POCHON André, Les champs du possible - Plaidoyer pour une agriculture durable

Cet article date de mars 2010, mais il est tout aussi intéressant que s'il avait été écrit hier ! Je l'avais déjà indiqué "en lien" à ce moment-là, mais aujourd'hui quelqu'un l'a posté sur FB et je me dis que ce serait bien de le mettre en valeur à nouveau ! C'est sur le site de Bastamag, c'est ceci :

"Face au productivisme"

Cet autre modèle agricole français qui rend les paysans heureux

Par Bertrand Torres Valda, Nolwenn Weiler (17 mars 2010)

La France agricole n’a pas toujours été productiviste. Au sortir de la guerre, alors qu’une augmentation de la rentabilité s’impose, des agriculteurs français bâtissent un modèle de gestion économe et autonome « qui nourrit son homme », sans détruire ni le sol, ni la ressource en eau. André Pochon, 79 printemps, pionnier breton de cette agriculture durable, nous raconte pourquoi et comment cette expérience originale se poursuit aujourd’hui, pendant qu’à côté faillites, pollutions et suicides disqualifient le modèle productiviste.

André Pochon est paysan, et fier de l’être. A 16 ans, il abandonne l’école pour retourner aux champs, malgré la pression de ses profs, qui lui trouvent « d’excellentes capacités intellectuelles », et le somment de continuer. Ils lui prédisent des regrets éternels. Lui, y trouvera une source de bonheur quasi-quotidien. Doublé d’une solide satisfaction : celle de faire avancer sa profession. Car André Pochon est un chercheur. Curieux, un brin perfectionniste, il va, avec une poignée de collègues, initier une dynamique agricole unique, qui aujourd’hui encore motive, chaque année, de nouvelles installations. Une rareté en ces temps de crise agricole, et de déprime quasi-générale de la profession.

Révolution fourragère

C’est au sein des CETA (Centres d’études techniques agricoles) que commence pour lui la grande aventure de l’agriculture qui cherche, et qui trouve un modèle économique : les petites fermes, bien menées, sont très rentables. Imaginés au sortir de la Seconde guerre mondiale par Bernard Poulain, agriculteur dans les Yvelines, les CETA sont des coopératives d’idées au sein desquelles les paysans se retrouvaient pour faire le point sur leurs techniques d’élevage et de culture, échanger leurs observations, faire de nouveaux essais. Le tout en étroite collaboration avec l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Ensemble, chercheurs et paysans mettent en route la « révolution fourragère », qui, en valorisant la ressource « pré », permet aux agriculteurs d’augmenter leurs rendements, avec peu de dépenses. « Le mouvement des CETA et la recherche agronomique ont mis en route le progrès, qui n’a rien à voir avec le productivisme : une agriculture productive, à haute valeur ajoutée, basée sur des notions agronomiques élémentaires, et en particulier sur la rénovation des prairies », résume André Pochon.

Co-fondateur du CETA de Corlay, dans les Côtes d’Armor, André Pochon s’épanouit pleinement dans cette agriculture chercheuse. Plutôt zélé, il va, suite à des observations, parfaire les techniques conseillées par l’INRA. Et mettre au point, avec ses collègues de CETA, une gestion optimale de la prairie.

 

Entretien avec André Pochon 1 © Basta !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Livres publiés :

POCHON André, La prairie temporaire à base de trèfle blanc. Première édition en 1981, régulièrement mise à jour depuis. Editions Cedapa, Plérin

POCHON André, Les champs du possible - Plaidoyer pour une agriculture durable, 1998, Editions Syros, Alternatives économiques.

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