Billet de blog 23 févr. 2018

Bruno Doguet
Journaliste
Abonné·e de Mediapart

«Étudiant et communiste» et « Comment je ne suis pas devenu doyen »

Deux récits d'étudiants : « Étudiant et communiste », par Dominique Vidal, 17 ans, étudiant, responsable UEC de la région parisienne et « Comment je (ne) suis (pas) devenu le premier étudiant, doyen d'une faculté de Médecine », par Marc Steinling , étudiant en 3e année de Médecine à Strasbourg

Bruno Doguet
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

« Étudiant et communiste »

Dominique Vidal

17 ans, étudiant, responsable UEC de la région parisienne

Paradoxalement, c’est en avril que commence « mon » Mai 68 : quand je suis élu au bureau national de l’Union des étudiants communistes (UEC). Je me rappelle même la date : le 4. Car, en sortant du Congrès, France-Soir titrait sur l’assassinat de Martin Luther King. Quelques jours plus tard, me voilà promu membre du secrétariat, responsable de l’UEC de la région parisienne. Or je n’ai alors pas encore 18 ans ! Cette responsabilité m’inquiétant, je m’en ouvre bientôt au secrétaire général, Jean-Michel Catala, qui me répond : « Ne t’en fais pas. Au troisième trimestre, les étudiants passent leurs examens. »

Boutade révélatrice : ni le Parti communiste français (PCF), ni son organisation étudiante n’ont vu venir le mouvement qui, d’abord étudiant, puis ouvrier, va ébranler le pouvoir gaulliste finissant. Ils ne sont pas les seuls : le 15 mars, dans Le Monde, Pierre Viansson-Ponté intitulait son éditorial « La France s’ennuie ».

Cet aveuglement de l’UEC, dont je suis membre depuis un an et demi, s’explique : les scissions successives des années 1960 – « italienne », trotskiste et maoïste – l’ont littéralement saignée. À preuve mon « cercle », celui du lycée Henri-IV, abandonné dès la rentrée 1966 par les deux tiers de ses adhérents, séduits par la « Grande révolution culturelle prolétarienne ». Il a fallu en 1967 deux initiatives très réussies, la Conférence nationale des étudiants salariés et la manifestation « La jeunesse avec le Vietnam », pour que nous commencions à remonter la pente. Il n’empêche : à la veille de Mai, je « dirige » à peine 1 500 adhérents en région parisienne, sur un total de 3 500 adhérents au niveau national.

Au-delà de leur faiblesse numérique, les étudiants communistes ont d’autres raisons, politiques celles-là, de ne pas comprendre de quoi le Mouvement du 22 mars est le nom. Notre propagande, à l’époque, se focalise sur les conditions de vie et d’études. Car professeurs et locaux manquent cruellement pour faire face – baby-boom et démocratisation aidant – à la multiplication du nombre d’étudiants : de 300 000 en 1960 à 850 000 en 1970. Voilà qui nous semble, à juste titre, bien plus important que la revendication de la mixité dans les résidences universitaires, point de départ du mouvement lancé par Dany Cohn-Bendit à Nanterre… Et pourtant, reconnaîtra plus tard Pierre Zarka, un des dirigeants de l’UEC locale, « avec le recul, cela cristallisait pourtant les aspirations à l'autonomie, à la liberté, à la maîtrise de soi, ce que nous n'avons pas su voir (…) ».

Des événements, dont je me souviens parfaitement, auraient pu – dû ? – nous mettre toutefois la puce à l’oreille. D’autres pays que la France connaissaient des mouvements étudiants, à commencer par l’Allemagne : nous avions même manifesté, en avril, contre la tentative d’assassinat de Rudi Dutschke, le leader du syndicat étudiant SDS. Et, même en France, des grèves ouvrières souvent violentes, impulsées par des jeunes, éclataient d’un bout à l’autre du pays : les feuilles gauchistes, que je lisais, en rendaient compte.

Voilà sans doute le mot clé : les gauchistes. C’est alors l’obsession du PCF : ces trotskistes et ces maoïstes, qu’il a exclus de l’UEC, le défient au sein des universités avant de prétendre lui tailler des croupières dans les usines et les bureaux. On mesure notre crispation au titre du tract que nous distribuons dans toutes les facs : « Gauchistes et fascistes font le jeu du pouvoir ». Il faut dire que, le 25 avril, nous essuyons un cuisant échec à Nanterre : Pierre Juquin, responsable du Parti aux intellectuels, venu présenter les propositions communistes pour l’université, doit quitter l’amphi sans avoir pu s’exprimer – il a couru « comme un lapin », ricanent nos adversaires…

Tous les étudiants communistes présents dans les facs se souviennent comme moi, je crois, du 3 mai au matin : à la Sorbonne, le gauchiste de service nous lit, à haute voix, l’éditorial de l’Humanité, signé d’un certain Georges Marchais et intitulé « De faux révolutionnaires à démasquer » – dont Cohn-Bendit qualifié d’« anarchiste allemand ». Dans la bouche de notre procureur, la formule devient « juif allemand »… Dur, dur, ce jour-là, de défendre la « ligne ».

Le secrétaire à l’organisation du PCF n’imaginait pas qu’il avait vu juste : le soir même, les gauchistes mettent le feu aux poudres. Nous nous retrouvons d’abord dans la cour de la Sorbonne avec les troupes du 22 mars, chassées de l’Université de Nanterre, fermée par son recteur Pierre Grappin. Et le recteur Jean Roche suit son exemple au cœur du Quartier latin : les CRS nous expulsent et embarquent nombre d’entre nous dans leurs fourgons. J’échappe de justesse à l’arrestation et gagne la manif qui s’improvise boulevard Saint-Michel : en quelques minutes, les grenades lacrymogènes rendent l’air irrespirable. Mai 68 commence pour de bon.

Dix jours durant, la Sorbonne reste fermée, et les manifestations se succèdent, de plus en plus massives. Comme tous les étudiants communistes, je me sens un peu schizophrène : notre dénonciation des gauchistes et notre appel à « passer les examens » ne nous empêchent pas de participer, presque clandestinement, aux défilés. Heureusement, le PCF et l’UEC infléchissent progressivement leur discours. Le 4 mai, je distribue avec mes camarades un tract appelant les étudiants à « agir aux côtés de la classe ouvrière ». Il faut dire que nous nous sentons les « porte-voix » des travailleurs dans les facultés, une force… et une faiblesse : nous sommes trop sûrs de nous.

Deux jours plus tard, une réunion du Bureau national avec René Piquet, le responsable à la jeunesse du Parti, et Pierre Juquin prend enfin la décision attendue : nos étudiants ont le feu vert pour participer à la manifestation prévue le 7 mai pour exiger la réouverture de la Sorbonne et la libération des étudiants arrêtés. Ce tournant, le Bureau politique du PCF l’officialise le même jour, soulignant dans un communiqué la « légitimité du mouvement étudiant ». Et, le 8 mai, je me souviens avoir lu avec soulagement à la librairie Clarté l’éditorial de l’Humanité, signé de Roger Garaudy et intitulé : « Vive la lutte des ouvriers et des étudiants ! »

Notre avantage, c’est en effet que, la Sorbonne inaccessible, nous pouvons néanmoins nous réunir : dans notre local, place Paul-Painlevé, face au square gardé par la statue de Montaigne. La librairie proprement dite n’occupe que le rez-de-chaussée, mais l’important, c’est la grande pièce du bas, où se tiennent les réunions. Pour les assemblées générales, nous disposons aussi d’une grande salle rue Gît-le-Cœur, à deux pas de la place Saint-Michel. Et nous retrouvons notre « parrain » du PCF à la section du Ve arrondissement, rue Linné.

Lorsque je ne siège pas avec les secrétaires de « secteurs » de l’UEC, je déambule volontiers dans le quartier. C’est ainsi que, le 9 mai, je tombe sur un attroupement boulevard Saint-Michel, au coin de la place de la Sorbonne. Je reconnais sans mal la bouille de Cohn-Bendit, repérable entre toutes par sa tignasse rousse. Mais le visage de son interlocuteur m’est également familier : c’est Louis Aragon. Et l’écrivain m’impressionne : il tient tête, avec une visible empathie, aux étudiants qui le contestent sans ménagement. Il promet même de leur « donner » plusieurs pages de son hebdomadaire, Les Lettres françaises – et il tiendra parole !

Si les manifs se déroulaient jusque-là sans incident notable, il n’en va pas de même de celle du 10 mai. Nous remontons pacifiquement le boulevard Saint-Michel lorsque, le soir venu, certains étudiants (?) commencent à arracher des pavés et à construire des barricades. Les CRS attendent plusieurs heures avant de se décider à nous déloger. Et ils le font avec une extrême violence. Aux jets de lacrymogènes succèdent des charges à coups de « bidules », ces longues matraques utilisées pendant la guerre d’Algérie. La répression se transforme en chasse à l’étudiant. Chacun tente alors de pénétrer dans un immeuble et de monter dans les étages pour échapper aux policiers. Avec trois camarades, nous quittons la place Edmond-Rostand pour faire le tour du quartier : je comprends cette nuit-là ce que « répression policière » veut vraiment dire. Au petit matin, nous découvrons un spectacle stupéfiant : rues dépavées, vitrines brisées, carcasses de voitures brûlées…

Cette fois, la brutalité du pouvoir a bousculé les dernières hésitations. Syndicats, ouvriers comme étudiants et enseignants, et partis de gauche s’unissent contre la répression et appellent à la grève générale et à des manifestations pour le 13 mai. Pour sa part, le secrétariat du Mouvement de la jeunesse communiste de France (MJCF), dont l’UEC fait partie, déclare : « Étudiants, lycéens, jeunes travailleurs, dans les prochaines heures, participez massivement aux grèves, aux manifestations, aux meetings : à la protestation de tout notre peuple contre la répression policière. Aujourd’hui 11 mai, toute la jeunesse est solidaire de la masse des étudiants et des lycéens. Le Quartier latin aux étudiants et aux professeurs ! Réouverture de toutes les facultés ! Amnistie immédiate pour tous les emprisonnés ! (…) »

Évaluer l’ampleur des manifestations a toujours posé problème à Paris : les organisateurs gonflent les chiffres, tandis que la Préfecture de police les diminue. Celle du 13 mai 1968 passe pour la plus puissante depuis la Libération. Avec ma courte expérience, je me permets d’en douter : j’ai conservé des images plus massives de « ma » première manif, l’enterrement des morts de Charonne, le 13 février 1962. En tout cas, le défilé a de quoi impressionner : lorsque nous arrivons devant le lion de Denfert-Rochereau, la queue du cortège piétine encore à la Gare de l’Est. L’événement ne nous fait pas perdre notre sens de l’humour : nous rapportons une banderole « 10 ans ça suffit ! », que nous installons devant le bureau de François Hilsum, le secrétaire général (presque quadragénaire) du MJCF…

Avec cette journée historique, un autre Mai débute : celui des ouvriers. La grève, en effet, se généralise : elle entraînera jusqu’à 11 millions de travailleurs. Nous, nous retrouvons et réoccupons la Sorbonne, rouverte par Georges Pompidou qui, de retour d’Afghanistan, ordonne aussi la libération de tous les étudiants emprisonnés. Les tags fleurissent : « Sous les pavés, la plage », « Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes ! », « L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier capitaliste », « Ne me libérez pas, je m'en charge », « Vivez sans temps mort, jouissez sans entraves »

Dans la grande cour, chaque groupe politique installe son stand, à commencer par les trotskistes du Comité de liaison des étudiants révolutionnaires et de la Jeunesse communiste révolutionnaire. Les premiers, lambertistes, sont infréquentables : ils ne savent que faire le coup de poing. Avec les seconds, pablistes[1], la discussion reste possible. Je me rappelle un échange, plutôt amical, avec Henri Weber, que je conclus par cet argument hélas très daté : « Quand le PC dépasse les 20 %, comment militer ailleurs ? »

L’UEC aussi tient sa table, et j’y passe l’essentiel de mon temps, quand je ne participe pas aux commissions qui se réunissent pour débattre – entre autres – de la réforme de l’enseignement supérieur. Prendre la parole dans le grand amphi me semble, en revanche, plus difficile, tant l’hostilité des gauchistes reste vivace : mes rares tentatives échouent. À vrai dire, l’assemblée générale n’appartient pas vraiment à notre culture. Et pourtant, dans presque toutes les facultés parisiennes, les étudiants communistes prennent désormais place dans le mouvement – comme d’ailleurs les JC dans les « Comités d’action lycéens ».

Au bout de quelques jours, métros et bus s’arrêtent, et l’essence vient à manquer. De toute façon, le vieux solex que ma tante m’avait offert a fini sur une barricade. La marche à pied demeure le seul moyen de transport à travers Paris – sauf quand un imprudent oublie de cadenasser son vélo. Dormir à la Sorbonne m’évite donc souvent un long aller-retour à la Porte de Vanves, où j’habite alors. D’autant que les nuits y offrent souvent de bonnes surprises. Autre refuge possible : le théâtre de l’Odéon occupé à partir du 16 mai, et surmonté d’une banderole assurant « L'imagination prend le pouvoir à l'ex-théâtre de l'Odéon. Entrée libre »…  

L’entrée en lice du mouvement ouvrier modifie la hiérarchie de nos préoccupations. Progressivement, la question principale devient celle du débouché : syndical, avec les négociations de Grenelle ; politique, avec la revendication d’un gouvernement populaire. Le 27 mai, autant le rejet de la première version des accords de Grenelle à l’usine Renault de Billancourt nous réjouit, autant le meeting du stade Charléty avec Pierre Mendès-France et Michel Rocard nous inquiète. D’autant que, le lendemain, François Mitterrand annonce sa candidature à la présidence de la République. Je me souviens en revanche de l’immense espoir du 29 mai, quand nous défilons avec des centaines de milliers de travailleurs à l’appel de la CGT. Mais la disparition de De Gaulle nous inquiète : et si l’armée tentait un putsch ? Une rumeur affirme que des chars se positionnent autour de Paris. Le suspense s’achève le 30, avec la grande manifestation gaulliste sur les Champs-Élysées – dont Jean-Michel Catala nous dit, à juste titre, qu’il s’agit sans doute aussi de « la plus grande manifestation étudiante de Mai ».

À la vérité, mes camarades et moi sommes attristés à l’idée que ces extraordinaires semaines se terminent en queue de poisson : par une campagne électorale. Tandis que nos adversaires scandent « élections trahison », nous y prenons part, mais sans enthousiasme : j’ai encore chez moi une photographie où je figure, la mine renfrognée, à la tribune d’un meeting à Montreuil sur le thème « La jeunesse avec le Parti communiste ». Car chacun sent que le pouvoir va mobiliser les peurs suscitées par les barricades – et la joie de l’essence revenue – pour rassembler, en juin, une majorité réactionnaire. Les résultats dépassent nos craintes : des urnes sort une Chambre bleue horizon, où le PCF perd plus de la moitié de ses sièges.

Sur le moment, cette déception dissimule aux yeux de beaucoup le caractère historique de Mai 1968. Dès juillet, le comité central du PCF tente, non sans peine, d’en prendre la mesure, face à Roger Garaudy pour qui « ce mouvement de masse ne s’est pas reconnu en nous et nous ne nous sommes pas reconnus en lui ». Si Waldeck Rochet maintient que « la situation n’était pas révolutionnaire ». Le Printemps de Paris et celui de Prague vont donc accélérer l’aggiornamento qui conduira à la négociation du Programme commun. Trente ans plus tard, Roland Leroy précisera : « Nous étions prisonniers de notre stratégie. (…) À une aspiration révolutionnaire et transformatrice, nous répondions par des préoccupations électoralistes, qui apparaissaient comme politiciennes. Nous disions : “Ce n'est pas possible, puisqu'il n'y a pas d'entente de la gauche, etc.” (…) »… 

Pour l’UEC, l’épreuve a certes été rude, mais elle en sort renforcée. Après des années de crises, les étudiants communistes vont reconquérir une place éminente dans les universités : de 3 500 en 1968, ils passent à 10 000 en 1970, et, l’année suivante, ils prennent avec l’Unef-Renouveau la direction du syndicat étudiant. Dressant le bilan, j’écrirai dans le Nouveau Clarté, dont je suis rédacteur en chef : « Mai-Juin ne fut pas une “crise” parmi tant d’autres, mais le début d’une période historique nouvelle. Nouvelle parce que le nombre, la masse et l’importance des couches nouvellement entrées en lutte posent de manière plus immédiate, plus aiguë, la question de l’alliance, notamment celle des intellectuels avec la classe ouvrière (…). »

[1] Le groupe pabliste donnera naissance au printemps 1970 à l'AMR (Alliance marxiste révolutionnaire).

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« Comment je (ne) suis (pas) devenu le premier étudiant, doyen d'une faculté de Médecine »

Marc Steinling

étudiant en 3e année de Médecine à Strasbourg

1968 : je suis étudiant en 3e année de Médecine à Strasbourg. Militant à l'UEC depuis plusieurs années. Dans les suites immédiates des événements de Mai Juin 1968, et de la mise en place de la loi Edgar Faure est mis en place un Conseil transitoire de gestion de la Faculté de médecine, avec, grande nouveauté, l'existence d'un collège étudiant. J'y suis élu avec plusieurs camarades.

La première séance est consacrée au vote des nouveaux statuts et à l’élection du Directeur de l’UFR (article 1 des Statuts : le directeur de l’UFR prend le nom de Doyen !). Dans le collège des enseignants, de nombreux jeunes agrégés ont pris le pouvoir à la place des anciens « mandarins ». On arrive à l’élection du Doyen : les représentants du collège enseignant (rangs A) nous annoncent qu’ils se sont réunis au préalable et qu’ils proposent le Professeur X à cette fonction. Les autres collèges (chercheurs, enseignants de rang B) ne pipent mot. Il n’y a donc aucun choix, aucune discussion possible : on nous demande d’entériner un choix fait par les seuls enseignants de rang A : de mauvais augure pour une nouvelle ère d’autonomie et de prise en compte de tous les usagers de la Faculté : enseignants, mais aussi étudiants. Je demande la parole et souhaite que l’on fasse un tour de table demandant à chaque membre du Conseil de se déterminer en se déclarant candidat ou non, espérant ainsi voir une ou plusieurs candidatures se manifester. Hélas, à part le Candidat pré-désigné, personne ne se déclare : Mon tour approche, je sens ma manœuvre échouer… aussi lorsque mon tour arrive, et à la stupéfaction générale, étudiants compris, je me déclare candidat afin qu’un choix et un vote démocratique puissent avoir lieu. Après une suspension de séance demandée, notre groupe d’étudiants décide de voter blanc. Le Pr X. est donc élu sans les voix étudiantes de notre groupe (les étudiants dits « apolitiques » ou « autonomes » ont voté pour). Je ne recueille aucune voix, même pas la mienne. Mais symboliquement, nous avons marqué notre territoire et clairement indiqué que les pratiques anciennes ne pouvaient perdurer et qu’il faudrait compter sur nous. Le message était clairement passé et compris.

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