Billet de blog 27 juil. 2018

Mai68parceuxquilontfait
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« Les grèves, c'est une affaire de petits cons de bourges parigots »

Par J.-F. Michel, 23 ans, employé administratif dans une usine métallurgique, Vosges

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J'avais 23 ans, j'étais employé de bureau et je m'ennuyais au travail.

Donc j'ai cherché et trouvé un nouvel emploi administratif, dans une usine qui produisait des pièces pour l'automobile.

J'ai commencé ce nouvel emploi le 2 mai 1968.

Les événements « parisiens » de Mai 68 ont très vite commencé et l'ensemble du personnel de l'usine n'en avait rien à faire... Par contre la grève de la SNCF et la pénurie de carburant étaient plus ennuyeuses dans ma vallée vosgienne.

Le 13 mai au matin, à 8 heures, tout le personnel a été prié de se rendre dans la cour de l'usine. Le directeur était sur le perron des bureaux et s'est adressé à la foule : « Ma mission, notre mission, c'est de produire. Donc je me dois de vous informer que nous ne ferons pas de lockout !!! »

Le délégué CGT, à sa droite, a enchaîné : « Les grèves, c'est une affaire de petits cons de bourges parigots, nous voulons continuer à bosser. »

Le délégué CFDT, lui aussi sur le perron, a continué : « Je suis tout à fait d'accord avec mon copain: il faut travailler ! »

Et nous avons tous repris le chemin de nos postes.

À midi, nous sommes sortis pour aller manger et à 13 h 30 en rentrant, stupeur !

Les grilles de l'usine étaient fermées et cadenassées et au milieu, un écriteau : « Nous avons vu des membres du personnel de la SNCF circuler dans les rues équipés de barres à mine. N'étant point en mesure d'assurer votre sécurité, nous avons décidé de fermer l'usine. »

Le lendemain, dans L'Est républicain, un titre : « La CIM en grève ! »

Hors depuis mon poste de travail j'avais appris que certains secteurs de l'usine manquaient d'approvisionnements. En discutant avec des collègues, j'ai appris le lendemain que cela s'était aggravé. Nous étions donc en situation de chômage technique. J'ai dans la période qui a suivi discuté des « problèmes de mai » avec des salariés d'autres usines, elles aussi avaient fermé pour le même motif !

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