Billet de blog 13 nov. 2017

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Quand les jeunes s'exercent oralement au jeu de langage du populisme:joutes oratoires

Quand les jeunes s'exercent oralement au jeu de langage du populisme: joutes oratoires entre jeunes étudiants et une lycéenne sur des thèmes d'actualité.

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« Le populisme à l’oral », tel est le libellé d’un atelier confié à de jeunes étudiants et une lycéenne:

De quoi s'agit-il?


D’apprendre à utiliser les « éléments de langage » du populisme, pour convaincre son adversaire . Ces débats contradictoires sont proposés, ce vendredi soir à l’Aubette, dans le cadre du « Forum mondial de la démocratie», côté « off ». C’est l’association « école des jeunes orateurs » dirigée par un étudiant de sciences politiques, Maxime Cleret qui s’est chargée d’organiser la soirée , en partenariat avec le « courrier international. »

Trois débats se sont succédés devant un jury prestigieux, composé de Pascal Créhange, bâtonnier, Josiane Bigot, magistrate, Virginie Lepetit, journaliste au « courrier international » et maître Szpiner, avocat.

Les candidats se sont préparés depuis une quinzaine de jours. Trois équipes se sont affrontées, sur des thèmes proches de l'actualité:

La première a débattu sur le thème: l’Europe, une amie qui vous veut du mal?
La seconde, sur le thème: ne peut-on migrer qu’à bac + 3?
La dernière: l’urgence écologique: une fake news?
Chaque candidat disposait de 5 minutes pour exposer son point de vue, 8 mn pour la dernière équipe qui fonctionnait en duo.

Ces jeunes ont-ils répondu à nos attentes, ont-ils su user, voire abuser des éléments de langage ou ficelles du populisme pour convaincre leur adversaire mais surtout convaincre le jury et nous convaincre?

La tâche n’était pas facile, surtout pour ceux qui devaient endosser le point de vue des populistes et donc leur langage. Si parfois ils ont dû avoir recours à leurs notes, mais rarement, s’ils ont semblé,rarement aussi, un peu hésitants, on ne peut qu’être admiratif devant le résultat: globalement, tant sur la forme - importante ici - que sur le fond, ils ont été à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre; leur jeunesse ne les a pas desservis, au contraire, elle leur a permis de mettre plus de fougue dans leur démonstration et aussi de l’humour. Ainsi, Valentine, de sciences po, a fait sourire le jury et l’auditoire en disant, à propos des migrants: « il vaut mieux être un smartphone coréen qu’un être humain » pour franchir les frontières! Mais c’est le duo, formé par Marie, de sciences po et Nadège, lycéenne en classe terminale au lycée de Sélestat qui a impressionné jury et auditoire par son style, ses arguments et surtout sa forme, vive, enjouée, prenant toute la salle à partie.

Mais qu’en a pensé ce jury, fait de spécialistes chevronnés?
« Ce que vous avez fait est tout simplement remarquable », a dit Maître Szpiner, repris et approuvé par les autres membres du jury. Pour Lysiane Baudu, du « courrier international », les orateurs ont prouvé par leur démonstration, qu’on peut lutter contre ce qu’elle a appelé un « populisme meurtrier ».


Et la salle? Elle aussi a été fascinée par ces jeunes orateurs et n’a pas manqué d’applaudir longuement après chaque prestation.

Le jury a ensuite distribué les prix aux gagnants, tout en reconnaissant que tous étaient bons. Ce sont Valentine, Marine et Nadège qui se sont partagées le premier prix ex-aequo, offert par le « courrier international ».

La soirée s’est prolongée, autour d’un verre et en discutant avec les jeunes sur leur travail, mais aussi leurs projets. Une chose est sûre, à les entendre, aucun de ces jeunes ne restera sur le carreau, chacun a un bel avenir devant lui.


Il faut, une fois encore, souligner la bonne implication de la ville de Strasbourg dans ce côté « off » du Forum, mais aussi remercier les co-organisateurs, comme le « courrier international » qui, toute la semaine était présent et actif. Chaque événement du « off » a attiré de nombreux auditeurs, preuve s’il en est nécessaire, qu’à Strasbourg, le public est là et est prêt à revenir.

Le sixième Forum mondial de la démocratie est clôt. Rendez-vous l’année prochaine!

Geneviève Baas - novembre 2017

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