux régions linguistiques. Administrativement parlant, le Pays des Collines se trouve dans la province de Hainaut (Région wallonne de Belgique).

source wikipédia

 

 © julien populin © julien populin

 

 

Christine et Julien présentent

 LE JARDIN NATUREL

Mise en œuvre et développement au Pays des Collines et ses environs.

Mémoire réalisé par Julien Populin dans le cadre de la formation  des Guides-Nature du Pays des Collines, session 2012-2014.

 Tutrice : Christine Everaerts

 -_-_-_-_-_-

 © julien populin © julien populin

"Si tu veux être heureux une heure, bois un verre ; Si tu veux être heureux un jour, marie-toi ; Si tu veux être heureux toute ta vie, fais-toi jardinier"

proverbe chinois

 

"Si l'herbe est plus verte dans le jardin de ton voisin, laisse-le s'emmerder à la tondre"

Fred Allen

 

Torcol fourmilier (Jynx torquilla) © julien populin Torcol fourmilier (Jynx torquilla) © julien populin

 Ce mémoire constitue l’épreuve finale de la formation de « Guide-Nature du Pays des Collines » que j’ai suivie avec plaisir, grâce à la qualité de ses formateurs et à l’ambiance solidaire qui liait (et lie toujours) chaque candidat. Chacun d’eux pourra en témoigner : ce travail est tout sauf l’aboutissement d’une formation qui n’a fait que nous ouvrir les yeux sur le vaste monde naturel qu’il nous reste maintenant à découvrir.

 Et pourquoi ne pas commencer par l’environnement tout proche ? Quel meilleur moyen de comprendre la nature que d’observer ce qui se passe dans notre propre jardin ?

 Cet ouvrage veut sensibiliser le particulier à la richesse qu’offrent les milieux qu’il côtoie au quotidien pour ensuite le rendre acteur de la protection de ceux-ci. Vous ne trouverez pas ici d’exposé pompeux sur le besoin de protéger l’environnement mais des actions très concrètes à mettre en place chez vous.

 

 Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, des illustrations et des photos agrémenteront le texte. Elles sont toutes de l’auteur et de son papa (une exception page 92 !).

 

Deux personnages vous suivront tout au long de votre lecture. Laissons-les se présenter :

 

 

 © julien populin © julien populin

 

Qu’est-ce qu'un jardin naturel ?

Il n’est pas question ici de décréter ce qu’il faut faire ou pas dans le jardin mais il est essentiel de comprendre les conséquences qu’aura le mode de gestion de notre terrain sur ce milieu fragile.

 

jardin traditionnel jardin traditionnel

 

jardin naturel jardin naturel

 

Comparons ces deux exemples : le premier est propre, l’herbe est coupée courte, pas une mauvaise herbe ne vient perturber la linéarité des aménagements. Le second semble plus « brouillon », des trèfles, de la mousse et des pâquerettes côtoient des brins d’herbe mal tondus, les haies ne sont pas taillées au carré. Pourtant le premier cas sera un désert biologique forcé à coups d’engrais et de pesticides pour ne garder que les plantes désirées. La balançoire et les jouets couteux ne plairont qu’un temps aux enfants. Seul un jardin plus sauvage peut accueillir nos oiseaux, insectes et mammifères tout en préservant durablement les plus jeunes de l’ennui.

 On a souvent tendance à considérer que tout ce qui pousse entre les plantes ornementales est une mauvaise herbe. C’est probablement un héritage des jardins bourgeois du 19ème siècle, qui sont devenus les modèles à atteindre pour le particulier. Mais c'est oublier que les espèces bien de chez nous, dites « indigènes » constituent des sources de nourriture et des abris pour nombre de petits insectes et autres animaux du jardin. De plus, ces espèces sont très résistantes face aux maladies qui touchent parfois les plantes exotiques et les cultivars. Et pour couronner le tout, elles abritent souvent des insectes qu'on appelle auxiliaires car ils aident le jardinier dans sa lutte contre les pucerons et autres ravageurs. Il n'est donc en général plus nécessaire de pulvériser un parterre où les plantes indigènes ont trouvé place.

 Le concept de « jardin sauvage » a fait son apparition en Belgique au début des années 90 sous l’impulsion d’une membre des RNOB (actuellement Natagora). L’idée est d’amener progressivement le jardinier à changer d’état d’esprit pour qu’il comprenne qu’un jardin avec un coin un peu sauvage n’est pas un jardin désordonné. Il permet qu’un équilibre naturel s’installe. L’ « éco-jardinier » cherche donc à rendre son jardin aussi accueillant que possible pour la faune et la flore indigène. Pour cela il devra respecter impérativement trois règles :

*   Diversité des habitats
 
*   Pas de pesticides
 
*   Plantation ou semis de plantes indigènes

 -_-_-_-_-_-

 

Les avantages du jardin naturel

 

 Vous faites un geste pour vous 

En bannissant les pesticides vous évitez de vous intoxiquer avec ces produits très dangereux pour la santé.

 

Vous faîtes un geste pour la nature

La faune et la flore sont fortement mis à mal dans notre pays. Les causes identifiées sont l’intensification de l’agriculture, l’urbanisation, la gestion intensive des espaces verts et bords de route, la progression des espèces invasives,…Cela aboutit à un morcellement de plus en plus important des écosystèmes pouvant accueillir la vie.

 Les jardins privés, mis côte à côte, occupent des surfaces considérables. Bien conçus et gérés avec bon sens, ils contribuent au maintien de la biodiversité. Un jardin est à lui seul un véritable écosystème, en relation étroite avec les milieux qui l’entourent. Il devient un maillon essentiel du réseau écologique, reliant les zones naturelles morcelées en offrant à la fois nourriture, abris et espaces de nidification.

 C’est joli 

 En favorisant les floraisons de la haie, de la praire fleurie et des parterres vous avez l’assurance d’obtenir de magnifiques mélanges colorés. La mare sera source de détente. Les parures de nos papillons finiront de rendre ce «coin de paradis » idyllique. Vous obtiendrez un espace de flânerie où il est agréable de se promener et de travailler.

 De belles découvertes

En créant des milieux d’accueil variés, vous verrez progressivement votre jardin se coloniser de nouveaux hôtes, animaux ou végétaux. Quel plaisir de découvrir un lérot dans vos arbres fruitiers au crépuscule ou une magnifique chenille de sphinx dans vos haies.

C’est moins de travail !

 En espaçant les tontes et les tailles de haies, en laissant pousser les herbes sauvages et en rassemblant des tas de branches, pierres et produits de fauche (plutôt que d’aller systématiquement au parc à container), vous libérez un temps libre précieux ! Pourquoi ne pas en profiter pour boire une bonne Quintine sur la terrasse ?

 

 © julien populin © julien populin

 

-_-_-_-_-_-

Dans le prochain billet : Les composants du jardin biologique

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.