« La fac a été occupée, par les étudiants catho du cercle Saint-Yves »

Par Marie-Noëlle Auberger, étudiante en Sciences économiques à l’université d’Assas, Paris (6e)

 

Pour moi, Mai 68, c’est avant tout les groupes qui se formaient spontanément en cercle boulevard Saint-Michel pour parler des événements et d’autres choses. Lorsque la discussion devenait polyphonique, le cercle se scindait et les deux débats continuaient séparément. J’y ai entendu un homme dire : « J’ai l’impression de n’avoir vécu pleinement qu’un mois dans ma vie, ce mois de mai. »

J’avais 18 ans et j’étais en première année de Sciences économiques, à la fac de droit rue d’Assas. Lorsque la police est entrée à la Sorbonne, le prof d’histoire du droit nous a dit qu’en 1229, l’irruption du guet à l’université avait déclenché une longue grève, avec d’ailleurs de fâcheuses conséquences.

Les manifs, les bagarres, ce sont les souvenirs de tout le monde. L’ambiance à Assas était assez différente de celle de la Sorbonne. Ce n’est qu’au bout de huit à dix jours que la fac a été occupée, par les étudiants catho du cercle Saint-Yves, si ma mémoire est bonne. J’ai le souvenir étonné d’un piano emporté dans le petit jardin intérieur sur lequel un garçon jouait la « Lettre à Élise ». 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.