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Billet de blog 26 juil. 2019

Quelle agriculture pour demain ? Témoignage et réflexions, par André Boutteaud

« La formidable mutation de l’agriculture depuis 70 ans a été accompagnée par la chimie industrielle. On mesure maintenant les limites et surtout les conséquences désastreuses sur la biodiversité et la santé. Il est urgent de trouver des alternatives. Heureusement, il y en a. » André Boutteaud s’engage pour la transformation d’une agriculture devenue « accro à la chimie » dans son livre.

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“Nous sommes devenus accros à la chimie” À 87 ans, André Boutteaud ne mâche pas ses mots. Pourtant, cet ancien président de la Chambre régionale d’agriculture du Poitou-Charentes connait la chanson : lorsqu’il devient paysan, au sortir de la guerre, il participe avec enthousiasme à la révolution verte. D’abord chez les JAC, les Jeunesses agricoles catholiques. Puis dans le syndicalisme agricole, chez les jeunes agriculteurs et à la FDSEA. Mécanisation, engrais, pesticides, remembrement, “bonnes pratiques” diffusées par les techniciens, négociations avec l’exécutif… L’homme se passionne pour le progrès en marche, prend des responsabilités, à la chambre régionale, au Crédit Agricole…
En 1998, son fils Jean, qui a repris la ferme familiale, la convertit à l’agriculture biologique. Dans la famille, il y a un précédent : un beau-frère d’André, viticulteur de Cognac, avait passé son exploitation en bio en… 1969. “Il a été exclu de la chambre d’agriculture, considéré comme un traitre” souligne non sans malice André Boutteaud. Jeune homme, il se souvient d’avoir, le pulvérisateur sur le dos, traité les champs sans aucune protection avec un produit depuis interdit. Il se souvient aussi d’amis, décédés de cancers. Et de la lente prise de conscience des dangers de produits, pourtant vantés comme aussi efficaces qu’ » écologique » et de plus, bon marché.
À 87 ans, l’homme se tient droit et aime toujours autant observer les cultures et les gens. Professionnel respecté, connaisseur des deux rives de l’agriculture, il se fait passeur dans ce livre volontairement concis, qui se lit en une heure ou deux. Pour inciter au dialogue ses anciens collègues. Pour encourager les alternatives. Pour expliquer, aussi, pourquoi les plans Ecophytos sont des échecs.
Dans le monde du conventionnel, chez les anciens collègues de la Chambre ou du Crédit Agricole, chez les notables, son initiative est prise avec des pincettes. Pourtant, le propos est respectueux, pas donneur de leçons. Mais pas facile à balayer, non plus, d’un revers de chapeau. Alors, on choisit de ne pas en parler. Raison de plus pour faire un peu de publicité à ce propos à la fois réaliste et éloigné de tout conflit d’intérêts.

Quelle agriculture pour demain ? d'André Boutteaud, éditions La nage de l'ourse. 76 p, 11 euros. Disponible en libraries.

Quelle agriculture pour demain ? André Boutteaud © La nage de l'ourse

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