Pour connaître marseille, regardez du côté des petites associations de quartiers

En ce jour de manifestation pour demander un débat sur l'élaboration d'une 6e république et à 3 jours de l' « autre 8 mai » (Sétif, Guelma et Kherrata), je voudrais dire comment les pires moments de la 3e république (le développement d'un « empire républicain »), la 4e (la guerre tous azimuts pour le maintenir) et de la 5e république (la mise en place d'une technocratie centralisée au service d'un président-roi) ont contraint le territoire portuaire marseillais et inspiré les édiles locales.

En ce jour de manifestation pour demander un débat sur l'élaboration d'une 6e république et à 3 jours de l' « autre 8 mai » (Sétif, Guelma et Kherrata), je voudrais dire comment les pires moments de la 3e république (le développement d'un « empire républicain »), la 4e (la guerre tous azimuts pour le maintenir) et de la 5e république (la mise en place d'une technocratie centralisée au service d'un président-roi) ont contraint le territoire portuaire marseillais et inspiré les édiles locales.

Les marseillais, selon les quartiers, ont reçu les bénéfices, ou subit les conséquences, de ces politiques « nationales » et ont fait avec .

Au moment des lois de décentralisation censées assouplir la 5eme république , les pouvoirs de la mairie centrale ont accaparé encore une fois (en coup d'Etat permanent) tous les moyens de la gestion municipale au profit de l'oligarchie des potentats locaux issus des grandes familles (chambre du commerce et cercle des nageurs, pour aller vite!) .

Aussi Marseille est la seule ville je crois où seule la moitié des habitants et le tiers de la surface est gérée par le « Droit Commun  républicain», avec des élus locaux, et des services publics comme on en trouve partout en France . Pour tous les autres, 400 000 habitants pauvres d'un territoire qui va de la Canebière à l'Estaque (2ème, 3ème, 15 eme, 16ème arrondissements) et du port industriel jusqu'à Aubagne (14ème, 13éme, 11eme, des ilôts du 8, 9 , 10 ème arrondissements), c'est à une administration contractuelle spécifique que l'on a confié la gestion « des problèmes » , « des administrés » : un préfet spécifique, des délégués du préfet, des correspondants des services publics, ou des sous-traitants associatifs prestataires . Formellement le « Droit commun républicain » est toujours présent , mais à dose homéopatique . La représentation politique par contre a astucieusement été évacuée . Les territoires administrés par contractualisation ne reprennent pas les limites administratives du Droit commun , que ce soit les zonages du CUCS (Contrat Urbain de Cohésion Social), les nouvelles ZSP (Zones de sécurité …), les ZUS (zones urbaines sensibles), les ZFU(zones franches urbaines) etc etc, alors qu'au final elles recouvrent entièrement des arrondissements , ou à défaut pour quelques endroits des cantons . En conséquence aucun lieu de débat républicain n'est prévu pour les décisions prises dans ces cadres . Les habitants ne sont pas des citoyens mais des administrés . Même là où le cadre citoyen est prévu, les mairies d'arrondissement, à Marseille Gaston Deferre a installé une mairie pour 2 arrondissements , contrairement à Paris par exemple !

Concernant les questions économiques, les mêmes dichotomies sont à l'oeuvre : des zones de réfexion sur la concurrence internationale , de l'Université au Club de la presse en passant par tous les lieux de pouvoir locaux , des lieux de réflexion sur la pauvreté et l'action sociale, de l'Univesité au Club de la Presse en passant par tous les lieux de pouvoir locaux, avec l'évacuation complète des 400 000 habitants qui pourtant sont les pourvoyeurs de richesse au port ou ailleurs, et les pourvoyeurs d'emploi pour beaucoup d'habitants des classes moyennes du « Sud » de la ville .

Pourtant dans les assemblées générales des multitudes de petites associations de cités et quartiers composés d'habitants bénévoles experts en solidarité économique et sociale et en citoyenneté  tous secteurs confondus, des solutions aux multiples problèmes rencontrés sont trouvées tous les jours, pour arriver à vivre et être heureux, malgré l'hostilité déversée à longueur d'émission télé ou d'articles de journaux sur « eux ».

Quelques uns essayent de crier pour obtenir le droit de cité, mais ils le payent bien cher, et sont très peu relayés même par les vrais contre pouvoirs sur la place, tellement l'écart entre citoyens et administrés des quartiers est important, tellement les 3 précédentes organisations constitutionnelles ont ancré cette représentativité sélective .

Oui l'urgence d'une démocratie retrouvée est nécessaire, qui ouvre la participation de tous à la réalité des pouvoirs , qu'enfin toutes les trouvailles de bonne gestion fabriquée dans nos cités marseillaises servent d'exemple pour une réfondation républicaine réussie .

Pour connaître toutes ces associations inventives qui enchantent au quotidien les vies difficiles des habitants très pauvres, venez dans les centres sociaux et les associations des quartiers, tapez sur Google les noms des quartiers, des cités des quartiers Nord, ne vous fiez plus aux discours tout faits sur Marseille par les médias ou les institutionnels . C'est dans ces lieux que résident les bonnes idées pour notre avenir, à Marseille et ailleurs .

 

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